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Un mal de crâne horrible, Terence rejoint la cuisine pour se prendre un verre d'orange avant de se poser à côté de la piscine.

— Bonjour !

— Bonjour Gary !

— Gueule de bois ?

— Je ne te le fais pas dire !

— Il y a quelque chose qui te tracasse ?

— Non !

— Si tu le dis... N'oublie pas de joindre Lena Wick pour la remercier, apparemment c'est elle qui t'a raccompagné.

— Oui ! J'ai réfléchi et je ne veux plus déménager !

— Vraiment ? C'est une bonne nouvelle ! Dit son frère jovialement. Il veut bien qu'il passe son année sabbatique à ses côtés.

— Ouais, c'est une bonne nouvelle !

— Et si on partait déjeuner ?

— Je te suis ! Dit-il en se redressant avec l'aide de Gary. Ensemble, ils rejoignent la salle à manger où Lalla est déjà installée.

— Bonjour ! Salut Terence, répond-elle en le regardant prendre place en face d'elle. Aujourd'hui, elle le trouve particulièrement sournois, elle a comme l'impression qu'il lui prépare un mauvais coup.

— Tu sembles joyeux, Gary ! Quelle est donc cette bonne nouvelle ? s'enquiert Lalla en servant son époux. Ce dernier élargit son sourire en regardant son frère, Lalla suit le mouvement de ses yeux.

— Eh bien, Terence a finalement décidé de rester ici ! N'est-ce pas une bonne nouvelle ? Lalla reste figée, le lait déborde, ce qui la sauve du regard de Terence.

— Je suis désolée ! Dit-elle en nettoyant le lait sur son époux, qui se redresse en regardant son pantalon mouillé.

— Je vais me changer ! Je ne serai pas long ! Dit-il avant de s'éclipser rapidement. Lalla foudroie Terence du regard, mais ce dernier reste calme.

— Tu joues à quoi là ?

— J'ai le droit de passer du temps avec mon frère, que je sache ! C'est aussi chez moi, je ne te dois aucune explication, Lalla !

— Tu joues à quoi, Terence ?

— En quoi ma présence te gêne-t-elle si tu as mis une croix sur nous ?

— Idiot !

— Oh ça, je le sais ! Seul un idiot peut désirer la femme de son frère !

— Tu... oh, tu as fait vite ! Dit-elle en voyant son époux revenir. Elle sonne sur une petite clochette et une fille rapplique, elle nettoie rapidement et change les couvercles de Gary.

— Vous vous disputiez ?

— Lalla semble contre le fait que je décide de rester !

— Lalla, c'est vrai ? s'inquiète Gary.

— N'écoute pas ton frère ! Il plaisante !

— Gary, j'ai un aveu à te faire ! Je crois que je suis amoureux !

— Sérieusement ? De Lena ?

— Non ! En fait, je disais à Lalla que je suis tombé sous le charme d'une femme mariée, c'est pourquoi elle me disputait à l'instant.

— Une femme mariée ? Mets une croix sur elle, Terence ! Dit catégoriquement son frère en portant son lait à la bouche.

— Pourquoi ? J'ai passé plusieurs nuits avec elle, on a un bon feeling !

— Tu es en train de me dire que tu as une liaison avec une femme mariée ?

— Oui !

— Et que tu en es tombé amoureux ?

— Oui !

— Oh merde, quel idiot !

— N'importe quoi ! Gary, ton frère dit n'importe quoi ! Tu ne peux pas tomber amoureux en deux semaines, voyons ! Intervient, hors d'elle, Lalla.

— Si, c'est possible ! confirme Gary en regardant son frère. Terence tombe facilement amoureux, mais pourquoi fallait-il que ce soit une femme mariée ? C'est n'importe quoi. Elle ne va pas divorcer pour toi, à moins qu'elle partage tes sentiments.

— Et ce n'est pas réciproque ! dit Lalla catégorique, Gary regarde son épouse, amusé.

— Qu'est-ce que tu en sais ? Tu la connais ?

— Eh bien, la femme lui a fait comprendre qu'elle aime son époux et que leur histoire était une erreur !

— Eh bien, dans ce cas, Terence, tu devrais peut-être abandonner ! Tu risques de soulever un scandale inutilement.

— Je m'en fous ! Je ferai tout pour l'avoir !

— Et comment ? Elle est mariée et elle ne compte pas divorcer ! Dit son frère, curieux.

— On a partagé des moments bien plus intimes qu'elle ne l'aurait passé avec son époux, je vais lui montrer ce qu'elle rate en s'accrochant à un homme qui ne l'aime pas.

— Un homme qui ne l'aime pas ? demande son frère, de plus en plus curieux.

— Terence, laisse cette femme en paix ! dit Lalla, de plus en plus agacée par le petit jeu sournois de Terence.

— Non ! Dit catégoriquement Terence en la regardant droit dans les yeux. Cette dernière le soutient du regard et peut lire, avec angoisse, toute la détermination de Terence. Il compte réellement faire ce qu'il dit, et cela l'inquiète.

Gary remarque leur duel de regards sans s'interposer, il sait à quel point son frère peut être une tête de mule lorsqu'il a quelque chose en tête. Ça ne sert donc à rien d'insister sur le sujet, Terence ne fera qu'à sa tête.

— C'est pour ça que tu étais de mauvaise humeur ? Parce que celle que tu convoites t'échappe ? Terence pose les yeux sur son frère qui vient de prendre la parole. D'un geste nonchalant et contrarié, il hoche la tête pour dire oui. Tel un enfant capricieux, cette image fait sourire son frère.

Gary réprime un rire, son frère a toujours été capricieux, il a toujours désiré les choses qui lui semblaient impossibles à acquérir. Il met son bras à couper que Terence fait juste un caprice et qu'il passera à autre chose une fois qu'il aura ce qu'il veut. C'est toujours comme ça avec lui.

— Tu as conscience que là je ne peux rien pour toi, Terence ? Je ne peux pas satisfaire ton caprice, il est bien trop dangereux.

— Ce n'est pas un caprice ! Je te dis que j'en suis amoureux. Je ferai d'elle mon épouse, tu verras !

— Oh ça, t'en es capable ! Mais j'espère fortement que le couple que tu comptes détruire n'est pas proche de la famille et des affaires !

— Tu l'encourages ? demande sceptique Lalla. En guise de réponse, son époux secoue la tête.

— Je le mets juste en garde !

— Je sais où je mets les pieds ! Je n'ai pas peur des retombées !

— Peut-être ! Mais et ton amante ? Pourra-t-elle supporter les commérages ? Tu sais que la société est moins clémente avec la femme infidèle. Réfléchis bien avant d'agir, Terence. Tu risques de faire souffrir celle que tu dis aimer.

— Donc, je fais quoi ? Je ne peux pas renoncer à elle !

— Arrange-toi pour qu'aucune rumeur d'infidélité ne soit sur le dos de cette femme, ainsi tu protégeras son honneur. Tu sais, les gens jugent sans connaître les vraies raisons.

— Oui, tu as raison, je dois aussi penser à elle.

— Oui ! Prends en compte ses sentiments !

Insoutenable Désir  [ CORRIGÉE ]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant