Délicieux adieu

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Mon corps criblé de balles tirées avec une hargne sourde et illogique

Je quitte enfin ce lieu glaçant sans nul remord, nulle larme ou aucune once de panique

Nous croyions être du même sang mais ne nous connaissions qu'à peine

Il est temps pour nous de renouer sous le couchant et d'échapper finalement à nos géhennes

Qu'est-ce qui pourrait donc ?

Qu'est-ce qui pourrait donc ?

Embellir cette résiliation

Cela valait peut-être le coup de vivre pour une si belle conclusion

Quelle douce poésie que cette dure tragédie, le rideau tombe et j'en suis tout réjoui

Ma douleur s'est enfin tarie

Quel glorieux, glorieux adieu

Je pousserai enfin mon dernier soupir, marquant la fin d'une époque tourmentée

Mon existence s'évanouira et nul homme ne pourra jamais s'en rappeler

As-tu compris ? As-tu compris ? Oui, sais-tu pourquoi je jubile ?

Nous savons que vivre c'est souffrir, mais j'ai enfin su nous donner asile

Ton beau navire sombre

Ton beau navire sombre

L'eau profonde sera notre fosse commune

Parmi les hommes que j'ai sauvés jadis, nous dormirons sous la lagune

J'espère de tout coeur qu'il n'y a rien après, je crains d'en avoir assez vu

La dernière chose que je voudrais goûter est le néant absolu

Je me fanes près de toi, je me fanes près de toi

Ma fin est ma plus belle joie

⚜︎

Encore un texte respirant la joie de vivre, décidément. Je voudrais tout de même préciser qu'au départ, celui-ci ne devait pas être écrit de la plume de mon lys blanc. Pour dire, je l'ai rédigé plusieurs mois avant de créer le personnage de Sulys. Il s'agissait d'une parodie de la chanson présentée en pièce-jointe, au départ écrite en anglais. Le rythme des vers ne colle pas exactement à celui de la musique, raison pour laquelle j'ai fini par considérer Délicieux adieu, ou Delightful Farewell dans sa version d'origine, comme un texte basé sur son écoute plus qu'autre chose.

Une fois n'est pas coutume, je pose un peu de contexte. Ce poème raconte les derniers instants d'un autre de mes personnages et son soulagement d'en finir avec son existence. Sulys l'a connu de son vivant, d'une façon très brève et relativement peu plaisante. Certainement pas assez pour connaître aussi bien son ressenti à l'instant de sa mort, mais je me tâte à trouver un contexte dans lequel il aurait pu écrire ce poème.

C'est tout ce que j'avais à dire. En général, je préfère ne rien dire sur le contexte des écrits présentés dans ce recueil, ni présenter plus en détail leur "auteur", afin de vous laisser vous en faire votre propre image quand bien même ce personnage existe très nettement dans mon esprit. Peut-être que le prochain texte sera plus joyeux que les quatre premiers : la vie de Sulys n'est pas que tristesse.

De la plume d'un lys blancDes histoires addictives. Découvrez maintenant