35

349 28 4
                                        

Agacé, il sort rapidement de la douche en se munissant d'un peignoir, avant de se dépêcher d'ouvrir la porte.
Depuis tout à l'heure, la sonnerie retentit de façon infernale dans tout l'appartement.

— Maman ?

— Tu devrais avoir honte !
Terence reçoit une gifle de la part de sa mère, la main posée sur sa joue encore chaude du coup.

— De quoi...

— Coucher avec la femme de ton frère ! Être l'homme qui détruit le mariage de ton propre frère ! Terence, ta libido n'a-t-elle donc aucune limite ?

— Ce n'est pas une question de libido ! Je suis amoureux ! J'aime Lalla !

— Tais-toi ! Fais tes affaires immédiatement et quitte cette ville ! Tu fais honte à la famille !

— Je n'irai nulle part sans Lalla ! Je resterai ici jusqu'à ce qu'elle me cède !

— Je crois que ta mère ne t'a pas bien expliqué !
Tu vas quitter ce pays immédiatement, sinon nous considérerons que tu ne fais plus partie de cette famille.

Terence regarde son père, arrivé juste après sa mère.

— Vous n'êtes pas censés être impassibles ? Mais vous prenez parti sans même écouter la seconde version ! C'est donc ça, être parents pour vous ?

— N'essaie même pas ce chantage émotionnel ici ! Tu es en tort, peu importe la raison !
Jamais tu n'aurais dû convoiter la femme de ton frère ! Je te donne 48 heures pour quitter cette ville. Sinon, considère que tu n'as plus de père.

— Papa... donc quoi ? Je ne remettrai plus jamais les pieds ici ?

— Tu es prévenu, Terence Byrne. Rentrons, ma chérie, dit le vieil homme en prenant son épouse par l'épaule.

Terence regarde ses parents s'éloigner de lui.
Mais la seule chose qui le hante, c'est **Lalla**.
Il s'inquiète de savoir comment elle vit cette situation, de son côté, chez ses parents.
Il a tenté plusieurs fois de la joindre, mais impossible : elle filtre tous ses appels.
Il veut la voir, s'assurer qu'elle va bien. Il veut être à ses côtés pour traverser cette épreuve.
Malgré le fait qu'elle lui a fait comprendre qu'elle ne ressentait rien pour lui, il refuse de croire qu'elle n'éprouve **aucune** affection, **même minime**.

---

### \~\~\~\~▪︎▪︎▪︎▪︎▪︎▪︎▪︎▪︎▪︎▪︎\~\~\~\~

Alors qu'elle pose le dernier carton dans son nouvel appartement, elle est prise d'un vertige qui lui fait perdre l'équilibre.
Instinctivement, elle s'accroche à la table posée à sa droite.
Elle tire une chaise et s'y assoit, le temps que le malaise passe.

Elle ne se nourrit pas bien et manque de sommeil.
Elle néglige sa santé, comme pour se **punir**.

Le regard déçu de Gary la hante encore et encore.
Elle n'arrive pas à le chasser de son esprit.
Encore moins le regard blessé que lui a adressé Terence.
Envers lui aussi, elle se sent terriblement coupable.

Elle a préféré tout lui rejeter en pleine figure, pensant soulager sa conscience, mais il est difficile de se voiler la face.
Il est clair que **Terence ne méritait pas les mots** qu'elle lui a dits.
Il n'est pas le seul à blâmer. Bien au contraire, elle **lui doit beaucoup**.

Dans cette période où elle perdait totalement confiance en elle, où elle se sentait seule et rejetée, **il a été là**.
Il a égayé sa vie en quelques jours, il lui a fait ressentir et découvrir d'autres saveurs.

Depuis le début, il lui a fait comprendre ses intentions.
Croyant dur comme fer que son frère la rendait malheureuse, il a voulu la sortir de là, et lui offrir l'attention qu'elle méritait.

Alors non, Terence **n'aurait pas dû** entendre tous ces mots blessants.
Elle lui doit des excuses, mais elle n'a aucune envie de le voir.

Se sentant un peu mieux, elle se lève de la chaise et se dirige vers la cuisine pour se servir un verre d'eau fraîche, avant de reprendre les rangements dans son nouvel appartement trois pièces.
Rien d'extravagant, juste le confort qu'il faut pour s'y sentir à l'aise.

---

### \[■■■]

Les jours se sont écoulés à une lenteur infernale pour elle.
Elle attendait, le cœur lourd, le jour J : celui des **signatures de divorce**.

Vêtue d'un tailleur mauve, d'escarpins à semelle rouge, d'un sac à main carré blanc et de lunettes de soleil d'une marque connue, Lalla descend de la voiture et se dirige vers l'établissement où l'attendent Gary et son avocat.

En ouvrant la porte du bureau, elle découvre Gary, tiré à quatre épingles dans un costume bleu nuit.

— Bonjour, dit-elle à l'assemblée en s'installant.

— Finissons-en, lâche Gary en regardant l'avocat.

Pendant que celui-ci éclaircit certains points, l'impatience se lit dans les yeux de Gary, qui semble ne pas supporter la présence de Lalla.

— Ceci dit, veuillez signer, annonce l'homme de droit en leur présentant les papiers.

Gary est le premier à signer, suivi de Lalla, qui réalise qu'aujourd'hui, **son mariage avec Gary prend fin**.

Encore une fois, Gary quitte le bureau sans lui adresser un regard.

En rejoignant sa voiture, elle manque de tomber, soudainement prise d'un énième vertige.
Elle s'agrippe à un bras... sans connaître le propriétaire.

— Vous devriez faire attention !

Elle sent un frisson parcourir sa colonne vertébrale.
Cette voix glaciale, c'est celle de **Gary**.

— Je... je suis désolée, dit-elle en se dirigeant précipitamment vers sa voiture.

— Prends un taxi... Je veux dire, prenez un taxi. Vous ne semblez pas en état de conduire.

— Non, ça va aller. Bonne journée !

Il n'insiste pas plus et continue son chemin.

Quant à Lalla, elle se fait violence et monte dans la voiture... mais se sent brusquement **ramenée en arrière**.

C'est encore **Gary**.

— Tu es suicidaire ? Tu n'arrives même pas à tenir la clé, et tu veux conduire ? dit-il, camouflant mal sa colère.

Il fait signe à son chauffeur de venir. Ce dernier se dépêche aussitôt.

— Conduisez Mademoiselle Davies chez elle.

— Oui, monsieur !

— Je vais bien, dit Lalla en tentant de faire bonne figure.

Gary ne l'écoute pas et la **force à monter** à l'arrière, avant de refermer la portière.

Pendant que la voiture s'éloigne, Lalla, une larme perlant sur sa joue, regarde Gary rejoindre son véhicule.
Elle sait qu'il aurait aimé ne pas la toucher... mais il **n'a pas pu** s'empêcher de s'inquiéter de la voir dans cet état.

Insoutenable Désir  [ CORRIGÉE ]Des histoires addictives. Découvrez maintenant