XVIII. Les prix de participation ne valent rien

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On dit coucou à un petit nouveau aujourd'hui!

Bonne lecture mes soleils, à mardi.

Hunt x

→ ☼ ←

Ezra ne rentra pas chez lui allant plutôt dans les sous-sols d’un hôtel en construction. D’ici quelques mois, cela deviendra un magnifique hôtel pour accueillir la haute société dont la protection sera assurée par les Iron Horsemen. Pour l’instant, le chef des bikers profitait de la cave vide en béton pour y cacher un prisonnier bien spécial afin de lui passer de douloureux interrogatoires.

Welder avait grandi avec le chef des bikers, il était la seule personne qu’il pouvait appeler  un ami. Un frère presque. Il était également son vice-président et bras droit. Welder alias Clark Banks, Clarence de son vrai prénom, était un as de la torture et personne n’arrivait à égaler ses prouesses et son imagination. Pourtant, et ce pour la première fois de sa vie, il était face à un homme qui lui résistait. Il n’avait rien pu faire sortir de la bouche de son otage autre que des hurlements de douleur et des phrases pleines d’arrogance.

Cet homme dans la mi-vingtaine était le petit protégé du chef des Black Pistons. Ce gang de motards faisait tout pour saboter leur business ces derniers mois et Ezra en avait eu marre que ses rivaux lui mettent des bâtons dans les roues. Le blond avait donc décidé de leur faire vivre un coup dur. Il n’avait cependant pas prévu les derniers événements.

Sa fille était la seule personne de qu’il s’était toujours occupé et elle était plus protégée que le président en personne. D’ailleurs, même si la protection de la petite n’avait pas été l’ordre le plus important qu’avait donner leur chef, tous les membres du club prenaient soin d’elle. Chacun gardait un œil sur la blondinette, elle était comme la fille de tout le monde. D’ailleurs, aucun garçon s'approchait d’elle pour cette raison. L’idée d’augmenter les protections données ne lui avait donc pas traverser l’esprit puisqu’il ne l’avait simplement jamais fait.

Ezra avait donc pris une décision impulsive en kidnappant le poulain de son ennemi et il s’en mordait maintenant les doigts. Il aurait dû prévoir que son ennemi avait remarqué son lien avec la famille Matthews, leur sécurité aurait dû être confiée à des hommes de plus grandes confiances. Le blond était probablement la personne qui s’en voulait le plus pour cela et ce malgré son absence de moral.

— Je ne sais plus quoi faire, Wise. Il refuse catégoriquement de lâcher la moindre info et j’ai tout essayé.

Avant que le chef des Iron Horsemen ne veuille des renseignements sur l’endroit où pouvait se trouver Ben, il voulait apprendre toutes les coutures de ses rivaux. Ou du moins, le plus possible. Le prisonnier était là depuis maintenant huit jours et il était vraiment coriace. Il le devint encore plus lorsqu’il comprit qu’il détenait des informations très importantes pour Ezra.

— Je veux des réponses maintenant.

Je ne peux pas regarder Willow et lui dire que je ne peux rien faire pour son fils. Welder comprit sa pensée à travers sa frustration; il connaissait son patron par cœur.

— Laisses-moi lui dire alors que c’est moi qui ne fait pas bien mon travail, proposa le vice.

Ezra resta silencieux. Il voulait accepter l’offre de son frère de cœur, mais il ne voulait pas être un lâche. Il avait toujours assumé chacun de ses actes, mais il ne se sentait pas la force de regarder la déception dans les yeux de Wil.


•••


Willow était assise sur le canapé en cuir les genoux pressés contre son buste retenus par l’un de ses bras. Le second couvrait les épaules de Beatrice calée contre elle pour lui montrer son soutien. La jeune fille pensait comme son père : les paroles sont creuses et les actes marquent. Une énorme couverture à poils doux couvrait leurs épaules alors qu’elles regardaient la télévision. Enfin, Will la fixait plus qu’elle ne la regardait.

Ezra et Clarence entrèrent dans le salon, tous deux ne se sentaient pas très grands dans leurs souliers. Clark passa une main sur son crâne rasé avant d’aller s’asseoir sur la table basse devant Willow. Il passa plusieurs secondes avant qu’elle ne comprenne qu’il y avait quelqu’un dans son champ de vision. Lorsque la mère posa ses yeux perçant sur lui, Clarence su alors très facilement qu’il avait toute son attention.

— Salut Willow, je m’appelle Clark et oui c’est mon vrai prénom.

Il voulait être le plus honnête possible avec elle dans la limite du raisonnable et de la sécurité du club. C’était la première fois qu’il lui parlait, mais le vice voulait lui cacher le moins de chose possible. Une seule fois auparavant il avait vu une femme avoir un tel effet sur son meilleur ami et il la considérait avec respect. La noirâtre resta de glace à sa présentation, mais le chauve voyait qu’elle l’écoutait toujours.

— Je veux t’expliquer la situation, dit-il calmement. Il y a plusieurs mois un autre club de motards a commencé à vraiment nous déranger. Plusieurs de nos hommes sont morts à cause d’eux. On a donc prit la décision de les priver d’un de leur membre important, le protéger du chef, et de l’interroger pour mieux connaître les ficelles de leur club. Le problème est que je n’arrive pas à le faire parler. Je suis le meilleur pour les interrogatoires, mais ce gars est mon premier échec. J’ai tout essayé.

— Donc mon fils ne s’est pas seulement fait tabasser presque à mort parce qu’il était en contact avec Ezra, mais aussi parce que ton patron les a volontairement provoqué?

Un silence inconfortable et lourd de reproches envahit la pièce. Pourtant, la voix de Will restait neutre. Les faits étaient les seuls accusateurs. Elle tourna la tête vers Ezra et le transperce de son regard vide.

— Pourquoi ne pas simplement faire un échange? Ton poulain contre le leur.

— Mon poulain? demanda le blond perdu.

— Un échange ne servirait à rien. On n’est pas dans un milieu de bonnes âmes. Ils le tueraient avant de faire l’échange juste pour nous nuire, expliqua calmement le vice.

— Non, attend Clark, je veux comprendre. Will, qu’est-ce que tu veux dire par « mon poulain » ?

— C’est ce que les hommes ont dit en prenant Ben avec eux. Je peux comprendre qu’il ait été attiré dans ton monde. Son père était un psychopathe et moi aussi j’en ai les tendances. Il a eu les bons gènes pour graviter autour de toi. Je n’arrive pas encore à comprendre pourquoi il ne m’a pas dit qu’il travaillait maintenant pour toi, mais je ne suis pas en colère. Contre aucun de vous deux. Je travaille littéralement sans arrêt, je n’avais qu’à être plus là pour lui.

Ezra fronça les sourcils. Ben n’était pas un membre des Iron Horsemen. Il ne l’avait d’ailleurs même pas revu en personne depuis que le jeune garçon était venu le voir à l’une de ses usines de drogue.

— Je n’ai pas enrôlé ton fils, dit-il en colère qu’elle puisse croire qu’il ferait cela sans même le lui dire. Les Black Pistons ont dû croire à tort que c’était le cas parce qu’il est venu me voir un jour dans un de mes entrepôts d’amphét et que plusieurs de mes gars étaient presque toujours au Carol’s.

Un malentendu. Voilà pourquoi son fils était probablement en train de se faire torturer à ce moment même.

— Je veux parler à ce prisonnier. Je veux essayer de le faire parler moi-même.

— Je ne crois pas que tu aies compris de quel genre d’interrogatoire je parlais.

— Non, j’ai très bien compris, Clark. Je comprends aussi que s’il ne parle pas, mon fils est condamné. Je veux pouvoir le tuer de mes propres mains si ça arrive.

Blanche NeigeDes histoires addictives. Découvrez maintenant