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— Je... quoi ? balbutia-t-elle, croyant avoir mal entendu.

Elle recula instinctivement lorsqu'il s'approcha d'elle, après avoir posé sa tasse sur le banc. L'air était lourd, chargé de non-dits. La nuit avait un goût d'interdit.

— Quelle solution trouves-tu... à *ça* ? reprit-il d'une voix plus basse.

— Je... restez. Je vous promets de ne plus jamais recommencer. Je ne boirai plus, jamais. Si vous partez, Gary va divorcer, et je ne veux pas de ça...

Un rire amer s'échappa des lèvres de Terence. Pas moqueur. Désabusé.

— Si je reste, Lalla, *tu divorces aussi*. Ce n'est pas à cause de Gary. C'est à cause de moi. Parce que je ne pourrai pas rester ici, dans cette maison, près de toi, sans perdre le contrôle. Je suis à bout. Et toi aussi, je le sais.

Elle baissa les yeux, honteuse, confuse. Son cœur battait à tout rompre. Comment en étaient-ils arrivés là ? Elle n'était pas ce genre de femme. Elle n'était pas cette épouse qui trahit. Et pourtant...

— C'est moi qui vous ai mis dans cette situation inconfortable. Je suis désolée, murmura-t-elle en reculant. Sa voix était basse, mais sincère.

— Non. C'est moi. C'est moi qui t'ai embrassée. J'ai profité de ton état. C'est lâche, je le sais. J'ai été faible. Mais je ne peux plus faire semblant. Je ne peux plus prétendre que tu ne m'obsèdes pas.

Elle leva timidement les yeux vers lui. Et elle vit tout. Le désir brut, mais aussi la douleur, la lutte, la honte. Il était tiraillé, autant qu'elle.

Il posa une main sur sa hanche, doucement, et leur front se frôla. Son souffle chaud se mélangeait au sien.

— Maintenant que tu sais ce que je ressens... peux-tu vraiment vivre ici, avec moi, chaque jour, en me regardant comme ça ? En sachant que je peux déraper à chaque seconde ?

— Quitte cette maison au lever du soleil. murmura-t-elle. C'est mieux ainsi.

Sa voix tremblait. Elle n'était pas fâchée. Juste perdue. Elle avait besoin de reprendre le contrôle de sa vie. Et de ses émotions.

— J'aurais dû garder le silence. Lire la culpabilité dans tes yeux me détruit... Mais laisse-moi... juste une dernière fois, goûter à ces lèvres.

Il s'approcha, lentement, ses lèvres effleurant presque les siennes. Elle ferma les yeux.

— Non, souffla-t-elle.

Il se figea. Elle avait parlé si doucement... mais elle avait dit non. Et il recula.

— Pardon, murmura-t-il en se tournant pour partir.

Mais sa voix le retint, une dernière fois.

— Et si je disais... oui ? Juste pour ce soir. Et demain, on oublie tout.

Il resta pétrifié. Était-ce une proposition réelle ? Un piège ? Ou juste un cri du cœur ?

— Tu es sûre ?

Elle hocha la tête, comme poussée par un besoin plus fort que sa raison. Ce n'était pas de l'amour. Ce n'était pas un jeu. C'était un besoin vital. D'être regardée, touchée, désirée. D'exister.

Alors il s'approcha, lentement. Et l'embrassa. Un baiser d'abord doux, prudent, puis plus profond, plus fébrile. Il prit son visage entre ses mains, comme si elle était précieuse.

Elle glissa ses doigts dans ses cheveux, soupira contre ses lèvres. Elle ne voulait pas réfléchir. Pas maintenant. Elle voulait *sentir*.

Il l'entraîna vers sa chambre, l'air entre eux vibrant d'une tension trop longtemps contenue. Il la déposa sur le lit, avec la même délicatesse qu'un homme qui manipule un secret.

Leurs regards se croisèrent longuement, comme pour se demander une dernière fois : *es-tu certaine ?*

Et elle répondit sans un mot, en déboutonnant lentement sa robe de nuit. Il la dévora des yeux, fasciné. Il retira son pull, révélant son torse tendu par le désir.

— Tu es magnifique, murmura-t-il.

Puis il s'inclina et embrassa sa poitrine, ses mains découvrant chaque centimètre de sa peau avec une lenteur presque douloureuse. Elle frissonnait. Chaque baiser, chaque caresse réveillait des sensations qu'elle croyait éteintes à jamais.

Il glissa un doigt en elle, et elle se cambra, étouffant un gémissement. Elle n'avait plus connu autant de douceur depuis longtemps. Elle se sentit vivante, femme, entière.

Lorsqu'il se glissa en elle, elle ferma les yeux. Pas par honte, mais par abandon. Terence ne cherchait pas à la posséder, il l'honorait. Et elle se laissait faire. Sans barrière. Sans retenue.

Ses coups de reins étaient lents mais profonds. Elle s'accrochait à lui, mordillait son cou, l'embrassait avec ferveur. Elle le guidait du bout des hanches, le provoquait, le poussait à s'abandonner lui aussi.

— Lalla... tu me rends fou.

Il accéléra. Ils se perdirent l'un dans l'autre, leurs respirations saccadées, leurs mains agrippant la peau de l'autre. Elle se cambra, la gorge nouée de plaisir. Il enfouit son visage contre son cou, grogna entre ses dents.

Et lorsqu'ils atteignirent ensemble le sommet de leur plaisir, un cri muet résonna en eux. Une explosion. Une délivrance. Un oubli.

Essoufflés, collés l'un à l'autre, ils restèrent un instant silencieux. Puis, comme rattrapé par la réalité, Terence se retira, le visage un peu fermé.

— J'aurais aimé... ne pas me retirer. murmura-t-il, honteux.

— C'est mieux ainsi... répondit-elle en détournant les yeux.

Ils savaient que cette nuit allait les hanter. Mais pour l'instant, aucun d'eux ne regrettait.

Insoutenable Désir  [ CORRIGÉE ]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant