Mon cœur battait à la chamade. Mes mains tremblaient alors que Thomas sonnait une seconde fois. Revoir ma mère, affronter ce passé que j'avais fui... J'étais partagée entre peur, douleur et espoir.
La porte s'ouvrit enfin.
Elle apparut. Éléonor. Ma cousine.
Un faux sourire aux lèvres, et... mes vêtements sur le dos.
— Mon Dieu, Sierra... tu as tellement changé, lança-t-elle d'un ton gêné.
— Bonjour Éléonor. Maman est là ?
— Euh... oui, mais je ne pense pas que ce soit le bon moment. Elle a beaucoup souffert quand tu es partie. Là, elle essaie de se reconstruire. Ce n'est peut-être pas le moment...
— Et c'est à toi d'en décider ?, répliqua Thomas sèchement.
Une voix lointaine, celle de ma mère, résonna derrière :
— Laisse-les entrer, Éléonor.
Le salon n'avait pas changé. Les souvenirs s'y bousculaient comme si j'avais quitté la pièce la veille.
Et puis, elle apparut.
Ma mère.
Amaigrie. Les traits tirés, les cernes profondes.
Elle nous salua et s'installa.
Thomas prit la parole, droit, posé :
— Avant toute chose, je tiens à m'excuser, madame. D'avoir semé le trouble dans votre famille. C'est moi qui avais demandé qu'on ne parle ni du passé ni de notre relation.
Elle nous écoutait sans nous interrompre. Pour une fois.
— Je souhaite profondément que nos familles retrouvent un lien, mais surtout... que votre fille retrouve la paix intérieure.
Ma mère baissa la tête, puis soupira.
— Je vais m'excuser à mon tour. J'ai mal réagi. Chaque jour, je réalise combien j'ai échoué. Je vais souvent dans ta chambre, espérant t'y retrouver. Mais non. Tu nous as oubliés. Aucun message, aucun appel. On a cru que ta nouvelle vie te plaisait au point d'oublier la nôtre...
Elle marqua une pause, la voix brisée.
— Tu veux quoi ? Je t'ai pardonnée depuis longtemps. Et toi, jeune homme, je n'ai rien contre ta famille. Voilà, c'est tout. Vous pouvez partir.
Elle se leva, nous indiquant la porte.
Mes larmes coulèrent sans prévenir.
Je me suis levée doucement, me suis avancée vers elle. Elle évitait mon regard. Je me suis agenouillée à ses pieds, les mains tremblantes.
— Maman, pardonne-moi. Je ne peux pas être heureuse en vous sachant loin de moi. Ce manque me ronge. J'ai voulu reprendre contact, mais... vous avez rejeté mon fils. Vous n'étiez même pas là le jour de mon accouchement. Ça m'a détruite.
— On voulait venir. Mais on était encore sous le choc... Je me suis décidée trop tard. Et Mme Adams m'a empêchée d'entrer. Elle m'a insultée, menacée. Elle allait même me renvoyer...
Je tournai la tête vers Thomas. Il écoutait, silencieux. Je le fixai.
— C'est vrai ?
Pas de réponse. Son regard fuyait le mien.
— Maman, pardonne-moi... j'ai besoin de vous.
Elle me releva et me prit dans ses bras, en larmes.
— Je te pardonne, ma princesse. C'est à moi de te demander pardon. J'ai mal réagi... et voilà pourquoi on souffre toutes les deux.
VOUS LISEZ
Mélange mixte
General Fiction"Aujourd'hui, si je partageais cette histoire avec les gens, je suis certaine que 80 % d'entre eux jugeraient ma décision sévèrement, sans comprendre les circonstances dans lesquelles elle a été prise. Il m'a dédaignée, m'a charmée, puis finalement...
