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Il écarquille les yeux. Lalla vient-elle vraiment de dire "bander" ? Réalise-t-elle seulement à quel point elle est attirante ? A-t-elle vu tous ces hommes qui la dévoraient du regard à la soirée ?

— Lalla, vous avez trop bu. Laissez-moi vous raccompagner à votre chambre.

— Répondez, bon sang ! Je ne suis pas assez attirante pour rendre un homme fou amoureux ?

— Si, vous l'êtes... répondit-il sincèrement, en lui retirant la bouteille des mains.

— Alors pourquoi ? Pourquoi Gary ne me touche plus ? Pourquoi il ne me dit pas de mots doux ? Pourquoi préfère-t-il voir ailleurs ?

— Laissez-moi vous aider à monter, dit-il en essayant de l'attraper, mais elle se dégage subtilement.

— Pourquoi votre frère ne m'aime-t-il pas ? Je suis une femme, j'ai besoin d'être aimée ! J'ai besoin qu'on me dise que je suis belle, que je suis désirable ! Qu'on me regarde comme si j'étais la plus belle merveille du monde...

— Pour ça, vous l'êtes. La plus belle merveille du monde. Et je doute fort que mon frère ne vous l'ait jamais dit.

— Il ne me touche plus ! Alors comment pourrait-il prononcer un mot doux ? Je suis épuisée de quémander son amour... Je veux juste être aimée. C'est trop demander ?

— Attention !

Mais il ne la rattrape pas à temps. Elle trébuche et tombe dans la fontaine. Terence se précipite aussitôt, jetant la bouteille pour la sortir de l'eau.

— Vous n'êtes pas blessée ? demande-t-il, inquiet, en la hissant hors de l'eau.

Lalla s'accroche à son cou et y cache son visage. Ses lèvres effleurent doucement la peau de son cou. Il frissonne, ferme les yeux et tente de chasser les pensées malsaines qui l'assaillent.

— Vous allez bien ?

— Oui. J'ai tellement honte...

— Il ne faut pas. Demain, vous aurez tout oublié.

— Dans ce cas, rendez-moi un service, dit-elle en levant la tête vers lui.

— Lequel ?

— J'ai besoin de l'entendre... de la bouche d'un homme de cette famille.

— Quoi donc ?

— Que je suis belle. Je commence sérieusement à perdre confiance en moi.

Il la regarde intensément. Cette femme le rend faible, bien trop même.

— Vous êtes belle, Lalla. Et puisque vous ne vous souviendrez de rien, je vous le répéterai demain, quand vous serez plus sobre.

— Merci, dit-elle sincèrement, laissant couler une larme qu'il essuie doucement du pouce, sans détourner le regard.

— C'est lâche de ma part... Mais puisque vous oublierez tout, laissez-moi faire ça...

Et lentement, il s'empare de ses lèvres.

Il est fou de faire ça. Il ne se contrôle plus. Il est lâche. Un sale type. Car il désire la femme de son frère, un homme qui vendrait son âme au diable pour elle.

Il presse ses lèvres contre les siennes avec une douceur presque douloureuse. D'abord surprise, elle se laisse faire, ouvre légèrement les lèvres et lui répond. Cette chaleur, cette tendresse... cela fait si longtemps qu'elle n'a pas été embrassée ainsi. Elle se sent ivre, à nouveau.

Sa main glisse derrière sa nuque pour intensifier le baiser, le rendre plus fiévreux.

Mais Terence se reprend. Il se fait violence pour ne pas aller plus loin. Ce ne serait pas correct. Il a déjà abusé de son état. Lalla a l'excuse de l'alcool. Mais lui ? Il est parfaitement lucide. Il profite de sa faiblesse. Il doit s'arrêter maintenant. Tout de suite.

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Le lendemain

Le crâne en feu, Lalla se lève péniblement et file dans la salle de bain. Elle se lave le visage avec de l'eau froide, avale deux cachets, puis se glisse sous la douche. L'eau coule sur son corps, la ramenant peu à peu à la réalité.

Elle ne se souvient même pas comment elle est rentrée dans sa chambre.

— Bonjour monsieur, dit une servante.

— Oui, bonjour. Madame dort toujours ?

— Oui. Avez-vous besoin d'autre chose ?

— Non, merci. Ça ira.

Terence s'installe à table pour le petit déjeuner. Mieux vaut qu'il mange avant qu'elle ne descende. Il sait qu'il ne pourra pas soutenir son regard sans culpabiliser. Il n'aurait jamais dû...

Au moins, il s'est retenu. Et il s'est assuré qu'un domestique la raccompagne dans sa chambre. Il ne sait pas s'il aurait pu continuer à résister...

> "Piouf, Terence... c'est l'épouse de ton frère. Idiot."

— Bonjour !

Il lève les yeux. Elle est là, rayonnante, souriante.

— Bonjour...

— Pour hier, je tiens à m'excuser. Je n'étais pas dans mon état normal, et j'ai agi sans réfléchir...

Son cœur s'emballe. Se souvient-elle ?

— De... de quoi ?

— Je vous ai laissé gérer tout seul les invités. Je n'aurais pas dû partir sans prévenir.

— Oh, ça ? Non, pas de souci, répond-il, soulagé.

Elle s'installe en face de lui, se sert un café. Il tente de ne pas la fixer, mais c'est plus fort que lui. Son visage... Ses gestes... Les souvenirs de la veille l'envahissent violemment.

Il se lève soudainement, comme piqué au vif.

Il faut qu'il s'éloigne. Il doit se détacher d'elle. Il doit absolument arrêter de la désirer.

Lalla, surprise, ne comprend pas ce brusque départ. A-t-il oublié un rendez-vous ? Ou... fuit-il quelque chose ?

Insoutenable Désir  [ CORRIGÉE ]Des histoires addictives. Découvrez maintenant