9 - Faiblesse

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« La genèse d'un amour repose bien souvent sur un regard, une voix, une main qu'on effleure, un parfum qu'on enivre, un charisme qui impressionne, la surprenante luminosité de l'être aimé qui éclaire soudain, l'ombre de nos peurs, de nos incertitudes. Rythmée par le concert tumultueux des cœurs, une étrange complicité s'exerce peu à peu, se nourrissant de leurs différences comme de leur singularité, et, dans ce temps où l'on s'apprend, terreau d'une communication propice, s'ébruite doucement la résonance des âmes. » Christophe Comte






Drago délectait le sentiment de bien-être dans lequel il était actuellement. Complètement ivre. Il devait en être à son huitième verre de whisky pur feu et l'alcool qui embrumait son cerveau et son esprit le faisait oublier la missive cinglante que son père lui avait envoyé quelques heures plus tôt. Quand une première année était descendu dans la salle commune des Serpentard, là où Drago était, ce dernier avait retiré dix points à sa propre maison à cause du fait qu'il trouvait le pyjama de la jeune fille trop « fleuri ».

Il prit une énième gorgée de whisky pur feu et il ne sentit même plus le liquide jaunâtre lui réchauffer les entrailles. Plus rien ne comptait à ce moment là. Son père, le Seigneur des Ténèbres, Granger. L'alcool était passé au dessus de tout ça encore une fois et quand il sentit la fatigue le gagner à force de regarder crépiter le feu en face de lui, il n'eut même pas la force de monter dans son dortoir et s'endormit dans le fauteuil vert et argent avec son verre de whisky à la main.


Il se trouvait dans l'atrium du ministère de la Magie, d'habitude vaste et luxueux, la salle qu'il voyait ici était sombre et lugubre. Drago regarda partout autour de lui et ne vit que les grandes portes en or qui contrastaient fortement avec le reste de la salle, situées au fond de l'atrium. Sans l'agitation quotidienne, le ministère de la Magie ne ressemblait en rien à ce que Drago connaissait de cet endroit.

Sans le vouloir, ses jambes le firent avancer vers les grandes portes qu'il avait vu auparavant qui débouchèrent sur un second hall, plus petit, regroupant une vingtaine d'ascenseurs qui permettaient d'accéder aux différents étages du ministère.Il rentra dans l'un des ascenseurs et laissa sa main appuyer sur le bouton numéro neuf.

L'ascenseur recula dans un ébranlement épouvantable qui fit perdre le peu de stabilité que Drago avait acquit depuis qu'il été arrivé. Quand l'ascenseur s'arrêta enfin, le jeune Serpentard put relâcher la pression jusqu'à ce qu'une voix familière retentisse :

- Niveau 9 : Département des Mystères.

Il sortit de l'ascenseur et les portes se refermèrent aussitôt derrière lui avant de repartir dans le dédale du ministère. Il croyait que ses jambes menaçaient de flancher et pourtant elles le fit s'avancer vers une porte noire et lisse qui marquait l'entrée du département. Il se surprit à voir sa main actionner la poignée pour le laisser découvrir une pièce circulaire contenant douze portes, éclairé par des torches aux flammes bleues. Il ne connaissait pas du tout cet endroit.

Pour la énième fois, Drago n'était pas le maître de ses mouvements et il s'avança vers une des douze porte qui se présentait à lui. Il découvrit une salle au plafond haut avec de hautes étagères remplis de prophéties et éclairées par des bougies à flammes bleus.

Et c'est alors qu'une voix froide et glaciale s'éleva dans la vaste salle provoquant un écho des plus grand, enlevant les derniers remparts de courage du jeune Malefoy. Une voix qui ne fit ressentir à Drago que de la crainte et de la peur. C'était la voix de Lord Voldemort.

- Bonsoir, Drago.

Il apparut alors devant lui. Avec ses fentes à la place du nez, ton teint cadavérique, son crâne chauve. Il tourna autour de Drago comme pour l'examiner sous toute les coutures et vint se placer en face de lui. Ses yeux de serpent le fixaient tellement que Drago ne put détacher son regard du sien. Comme si le Lord le contrôlait entièrement. Comme s'il étudiait la bravoure dont il était pourvue.

- Je vais te donner une chance de rattraper l'erreur que tu as commise mon cher Drago.

- Je n'ai rien fait du tout.

- Silence ! s'éleva la voix du Lord.

Drago sursauta et comprit qu'il ne souhaitait pas être interrompu. Il se mura alors dans un silence profond et angoissant.

- Comme je disais, tu vas avoir une chance de te rattraper. Une ultime chance. Dans quelques semaines, si tu me prouves ta loyauté et ton allégeance envers moi, tu pourras alors être marqué et considéré comme un de mes fidèles Mangemorts ! Si par malheur, tu décides de me désobéir ou de délaisser la faveur que je suis prêt à t'offrir, laisse moi te prévenir du sort qui t'attendra.

Une autre personne apparut alors au pied du Lord. Des gémissements se firent entendre et Drago put reconnaître la voix d'une femme. Le Seigneur des Ténèbres tira sur les cheveux blond de la jeune femme et Drago put découvrir avec effroi que la personne au sol n'était autre que sa mère, Narcissa. Il se sentit faiblir et ses jambes flanchèrent sous son poids, laissant ses genoux s'écraser au sol.

- Désobéis moi et tu verras mourir ta mère, puis ton lâche de père et enfin je prendrais ta vie. Mais avant ça, tu les verras souffrir. Et j'estime que de voir un avant goût du sort qui t'attend si tu me trahis t'aidera à faire le bon choix.

- Endoloris, s'écria-t-il.

Narcissa criait de douleur, replié en boule à même le sol, suppliant de mettre fin à ses souffrances. Suppliant de l'achever. Drago était totalement impuissant. Les minutes étaient interminables pour lui. Pendant une fraction de seconde, ses yeux rencontrèrent ceux de sa mère et il comprit. Il comprit que tôt ou tard, cela allait arriver. La Magie Noire coulerait bientôt dans ses veines et il lui était inutile d'essayer d'échapper à son tragique destin.

Indiffèrent aux supplices de Narcissa, Voldemort continua jusqu'à ce que Drago lève enfin sur regard vers lui.

- Je vous serais fidèle. Maître, rajouta-t-il en essayant de réprimer le dégoût qu'il ressentait à capituler devant lui.

Les fines lèvres du Lord s'étirèrent alors dans un sourire effrayant, dévoilant ses dents pointus.

- Trop faible ! siffla-t-il. Avada Kedavra.

Une lumière verte vint frapper Narcissa Malefoy en pleine poitrine et son corps ne fut soudain plus secoué de soubresauts. Drago secoua le corps inerte de sa mère et laissa échapper un cri déchirant en découvrant qu'elle ne respirait plus.


Il se réveilla en sueur et fut soulagé de découvrir qu'il se trouvait dans la salle commune des Serpentard. Le fond de son verre de whisky pur feu s'était écrasé au sol et le feu avait perdu de ses flammes. L'aube se levait tranquillement et Drago dût prendre quelques minutes avant de se remettre de son cauchemar.

L'eau froide de la douche finit de le réveiller et il s'habilla d'un jean confortable et d'un col roulé noir. Malgré le confort de ses vêtements, il ne s'y sentait pas à l'aise. Comme s'il n'était plus lui même.

Il partit sans prendre la peine de réveiller quiconque qui pourrait lui reparler de l'état lamentable dans lequel il était hier soir avant de s'endormir sur le fauteuil de la salle commune. L'alcool avait embrumé son esprit mais son cauchemar avait ravivé tout ses souvenirs. Granger allait m'entendre, se dit-il en partant en direction de la Grande Salle.

La Vision (DRAMIONE)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant