Par la vitre de son bureau, Gary observe l'équipe de shooting en pleine installation dans le jardin.
Dans un autre coin du domaine, il aperçoit Lalla, visiblement tendue — et il devine aisément pourquoi.
Cela fait longtemps qu'elle n'a pas posé pour une séance photo professionnelle. L'angoisse est palpable.
Il retire une main de sa poche, ferme les rideaux du bureau, puis éteint son ordinateur : il vient de terminer une visioconférence. À présent, il compte descendre voir comment tout se prépare.
— Si ce thème te stresse trop, on peut faire celui de la prairie ! propose Cindy.
— Non, non, ça va, je vais le faire. Ce serait malaisant de faire repartir le mannequin, et aussi de démonter tout le décor alors qu'il est déjà prêt.
— Bien. On commence quand tu veux.
— Oui... Laissez-moi juste un peu de temps.
— Tu vas cartonner ! Tu as ça dans le sang, ma belle !
— Merci Cindy. Je ferai de mon mieux, dit Lalla, souriante.
Cindy, son ancienne super agente, est ravie de la revoir sous les projecteurs. Grâce à leur collaboration, elle a autrefois rempli son portefeuille au point d'assurer une retraite confortable.
Lalla lui adresse un dernier sourire, puis se dirige vers les maquilleuses et stylistes pour se préparer au thème du jour : **l'amour**.
Alors qu'elle se regarde dans le miroir lumineux devant elle, elle aperçoit dans le reflet son ex-époux, en train de détailler les lieux.
Son cœur se serre en le voyant adresser un magnifique sourire à une styliste avec qui il semblait s'entretenir.
Quand leurs regards se croisent, elle panique, baisse les yeux, faisant mine de ne pas l'avoir vu.
— Comment tu te sens ? demande Gary dans son dos, sa voix posée et neutre.
— Ça va. J'ai pris ce que le médecin a recommandé.
— Bien. Mais... je voulais dire : tu as toujours le trac ?
— Ça fait bizarre de recommencer quelque chose dont j'étais certaine de ne jamais refaire...
Gary esquisse un sourire attendri, vite dissimulé derrière son habituel masque d'impassibilité.
— Ne jamais dire *jamais*. Bref, je te laisse. Bonne chance !
— Tu ne restes pas ? demande-t-elle subitement, alors qu'il s'apprêtait à tourner les talons.
— J'ai des visioconférences. Je passerai plus tard voir si tout se passe bien.
— Oh... d'accord...
— Bonne chance, conclut-il, avant de saluer brièvement les personnes présentes.
Cela fait deux semaines que Gary travaille à domicile. Il a arrêté de se rendre à son bureau pour veiller sur Lalla et s'assurer que tout se passe bien durant sa grossesse.
Il garde une certaine distance, certes, mais prend sur lui pour qu'elle ressente le moins de pression possible.
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La tête en ébullition, Gary met fin à un appel vidéo, se frottant le crâne.
Lui qui n'a plus parlé couramment coréen depuis des années a dû gérer une réunion entière avec un partenaire ne parlant que cette langue. Il a mobilisé toute sa mémoire pour se souvenir de ses cours de jeunesse.
Il regarde l'heure. Elle est bien avancée : Lalla doit avoir terminé.
Lessivé, il s'étire longuement, puis quitte son bureau.
Plus il approche du jardin, plus il entend le bruit des appareils photo : la séance n'est pas encore terminée.
— Bien. À présent, Ludwig, fais comme si tu voulais embrasser Lalla. Lalla, rapproche-toi, et pose sensuellement tes doigts sur ses lèvres.
Les deux mannequins s'exécutent.
Gary voit flou. Cette proximité, cette intensité... il n'arrive pas à digérer ce qu'il voit.
Autour de lui, tout semble normal. Personne n'est choqué.
— **Rangez tout ! Il se fait tard, elle doit se reposer !** lance-t-il d'un ton sec, interrompant net le photographe, qui allait passer à la scène suivante où le mannequin devait embrasser le cou de Lalla et toucher son ventre.
— Nous n'avons pas encore les clichés qu'il nous faut...
— Elle est enceinte. Vous avez accepté de travailler selon nos conditions. Et je dis qu'il est temps pour elle de se reposer. Revenez demain. Et je refuse qu'un autre homme pose ses sales mains sur le ventre de mon épo... *de la mère de mon enfant !* s'emporte Gary, fusillant du regard le mannequin aux côtés de Lalla.
— On remballe ! On continue demain. Lalla, vous avez fait du bon boulot. Demain, faisons vite !
Lalla hoche simplement la tête, se relevant du fauteuil où elle était allongée.
Si la séance a traîné, c'est parce qu'elle a mis du temps à se mettre dans l'ambiance. Et maintenant qu'elle y était... Gary les a interrompus.
Il la rejoint, l'air contrarié. Il lui passe une couverture sur les épaules et l'éloigne des agitations.
— Pourquoi tu es intervenu ?
— Tu te fous de moi ? Depuis quand tu laisses un autre homme poser ses mains sur ton ventre ? En plus, ça fait deux heures que je t'ai laissée ! Et c'est quoi ce shooting ? Pourquoi il te tripotait comme ça ?
— *Tripotait* ? Il a respecté les limites. On doit juste donner l'impression d'être fusionnels.
— N'importe quoi... marmonne-t-il, peinant à cacher sa colère.
Le regard confus de Lalla le ramène à la réalité. Il se calme aussitôt.
— Je ne voulais pas crier... dit-il en baissant les yeux.
Lalla hoche simplement la tête, le fixant longuement sans rien dire.
— Tes réunions se sont bien passées ? demande-t-elle enfin.
— Oui... Tu sembles épuisée. Tu devrais aller t'allonger un peu.
— J'ai plutôt envie de chocolat fondant... et d'un bon massage des pieds ! dit-elle avec gourmandise.
— Je vais prévenir pour qu'on te les apporte.
— Merci !
Gary s'éclipse rapidement, laissant Lalla aller s'installer dans le jardin.
Elle n'attend pas longtemps avant de recevoir son massage, suivi d'un chocolat fondu délicieux.
Plus détendue, elle s'endort sans s'en rendre compte, devant la télévision, après la séance.
Ne voulant pas la déranger, Gary demande qu'on lui mette une couverture chaude pour la nuit, qui s'annonce fraîche.
Soudainement fatigué, il s'étire en silence, sans cesser de l'observer. Elle dort profondément, paisiblement.
— Il me faut un massage, moi aussi... se dit-il en faisant tourner doucement son cou pour éviter le torticolis.
— Monsieur, vous semblez fatigué. Je vous apporte une tisane relaxante ? propose une employée, soucieuse de son état.
— Oui, s'il vous plaît, répond-il avec un sourire poli.
En observant Lalla endormie sur le canapé, il doute qu'elle soit vraiment à l'aise dans cette position.
Il s'approche, la soulève délicatement.
— *M*rde... elle est lourde !\* murmure-t-il en l'amenant dans sa chambre.
Une fois bien installée dans le lit, il referme doucement la porte, retourne au salon, et boit enfin sa tisane.
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Insoutenable Désir [ CORRIGÉE ]
Romansaaprès 10 ans passés à l'étranger, Terence Byrne revient à Londres passer une année sabbatique dans la maison familiale où vie à présent Gary Byrne son frère aîné et son épouse Lalla. toujours entre deux avions Gary accorde peu d'attention à son épou...
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