untitled part

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[1806 mots]
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il était 20h48. 

damien était en train de préparer le live habituel de fin de semaine. tout était prêt. 

il ne manquait que son binôme. 

dehors, le temps était sauvage. 

le bruit fracassant de la pluie qui s'écrasait sur son toit était le seul bruit audible de la maison. la terrasse à l'extérieur était inondée par cette même pluie qui ne cessait de tomber depuis des heures. il avait plu toute la journée. pas un rayon de soleil n'avait éclairé ce triste jour. une aura de déprime flottait dans l'air, à vrai dire. mais avec quelque chose de plus. damien avait un mauvais pressentiment, pour ce soir. 

de plus, il était bientôt l'heure de lancer le live et, thomas n'étant toujours pas arrivé, damien décida de se lever de sa chaise et d'aller le chercher. 

en parcourant les pièces de sa maison, il découvrit avec surprise en regardant par une des fenêtres que le bouclé était dehors, en plein sous la pluie, aussi trempé que s'il avait pris un bain habillé. il était debout, immobile, regardant droit devant lui, laissant la pluie s'écouler sur ses vêtements et son visage sans bouger d'un millimètre. 

en voyant cela, damien se précipita alors dehors. 

il ouvrit la porte-fenêtre qui menait à la terrasse et sortit la tête pour s'adresser à son petit-ami, en s'assurant de ne pas trop se pencher pour ne pas être trempé également par l'orage. 

- thomas?!! qu'est-ce que tu fais??? s'écria-t-il. 

le concerné tourna légèrement la tête, ce qui indiqua à damien qu'il avait pris conscient de sa présence, mais il ne répondit pas, et se remit à regarder droit devant lui. damien ne comprit pas.

- thomas! tu vas prendre froid, rentre! en plus, le live va bientôt commencer, on va être en retard! aller, viens! insista-t-il.

mais le bouclé ne disait rien, et la pluie continuait de lui tomber violemment dessus. tous ses habits étaient trempés et il tremblait terriblement, mais cela ne semblait pas avoir d'importance à ses yeux. 

il était dans une transe impénétrable. 

les petites billes brunes au creux de ses paupières fixaient un point dans le vide et les torrents d'eau qui tombaient à ses pieds avec alternance, comme s'il était un être qui avait perdu son chemin et qui n'avait aucune idée de ce qu'il faisait ici. comme un voyageur perdu ou un fantôme. il était à cet instant étrangement insensible au froid qui semblait pourtant le faire affreusement grelotter. ou peut-être était-ce ses sanglots qui le faisait trembler. 

en effet, damien ne pouvait pas le voir, car son conjoint était de dos, - et même s'il était de face, il n'aurait pas vu à cause de la pluie -, mais thomas pleurait et sanglotait, seul, depuis plusieurs longues minutes. 

et ses pleurs se mélangeaient aux gouttes d'eau glacées de la pluie battante, qui s'écrasaient sur sa face pâle et sur ses traits déformés par une tristesse et une souffrance ineffable. il n'était pas en détresse. juste en souffrance. une souffrance qui l'engloutissait à la même vitesse que la pluie avait inondée ses vêtements. une souffrance qui s'exprimait en tordant son estomac et en faisant pousser en lui comme des ronces, des ronces tranchantes qui grimpaient et grandissait en son corps frêle, pour venir s'enrouler autour de ses poumons et de sa cage thoracique, pour qu'il ne puisse plus respirer, pour venir se nicher dans sa gorge, la compressant, pour qu'il ne puisse plus parler. 

thomas était dans cette transe depuis de longues et interminables minutes, où il ne semblait plus être capable de faire semblant face à son petit-ami, de lui sourire, de lui dire qu'il allait bien et qu'il était heureux. parce que cette chose, ce truc, ce doute, ça devait sortir. il ne pouvait plus vivre ainsi. 

~ 𝐫𝐞𝐜𝐮𝐞𝐢𝐥 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐮𝐯𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬, 𝐭𝐞𝐫𝐫𝐚𝐢𝐧𝐤Où les histoires vivent. Découvrez maintenant