La respiration profonde et détendue, les yeux qui s'ouvrent enfin après quelques battements de cils pour s'habituer à la lumière du jour, les jambes qui s'étirent en même temps que les bras... Gary se sent drôlement reposé.
Cette tisane lui a fait un bien fou et lui a offert un sommeil réparateur.
Son estomac grondant lui fait savoir qu'il a, lui aussi, besoin de reprendre des forces.
Après sa toilette, et toujours en pyjama, Gary descend pour le petit déjeuner.
La maison est déjà éveillée, l'équipe du shooting est en place, Lalla est en pleine préparation.
Sans se mêler à cette agitation matinale, il se dirige dans la cuisine et se sert lui-même un grand verre de jus de goyave, avant de regagner sa chambre, un plateau garni de petits pains et de confiture en main.
Aujourd'hui, il s'est convaincu de **ne pas assister** à la séance de son ex-épouse. Il n'a pas à interférer dans son travail, et il en a pleinement conscience.
Alors qu'il prend tranquillement son petit-déjeuner devant son téléphone, celui-ci se met à sonner.
Le nom de son père s'affiche sur l'écran.
— Bonjour papa, quoi de neuf ?
— Tu comptais nous annoncer l'heureuse nouvelle quand ? Ça ne se fait pas de nous tenir à l'écart comme ça !
— Désolé, j'avais trop de choses en tête... Comment vous l'avez appris ?
— Des commérages ! Et franchement, ce n'est pas beau à voir ! Être informés de façon aussi vulgaire, c'est une injure !
— Tu as raison... Vraiment désolé.
— Transmets-lui nos félicitations. Et cette fois, ne la laisse pas seule avec la grossesse pour courir après le profit professionnel !
— Bien noté.
— Tu as des nouvelles de ton frère ?
— Je n'ai pas de frère, répond Gary d'un ton involontairement glacial.
À l'autre bout du fil, son père pousse un soupir de désespoir. Voir ses fils ainsi déchirés lui fend le cœur.
Entendre Gary répondre aussi froidement le peine énormément.
Des deux, il est celui qui a la tête froide, mais s'il décide de rayer de sa vie celui qu'il a toujours gâté...
Plus personne ne pourra le faire revenir en arrière.
— On voulait rester à l'écart et vous laisser gérer ça entre vous. Mais peu importe les circonstances, je refuse de vous voir vous déchirer. Réglez ce problème, sinon... on interviendra.
— J'ai essayé. Il n'a pas voulu entendre raison. J'ai des sentiments aussi. Ce con refuse de lâcher ce qui m'appartient et n'éprouve aucun remords.
— Terence est indéfendable, je le sais. Mais reconsidère la question à son sujet...
— Je fais un bisou à maman, dit Gary avant de raccrocher et de poser son téléphone sur la table.
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Le regard fixé sur le plafond, allongé en étoile de mer, Terence réfléchit à ce qu'il pourrait bien faire de sa journée.
Il n'a aucun programme en vue. Aïdan est en voyage d'affaires et ne revient que la semaine prochaine.
D'un long soupir, il jette un œil à son téléphone qui sonne. D'un geste paresseux, il s'étire et le saisit.
Le nom de Lena s'affiche.
— Oui ?
— Bonjour ! Ça te dit un footing ensemble ce matin ?
— D'accord. On se retrouve où ?
— En fait... je suis en bas de ton immeuble !
— OK ! Donne-moi dix minutes.
— OK ! répond-elle avant qu'il ne raccroche.
Il se lève d'un bond, file rapidement à la salle de bain, puis enfile sa tenue de sport.
Une fois prêt, il sort de son appartement et ignore l'ascenseur, préférant descendre les escaliers quatre à quatre.
Lena, qui patientait tranquillement devant son téléphone, s'illumine en le voyant arriver.
— Bonjour ! dit-elle, un sourire aux lèvres.
— Bonjour. On y va ? demande-t-il en la détaillant. Elle hoche timidement la tête.
Lentement mais sûrement, ils courent à un rythme régulier, sans destination précise.
Le silence des premiers kilomètres est rompu par une conversation légère qui naît naturellement.
Cela fait maintenant des heures qu'ils courent.
Un bip sur la montre de Lena se fait entendre. Elle ralentit, essoufflée.
— C'est l'heure de mon entraînement de boxe. Je dois y aller, dit-elle en reprenant son souffle.
Terence, intrigué, la suit.
— Vous faites de la boxe ?
— Oui, la boxe thaï. Des cours de self-défense.
— Oh ! J'en faisais moi aussi, avant de venir ici.
— Vraiment ?
— Oui, répond-il en hochant la tête, le corps en sueur.
— Je suis curieuse de vous voir à l'œuvre. Ça vous pose problème si j'assiste au cours aujourd'hui ?
— Si vous promettez de ne pas rire de moi !
— Ai-je déjà ri de vous ?
Elle arque un sourcil, faussement choquée.
Un large sourire éclaire le visage de Terence en repensant à leur dernière interaction chez lui.
— Bon, OK. Je vous le promets. La chevalerie m'y oblige.
Elle sourit, amusée, avant d'accepter de l'emmener avec elle.
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De gestes fluides et gracieux, Lalla enchaîne les poses, jouant avec l'objectif amoureux du photographe.
En retrait, Gary l'observe, ému.
Cela faisait si longtemps qu'il ne l'avait pas vue aussi passionnée, aussi vivante.
Mais son aura change soudainement lorsqu'il voit le mannequin homme se préparer pour les prises en duo.
Il serre les poings. Il se persuade de ne pas intervenir. Il a lui-même encouragé Lalla à reprendre ce travail. Il ne va tout de même pas tout gâcher avec ses ressentiments ridicules.
Du regard, il suit le modèle se rapprocher de Lalla, lui adressant un magnifique sourire auquel elle répond sans détour.
— J'admire votre fair-play ! Moi, je n'aurais jamais laissé mon épouse dans les bras d'un si bel homme, lance le directeur artistique en s'approchant de Gary.
— Je n'ai rien à envier à ce "bel homme", comme vous dites, répond Gary d'un ton désinvolte, les yeux fixés sur la scène.
— Pas faux. Cela ne vous tente pas d'être le modèle pour cette séance ? Après tout, vous êtes le vrai père de l'enfant. Les émotions seraient bien plus authentiques. Et vous avez le physique pour !
— N'importe quoi ! Que chacun connaisse sa place. Je connais la mienne, et je ne suis pas modèle photo. Arrêtez de vouloir me recruter avec des feintes aussi flagrantes !
— Dommage. Il y aura une scène où ils devront s'embrasser. Quel mari compréhensif vous faites !
— Je suis le père de son enfant. Rien de plus, rien de moins, tranche Gary avant de quitter les lieux, la colère au ventre.
Il est énervé. Contre lui-même surtout.
Il se déteste de se sentir jaloux.
Mais c'est plus fort que lui.
Il est **jaloux**.
Jaloux de tous les hommes qui s'approchent d'elle.
Jaloux de tous ceux à qui elle sourit.
Jaloux de son propre frère, qui a réussi à briser ce qu'il croyait inébranlable.
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Insoutenable Désir [ CORRIGÉE ]
Romanceaprès 10 ans passés à l'étranger, Terence Byrne revient à Londres passer une année sabbatique dans la maison familiale où vie à présent Gary Byrne son frère aîné et son épouse Lalla. toujours entre deux avions Gary accorde peu d'attention à son épou...
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