Le bois semblait lourd bien que finement et joliment sculpté. Surement un type de mélèze géant qu'on trouvait il y a quelques siècle de cela dans les montagnes du nord. D'après mes souvenirs de cours de soins aux créatures magiques, à une époque ces alpages étaient autrefois habitées par des géants qui vivaient au milieu d'arbres encore plus grand. Ces pauvres êtres avaient été cruellement chassés vers le début du XVIIIème siècle par des sorciers qui souhaitaient s'approprier les sources et les lacs de la région. Selon les cours du professeur Rogue en cinquième année, l'eau y aurait des bienfaits guérisseurs, de fortifications des os et de la musculature. Malgré la densité incontestable du bois de mélèze, un bas-relief se dessinait sur toute la surface que lui offrait le rectangle épais. On pouvait y voir un corbeau debout sur une branche de pin surveillant l'entrée des bois sculptés par de longs troncs derrière lui.
Je fis un pas de plus vers la porte et l'oiseau se mit à bouger des ailes et ouvrit son large bec pour pousser des croassements muets. Je le savais, je n'étais pas la bienvenue. Il ne me restait plus qu'à faire demi-tour. C'est dommage quand même d'avoir dû monter un étage pour rien... Arrivée aux escaliers je me stoppais. J'avais plus que conscience que j'étais en train de me chercher des excuses. Mes yeux posés sur le bas des marches, je n'avais qu'une envie : les descendre. Malheureusement l'image de Pansy me faisant les gros yeux hantais mon esprit avec sévérité. J'avais repoussé cet instant bien trop longtemps. Une fois de plus mon courage de Gryffondor semblait m'avoir fait faux bond et il ne restait plus que moi et toutes mes pensées qui dansaient la farandoles dans tous les sens dans ma tête. Je n'avais qu'à me retourner faire quelques pas et ouvrir une porte. Il n'y avait rien de compliqué à cela par la barbe de Merlin !
Je sollicitai mes genoux mais après avoir légèrement tremblés ils préférèrent se plier que de changer de direction. Je me retrouvai donc accroupie en haut des marches menant au première étage. Complètement exaspérée par mon propre comportement je me mordis la lèvre pour retenir un cri d'angoisse et de frustration. Je passai les mains dans mes cheveux en pagailles tirant dessus comme si cela allait diminuer le vacarmes de mes pensées. Il n'y avait aucun doute du ridicule de la situation et je restai tout de même soulagée de l'absence de public dans le couloir. Après avoir inspiré et expiré à moult reprises afin de me calmer et remettre de l'ordre dans mes idées, je me redressais. Je fermai les yeux et serrant les dents je franchis à toute allure les huit pas me séparant de la porte de la chambre de ma mère et toquai.
La porte s'ouvrit d'elle même. Je pris la décision de ne pas me laisser le temps à l'hésitation et entrai d'un pas assuré qu'en apparence. La pièce était sombre, les rideaux aubergines tirant vers le noir à moitiés fermés, ne laissant que très faiblement entrer la lumière. Je ne distinguais par conséquence que très peu les lieux. Pourtant elle était là assise sur un fauteuil de daim morne tel un spectre hantant la chambre. La pâleur de sa peau brillait en mille éclats, la rendant presque transparente mais pourtant si lumineuse. Mais si froide aussi. On aurait dit un cadavre. Ma génitrice était comme d'accoutume vêtue de noir et de dentelles folles. Peut-être s'habillait-elle chaque matin prête à se rendre à son propre enterrement. Cela ne m'aurait même pas étonnée au vue de quoi elle réservait sa vie. Ma bouche s'étira légèrement l'espace d'une seconde en un sourire amusé mai bien amer à cette réflexion.
-Que veux-tu ? Demanda t'elle d'une voix crue sans même prendre la peine de se retourner. Refroidis par cette accueil peu chaleureux je dûs prendre sur moi pour ne pas répondre avec sarcasme.
-Je voulais prendre de vos nouvelles.
Elle ne bougea pas et ne répondit pas tout de suite. Seuls ses iris, couleur suie, coulissèrent doucement dans ma direction.
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Hermione Rigelle Black Lestrange
Fanfiction"Hermione, Dumbledore demande à te voir" Après son entretien sur les horcruxes avec le directeur, Harry Potter s'était empressé d'aller voir son amie. Cette dernière avait vite rangé ses livres de cours éparpillés sur la table sur laquelle elle tra...
