Le regard dans le vide, le visage inondé de larmes silencieuses, Lalla n'arrive pas à réaliser ce qui vient de se passer.
Elle n'arrête pas de se demander comment cela a pu arriver.
Terence, arrêté près d'elle, lui parle depuis tout à l'heure, mais elle n'entend rien. Sa voix lui paraît tellement lointaine.
Elle tremble sur elle-même. Gary n'aurait pas dû surprendre cette conversation.
Elle n'aurait jamais dû éprouver la moindre attirance pour cet homme, qui n'est nul autre que son beau-frère.
D'un mouvement brusque, elle recule lorsque Terence la touche pour la ramener à la réalité.
— Ne me touche pas ! Tout ceci, c'est de ta faute, Terence ! Si tu ne t'étais pas entêté, jamais Gary n'aurait surpris cette conversation ! N'ose plus jamais me toucher, tu m'entends ?
— Lalla...
— Je regrette amèrement tous les moments passés avec toi. Je regrette même d'avoir sympathisé avec toi !
— C'est cruel, ce que tu dis ! Tu crois que je ne suis pas aussi secoué ? Bordel, je tiens à Gary autant que toi ! Ne sois pas si crue avec moi, je t'en prie...
— Je ne veux plus rien avoir à faire avec toi ! Même si Gary divorce, je ne serai jamais avec toi ! Ne m'approche plus jamais, Terence ! dit-elle en essuyant énergiquement son visage, avant de s'éloigner sans lui adresser un regard.
Terence plonge sa main dans sa chevelure, en fermant les yeux, tentant d'éviter d'exploser.
Pour lui, Lalla avait été trop dure dans ses propos. Il se sent brisé en revoyant le regard acéré et haineux qu'elle lui a adressé en prononçant ces mots.
— Tu t'imaginais quoi, sérieusement ? Qu'elle t'aurait suivi sans réfléchir, juste pour tes beaux yeux ? Toute la ville sait que, depuis toujours, Lalla n'a d'yeux que pour Gary !
— Ferme-la ! Ferme-la, Aïdan !
— Ce que tu as fait à ton frère, c'est méchant, Terence ! Tu viens — non, **vous** venez — de le détruire, là !
— Tu es mon ami, tu es censé me soutenir ! Je souffre moi aussi ! Tu crois que j'ai fait exprès de tomber amoureux d'elle ? Tu crois que j'ai voulu faire ça à mon frère ? Merde, moi aussi je souffre, et c'est douloureux ! dit Terence sans chercher à cacher sa souffrance.
— Bien sûr que je suis là pour te soutenir, mais tu dois comprendre tes erreurs ! Viens, on rentre.
— Je ne peux pas, je dois congédier les invités.
— Oublie ça ! Rentrons, il n'y a plus rien ici. Allez, viens !
---
**(...)**
Les mains moites et tremblantes, elle ouvre la porte de leur chambre conjugale. Gary faisait des allers-retours entre le dressing et la chambre, visiblement en train de faire les affaires de Lalla.
— Ga... Gary...
— Ne prononce plus jamais ce prénom ! Plus jamais, tu m'entends ?
— Je t'en supplie, pardonne-moi ! Je t'en prie ! implore-t-elle en se mettant à ses pieds.
Il recule automatiquement, alors qu'elle tente de le toucher.
— Ne me touche pas ! Je vais être sympa : tu dormiras ce soir dans une chambre d'amis, et demain, tu quittes cette maison pour ne plus jamais y remettre les pieds !
Je veux le divorce, et tu as intérêt à ne pas rendre les choses compliquées ! dit-il sans lui adresser un seul regard.
— Di... divorce ? On... on peut tout recommencer...
— Tu quitteras cette maison demain ! Je profiterai de la présence de tes parents pour leur annoncer notre divorce ! N'ose même pas revendiquer quoi que ce soit ! Maintenant, sors de cette chambre !
— J'ai fait une terrible erreur, je suis punissable, je le reconnais ! Mais je t'en prie, ne divorce pas de moi, je t'aime tel...
Hors de lui, Gary la prend par le bras et la jette hors de la chambre.
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Le visage impassible, le regard vide, Gary se tient en face des Davies, ses futurs ex-beaux-parents. À ses côtés, se tiennent ses parents, également dans l'incompréhension totale, face à l'annonce de leur fils.
— Vous nous faites une blague ? C'est quoi cette information déplaisante, mes enfants ? dit Madame Davies.
— Ça ne peut qu'être une blague ! soutient la mère de Gary en souriant. Vous n'êtes même pas crédibles, pas plus tard qu'hier, vous respiriez le bonheur ! continue-t-elle toujours avec le même ton amusé.
— Le divorce se fera le plus tôt possible ! Je n'aimerais pas m'y attarder, je suis un homme trop occupé pour perdre mon temps avec ces bêtises ! dit Gary avec un ton direct et rude.
Je vous ai fait venir pour qu'on se mette d'accord sur les affaires que nous avons en cours ensemble ! conclut-il.
— Ce n'est pas drôle, cette blague... Et toi, Lalla, pourquoi tu ne dis rien ? intervient Madame Davies.
Lalla garde toujours la tête baissée, n'osant pas lever les yeux ni croiser le regard de Gary.
— Je divorce de votre fille. Cependant, je tiens à garder la totalité des avantages qu'apportait notre mariage. On a bien trop de profits avec cette alliance pour que je l'abandonne.
Cependant, votre fille n'aura plus aucun lien avec moi, en dehors des affaires !
— C'est quoi cette histoire ? Ma fille ne se jette pas après avoir été utilisée ! Tu sais quel déshonneur tu feras à notre famille en la renvoyant chez nous ? prend enfin la parole le chef de famille des Davies, qui était resté muet jusque-là.
— Oui Gary ! As-tu idée de l'affront que tu fais, non seulement à la famille Davies, mais également à la nôtre ? renchérit le père de Gary, d'un ton mécontent.
Mais Gary ne semble pas ébranlé par le mécontentement des deux hommes pour qui il éprouve un grand respect.
— J'ai mes raisons, et je ne crois pas que votre fille y voie une opposition ! N'est-ce pas, mademoiselle Davies ? dit-il en regardant enfin Lalla, qui lève les yeux vers lui, tremblante.
Il serre les poings, et tente de garder son visage impassible.
Ne supportant plus la vision de Lalla, il porte son attention sur le père de cette dernière, qui attendait sa réponse comme tout le monde.
Lalla se lèche les lèvres, nerveuse, ouvre la bouche et la referme plusieurs fois, se sentant comme une petite souris prise au piège.
— Je... je... oui. Gary a ses raisons... et des plus légitimes...
— Pour vous, ce sera **Monsieur Byrne** dorénavant ! N'appelez plus jamais mon prénom !
Tous les regards se posent sur Gary. Personne ne s'attendait à cette réplique.
— Il nous tarde de connaître ces raisons légitimes, qui pourraient nous faire perdre une bonne partie de notre patrimoine, Lalla ! dit Davies en regardant sa fille.
— Est-ce nécessaire d'arriver au divorce ? Tous les couples ont des moments sombres, vous savez ? Le plus important est de savoir les dépasser ! intervient la mère de Gary, inquiète de la tournure des choses.
— Je suis saturé ! Il y a des choses qui ne peuvent être recollées, même avec tout l'amour du monde ! répond Gary très posément avant de se lever de son siège.
— Tu vas où ? demande son père.
— J'ai un rendez-vous important. Je dois y aller.
Bonne journée, monsieur et madame Davies. J'espère que nos relations ne se détérioreront pas à cause de l'échec du mariage entre votre fille et moi.
— Tu pars sans explications ? Accorde-nous de la considération, mon garçon !
— Je laisse votre fille vous l'annoncer, si elle en a le courage. Je ne parlerai pas à ce sujet.
Sur ces dernières notes, il sort du bureau sans adresser un regard à son épouse.
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Insoutenable Désir [ CORRIGÉE ]
Romanceaprès 10 ans passés à l'étranger, Terence Byrne revient à Londres passer une année sabbatique dans la maison familiale où vie à présent Gary Byrne son frère aîné et son épouse Lalla. toujours entre deux avions Gary accorde peu d'attention à son épou...
![Insoutenable Désir [ CORRIGÉE ]](https://img.wattpad.com/cover/277336839-64-k507000.jpg)