Guenièvre
Je n'en revenais pas, toute notre relation n'était qu'un mensonge. Ma première réaction fut de la voir loin de moi, très loin. Il avait osé garder son secret aussi longtemps alors que je lui avais tout confié sur moi. Mon cœur se serra, son parfum je ne l'avais pas imaginé, son sourire non plus, et si notre relation n'était en réalité que le fruit du destin. S'il s'agissait bel et bien de mon âme sœur, avec ses yeux de cocker battu, qui me faisait face. Je l'attirais à moi, il était bien trop mignon pour que je le renvoi et que nos chemins se séparent. Je n'étais pas encore prête à le laisser partir. Je l'embrassais comme si une force attractive m'obligeais à me rapprocher de lui.
– On s'enfuira tous les deux alors, conclu-je en prenant sa main dans la mienne.
Il fronça les sourcils, hésitant.
– Non ta vie est ici, avec ton père.
– Cette maison n'est qu'une prison pour moi. Et toi, dis-je en tapant gentiment mon index contre son torse, tu m'as libérée.
– Mais ton père ? Tu ne penses pas à lui ?
–Rien ne me retient, je veux voir le monde, voler hors de cette prison qui me retient prisonnière depuis trop longtemps.
– Est-ce que tu es certaine ? Je ne veux pas que tu te sentes de pression. Je peux très bien m'enfuir et nous n'avons qu'à nous retrouver à un certain endroit.
J'hochai négativement la tête.
– C'est hors de question, qui va me garantir de te revoir ? hasardai-je en le regardant droit dans les yeux.
– Mon amour pour toi ?
– Klébert, tu m'as...
– Mon prénom est Lancelot, mais pour toi c'est Lance, mon chéri, mon coeur, mon prince, mon amour ou n'importe quel autre sobriquet que tu souhaites, ma princesse.
Je souris face à cette remarque.
– Lancelot, je veux simplement te faire remarquer que tu m'as évité pendant plusieurs semaines...
– Je sais, et j'en suis réellement désolé. Je pensais que si tu apprenais la vérité tu allais me haïr et me vouloir loin de toi. Et même si tu me détestes, je préfère m'attirer ta foudre plutôt que d'être loin de toi.
Il m'embrassa.
– Tu pourras me pardonner ?
– Que veux-tu que je te pardonnes ? Les mensonges ? La trahison ? Le fait que tu allais t'enfuir sans me dire au revoir ? Le fait que tu m'ait ignoré pendant de longues semaines ? Ton usurpation d'identité ? Mon coeur que tu as brisé ? La flamme que tu as allumé puis éteint en moi ? Alors que veux-tu que je te pardonnes ?
– Je veux que tu me pardonnes pour mes mensonges, pour ma trahison, ma fuite, pour t'avoir ignoré pendant de longues semaines, pour avoir brisé ton coeur, et pour avoir éteint la flamme, dit-il un sourire enjôleur sur ses délicieuses lèvres.
– Dans ce cas, tu es pardonné.
Je colla ma tête sur son torse et huma son parfum qui m'avait tombé pour lui.
– Quand partons-nous ? quémandai-je.
Il attrapa sa guitare, mon bras et hocha la tête.
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La prison d'or, d'argent et de cristal
RomanceDepuis la mort de sa mère, une jeune femme est prisonnière de son château et des règles strictes de son père. Désespérée, elle fait la rencontre d'un jeune homme. C'est un voyageur, un voleur, un escroc, aussi malin que le renard il arrivera à ses f...