Sentant encore les effets de l'alcool, Lalla reste allongée toute la journée près de la piscine. L'air frais lui fait du bien, mais elle n'a pas envie de sortir ni de croiser les ragots ambulants.
— Merci, dit-elle à la servante qui vient de lui apporter le jus d'orange qu'elle avait demandé.
— Autre chose ?
— Dites-moi... savez-vous comment j'ai regagné ma chambre cette nuit ? Et surtout... rassurez-moi : je n'ai pas fait de bêtises ? demande-t-elle avec inquiétude. Après tout, c'est peut-être pour ça que Terence s'est montré si distant ce matin.
— Non, vous n'avez fait aucun grabuge. C'est Peter qui vous a raccompagnée, à la demande de monsieur Terence.
— Il m'a vue saoule ? Oh non, la honte... gémit-elle en se couvrant le visage de ses mains. Elle boit rarement, mais quand elle le fait, elle peut se montrer très émotive, voire un peu trop audacieuse.
Vu les circonstances, il y a de grandes chances qu'elle ait encore pleurniché à propos de Gary. Maintenant, c'est sûr que Terence sait que son couple bat de l'aile.
— Il semblait contrarié en demandant à Peter de vous raccompagner. Il a insisté pour qu'aucun invité ne vous voie dans cet état, puis il est monté se coucher, sans s'excuser auprès des invités.
— Mon Dieu... j'ai dû faire une bêtise, c'est sûr, murmure-t-elle, dépitée.
La vieille dame lui sourit avec douceur, presque maternellement, puis s'éloigne en l'invitant à ne pas se tracasser.
Lalla reste songeuse. Qu'a-t-elle pu dire ou faire pour le contrarier ? Aurait-elle dénigré Gary devant lui ? Elle tente de fouiller sa mémoire... rien. Le néant. À part la scène avec la prétendue maîtresse de Gary. Cette seule pensée lui serre encore le cœur.
Elle avait bu pour oublier, alors pourquoi ne se rappelle-t-elle que de ça ?
Perdue dans ses pensées, elle ne réalise pas que la nuit est tombée depuis longtemps. Quand elle le remarque, le froid la surprend. En maillot de bain, elle se précipite à l'intérieur, oubliant même son peignoir dehors. Lorsqu'elle revient pour le récupérer, elle tombe nez à nez avec Terence qui rentre, légèrement alcoolisé.
— Vous n'avez pas froid dans cette tenue ? demande-t-il en retirant son blouson pour le poser sur elle, couvrant ainsi son corps.
Il devrait aller directement se coucher. Mais pourquoi n'arrive-t-il pas à détacher son regard d'elle ?
— Merci...
— Passez une bonne soirée, dit-il en contournant la jeune femme avec le peu de volonté qui lui reste.
— Dites... il s'est passé quelque chose, hier soir ? demande-t-elle, la voix tremblante.
Il reste figé, lui tournant le dos. Elle ne peut donc pas voir la panique sur son visage.
— Je veux dire... je ne vous ai pas incommodé ? Je peux être un peu... casse-pieds quand j'ai bu.
— Non, vous n'avez rien fait, lâche-t-il, toujours de dos. Il s'apprête à s'éloigner, mais une nouvelle fois, sa voix le retient.
— Alors pourquoi ai-je l'impression que vous êtes énervé contre moi ?
— Je ne suis pas énervé contre vous.
— Alors quoi ? demande-t-elle, encore plus timidement. Ce ton, si doux, si fragile... Terence la trouve indécemment désirable.
— Ne vous approchez pas, dit-il soudain, d'une voix dure, la sentant s'avancer.
Elle reste figée. Ce ton glacial lui arrache un frisson.
— Bonne soirée, conclut-il en s'éclipsant.
Lalla reste plantée là, perplexe. Il a beau dire non, quelque chose s'est passé. Elle en est certaine.
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Allongé sur le dos, l'avant-bras sur les yeux, Terence lutte. Entre l'envie furieuse de retrouver Lalla, et celle de fuir cette maison à tout jamais.
« T'es con, Terence ! Il y a plein de femmes dehors. Va en prendre une, mais pas la femme de ton frère, bordel ! »
Il pousse un long soupir, puis se redresse. Il regarde son téléphone. Il est deux heures du matin. Impossible de dormir. Sur un coup de tête, il sort de la chambre. Une baignade l'aiderait à se calmer.
Mais en touchant l'eau de la piscine, il sursaute. Bien trop froide. Hors de question. Il se dirige alors vers la cuisine, se prépare un chocolat chaud, puis sort dans le jardin de roses. Cet endroit est le seul à apaiser son esprit.
Il entend du bruit. Il lève les yeux et voit Lalla, assise. Elle lève la tête en entendant ses pas.
Il hésite. Doit-il rebrousser chemin ou continuer ? Pour ne pas paraître suspect, il s'avance et salue.
— Que faites-vous ici ?
— Je n'arrive pas à dormir. Ce jardin est un véritable havre de paix, répond-elle en observant les fleurs. Et vous ?
— Pareil... C'est l'endroit parfait pour échapper à ce monde de dingues.
— Je vois... Vous ne pensez pas qu'on devrait se tutoyer ? C'est un peu étrange, ce vouvoiement entre beaux-frères.
— Je préfère qu'on ne change rien. C'est mieux ainsi.
— Oh... D'accord. Je voulais juste...
— Arrêtez, Lalla ! Arrêtez de parler avec cette voix-là ! Arrêtez, merde !
— Je... qu'est-ce que j'ai fait ? Pourquoi êtes-vous aussi désagréable avec moi ? s'étrangle-t-elle. Elle voulait juste apaiser les tensions. Elle ne comprend pas.
— Ça va pas le faire... Je quitte cette maison dès le lever du soleil.
Lalla panique. Si Terence s'en va à cause d'elle, Gary ne le lui pardonnera jamais.
— Peu importe ce que j'ai fait hier, dites-le-moi. On peut en parler, trouver une solution ! Gary va faire une crise si vous partez !
— Vous êtes certaine qu'il y a une solution à... *ça* ?
— Il y a toujours une solution !
— Soit... Quelle solution trouverez-vous après avoir embrassé le frère de votre mari ?
Elle devient livide.
Il regrette aussitôt. Il aurait dû garder ça pour lui. C'était sa croix à porter, pas la sienne. Mais au fond... il lui en voulait. Elle ne se souvenait de rien. Alors que lui... ne pense qu'à ça depuis.
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Insoutenable Désir [ CORRIGÉE ]
Romantikaprès 10 ans passés à l'étranger, Terence Byrne revient à Londres passer une année sabbatique dans la maison familiale où vie à présent Gary Byrne son frère aîné et son épouse Lalla. toujours entre deux avions Gary accorde peu d'attention à son épou...
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