— Tu ne vas pas y aller, j'espère... lança Rebecca en croisant les bras, me regardant par-dessus le miroir avec un air inquiet.
Je haussai les épaules en replaçant une mèche de cheveux derrière mon oreille.
— Il y aura tous mes anciens collègues. Je veux me montrer maintenant, leur prouver que je suis encore là, plus forte que jamais. S'il te plaît, maquille-moi... rends-moi belle.
Rebecca poussa un soupir.
— Cette Betty ne m'inspire pas confiance. Tu es sortie hier soir, et aujourd'hui encore ? Imagine que monsieur Thomas l'apprenne... Il va se fâcher, tu le sais.
— Et alors ? Pourquoi il se fâcherait ? Il n'est pas mon gardien. Et puis, April y va aussi. J'ai le droit, moi aussi.
Betty était passée plus tôt m'inviter à une fête ce soir. Une vraie soirée, avec de la musique, du monde, des visages que je n'avais pas vus depuis longtemps. Et April serait là elle aussi. Rien que cette idée me faisait sourire. Je voulais respirer. Sortir. Me sentir vivante.
— J'ai envie d'y aller, Rebecca. Il y aura sûrement mes anciens collègues... et j'ai envie de les affronter. J'ai changé. L'image qu'ils ont de moi, c'est celle d'hier. Mais aujourd'hui, je suis une autre femme.
Rebecca resta silencieuse un instant, puis lança d'un ton plus bas :
— Et s'il est là-bas ?
Je relevai les yeux vers elle.
— Thomas ? Je doute. Il est malade, non ?
Depuis plusieurs jours, il restait enfermé dans sa chambre. Apathique, fiévreux. Incapable même de reprendre ses entraînements.
— Oui... mais tout peut arriver, tu sais.
Je haussai les épaules.
— Il n'est même pas capable de monter les escaliers sans souffler. Il ne viendra pas. Et franchement... je m'en fous.
⸻
Je n'avais pas encore digéré ce que April m'avait confié la veille. Son aveu résonnait encore dans ma tête, mais j'avais choisi de ne pas y penser. Ce n'était pas mon histoire.
Nous étions toutes les trois dans la voiture de Betty, en route pour la fête. L'ambiance était légère, mais chargée de sous-entendus. April avait préféré s'installer à l'arrière, un peu en retrait. Il était évident qu'elle n'était pas proche de Betty. C'était moi qui lui avais proposé qu'on y aille ensemble.
Betty, les mains sur le volant, tourna légèrement la tête vers moi.
— Tu connais celui qui fête ce soir ? C'est surprenant, il a notre âge.
April répondit sèchement depuis l'arrière :
— À ce que je sache, ce n'est pas la fête d'un gamin.
Je décidai d'éclaircir la situation, un sourire en coin.
— En fait, ils se connaissent. Betty a fréquenté la grande sœur du garçon. Et April lui a trouvé un stage, au petit frère. Du coup, il l'a invitée, et comme elle sait que sa sœur sera là... elle ne va pas s'ennuyer.
Betty haussa un sourcil, mi-amusée.
— Ah je vois... C'était facile à m'expliquer, April. Pas besoin d'un interprète, hein ? Lol.
Je laissai échapper un rire discret, amusée par son humour noir. Le trajet continua dans une ambiance légèrement tendue, mais je sentais que cette soirée allait marquer un tournant.
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Mélange mixte
General Fiction"Aujourd'hui, si je partageais cette histoire avec les gens, je suis certaine que 80 % d'entre eux jugeraient ma décision sévèrement, sans comprendre les circonstances dans lesquelles elle a été prise. Il m'a dédaignée, m'a charmée, puis finalement...
