— Elle s'est endormie, dit April en revenant s'asseoir à mes côtés, la voix douce, presque attendrie.
David, debout près du meuble-bar, fait lentement le tour de la pièce avec un plateau, servant des coupes de champagne à chacun.
— Je sais que ce n'est pas le moment idéal... mais je tiens à porter un toast, dit-il en levant sa coupe. Au futur premier fils des Adams.
Mon père hoche la tête avec un léger sourire, presque mécanique, et lève son verre. Un à un, nous trinquons tous, dans une ambiance étrange où le silence pèse autant que les regards.
— Une mauvaise soirée pour les parents de la petite, glisse ma mère, d'un ton sec.
— La faute à qui ? réplique immédiatement mon père, sans même la regarder.
— Papa... je n'étais pas au courant de sa grossesse, soufflé-je.
— Je t'avais pourtant prévenu de t'éloigner de ces gens. Et maintenant, ils se sont ligués contre moi. Tu imagines ce qui se serait passé si elle avait tout avoué ?
— Elle a pensé aux autres. Elle a voulu les protéger, dit April calmement. Et aujourd'hui, c'est elle qui en paie le prix.
David se laisse tomber dans un fauteuil, pensif.
— La réaction de ses parents était... inattendue. Ils s'inquiètent pour un avenir qui n'a même pas encore commencé, et pourtant, ils tirent déjà leurs conclusions.
— C'est vrai, renchérit ma mère. Elle est jeune. Ce n'est pas trop tard. Mais sa mère... elle veut tout contrôler. Elle ne lui laisse même pas la liberté de choisir ce qui pourrait la rendre heureuse.
— Et vous croyez vraiment qu'en lui imposant un mariage, c'est ce qu'on fait ?
— Je l'ai fait exprès, lâche mon père avec calme. Pour qu'elle finisse par proposer d'elle-même de nous laisser la garde de l'enfant.
April fronce les sourcils.
— Et quelle mère voudrait se séparer de son enfant ?
— N'importe quelle femme qui se réveille un jour, enceinte, sans rien avoir choisi, rétorque ma mère du tac au tac.
Je garde le silence, incapable de répondre.
— Pour l'instant, dit mon père, je veux qu'elle reste ici, qu'elle se repose. Mais elle ne voudra pas.
— Ce n'est pas le bon moment pour sa famille, ajoute ma mère d'un ton mesuré. Laisse-moi gérer ça. Elle m'écoutera.
Mon père se lève lentement, vide sa coupe d'un trait, puis la repose sur la table basse.
— Nous allons oublier cet incident. Si ce n'était pas elle, je les aurais déjà tous renvoyés.
Personne ne répond.
Et dans le silence qui suit, chacun garde pour soi ce qu'il n'ose pas dire à voix haute.
...
J'ouvre doucement la porte de la chambre et referme derrière moi, sans faire de bruit. Elle est là, assise sur le lit, le regard figé dans le vide, immobile, comme figée dans un autre monde.
Il est à peine 7 heures du matin. Ce n'est pas dans mes habitudes d'être debout si tôt, mais aujourd'hui, je ressentais ce besoin urgent de la voir. De lui parler. De lui demander pardon.
— Je suis désolé, murmurais-je. Pardonne-moi pour tout le mal que je t'ai fait.
Elle ne dit rien. Ne bouge pas.
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Mélange mixte
Beletrie"Aujourd'hui, si je partageais cette histoire avec les gens, je suis certaine que 80 % d'entre eux jugeraient ma décision sévèrement, sans comprendre les circonstances dans lesquelles elle a été prise. Il m'a dédaignée, m'a charmée, puis finalement...
