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— Il y a un problème ? demanda calmement Gary en voyant Lalla revenir de la salle de bain. Vu sa réaction tout à l'heure, il avait l'impression de l'avoir brusquée.

— Je vais bien ! Je suis désolée, dit-elle sans oser le regarder dans les yeux, la culpabilité pesant trop sur elle.

— Je comprends que tu ne sois pas prête. Je t'ai brusquée, pas besoin de t'excuser, dit-il toujours calme. Il devine qu'elle a du mal à lui refaire confiance. Après tout, c'est lui qui l'a repoussée, c'est normal qu'elle l'ait mal vécu.

— Ce n'est pas ça ! Je...

— Ça va Lalla ! Ne fais pas cette tête. Je ne sais pas pourquoi je lis la culpabilité dans tes yeux, mais sache que je ne suis pas en colère et que nous irons au rythme que tu choisiras. Il lui pose une bise sur le front. Elle se serre contre lui en s'excusant encore une fois.

C'est vrai qu'il a envie d'elle, mais il peut encore se retenir un peu. Ce serait horrible de lui imposer ses désirs. Il respectera son rythme. Une chose est certaine : il ne compte plus la délaisser comme avant.

— Que veux-tu qu'on fasse aujourd'hui ? J'aimerais passer la journée avec toi, dit-il en la regardant avec ses yeux perçants.

— Tu pourrais m'accompagner faire les boutiques ?

— D'accord.

— Vraiment ? demanda Lalla, les yeux pétillants. Il hoche la tête, amusé par sa réaction enfantine.

— On pourrait ensuite aller pique-niquer en amoureux !

— Tout ce que tu veux !

— Tu seras obligé de me tenir la main devant tout le monde ! Je voudrais t'embrasser dans la rue, précise-t-elle en le regardant. Il hausse nonchalamment les épaules.

— Je ne vois aucun problème à ça ! Elle élargit son sourire en l'embrassant, puis court s'apprêter, toute excitée.

Pendant ce temps, Gary décide de se rendre dans la cuisine pour organiser le pique-nique improvisé.

— Monsieur !
— Oui ?
— Lena Wick vous demande.
— Oh ! Dit Gary, légèrement étonné, puis se dirige vers le salon visiteurs où attendait Lena, la cadette des Wick.

— Lena ! Quelle surprise ! Comment allez-vous ?
— Bonjour Gary ! Je vais bien, j'espère que vous aussi !
— Parfaitement ! Quel bon vent vous amène ?
— J'ai des dossiers pour vous, de la part de mon père ! Lena lui tend les documents. Il les prend et examine attentivement le contenu.

— Merci ! Dites-lui que je lui ferai parvenir une réponse dans les plus brefs délais !
— D'accord !
— Comment se passe l'apprentissage auprès de votre père ?
— Eh bien, je dirais bien, même si je fais surtout son coursier, rigole-t-elle en pointant les documents.
— Ah ah ah ! Je suis passé par là. Voyez plutôt cela comme une opportunité de rencontrer directement les partenaires !
— C'est ce qu'il me dit ! Je ne m'en plains pas, toute fois !
— Tant mieux. Bon courage !
— Merci, je vais prendre congé.
— Merci et passez mes amitiés à votre père !
— Sans faute ! Bonne journée ! Dit-elle avant de se lever. Il l'accompagne jusqu'à la sortie, puis se dépêche de se préparer.

Alors que Lena s'apprête à monter dans sa voiture, elle croise Terence qui revient de son footing.
Elle ne peut s'empêcher de poser ses yeux sur ses muscles brillants de sueur. Sa respiration se fait courte, son cœur bat fort.

— Lena ? Bonjour ! Dit-il en retirant ses écouteurs après l'avoir remarqué.
— Oui, bonjour Terence !
— Qu'est-ce qui vous amène ?
— Le travail ! Je suis là pour Gary !
— Oh, je vois. Merci pour la dernière fois, merci de m'avoir raccompagné !
— Oh, de rien ! Passez une bonne journée, Terence !
— Vous aussi, Lena !

Elle lui adresse un sourire timide avant de monter dans la voiture. Il lui fait un signe de la main avant de retourner à l'intérieur.

Il n'a qu'une envie : prendre une douche, puis se prélasser au soleil au bord de la piscine.
En montant les escaliers, il croise Lalla qui descend, belle comme toujours. Elle est en peignoir, les cheveux enveloppés dans une serviette, le teint frais, tout indique qu'elle sort de la douche.

— Bonjour, dit-elle sans vraiment le regarder.
— Oui, bonjour, répond-il simplement, sans s'attarder, et la dépasse.

Une fois dans sa chambre, il envoie valser son téléphone sur le sol.
Il ne supporte plus la tension entre eux. Chaque fois qu'il la voit, il veut juste l'embrasser et la serrer contre lui.
C'est terriblement frustrant. Elle hante ses nuits, trouble ses pensées, limite son raisonnement.

Sous la douche, un flash lui revient brutalement et son cœur se serre. Il y a peu, elle prenait sa douche, il l'avait rejointe. Ils y avaient passé de bons moments.
Tout était si bien entre eux. Pourquoi Gary a-t-il refusé le divorce ? Comment se fait-il qu'il soit redevenu l'homme qu'elle a toujours attendu ?
Il ferme les yeux, la première image qui lui vient est celle de Lalla. Il a besoin d'elle, de la serrer contre lui, il est en manque de sa chaleur et de ses baisers.
Jamais aucune femme ne l'a embrassé comme elle, à la fois timide et fiévreuse, douce et précise, sans jamais en faire trop.

— Pourquoi refuses-tu de croire quand je te dis que je t'aime ? pense-t-il à voix haute.

Une heure plus tard, quand il sort de sa chambre pour le petit-déjeuner, il ne trouve personne.

— Où sont-ils ? demande-t-il à l'une des domestiques qui lui sert son repas.
— Monsieur a dit qu'ils partaient en balade amoureuse et s'excuse de vous laisser manger seul !
— Pfff ! Trouvez-moi un nouveau téléphone, l'autre est cassé !
— Bien monsieur. Autre chose ?
— Ce sera tout !
— Veuillez m'excuser, dit-elle poliment avant de s'éclipser.

— Balade amoureuse, hein ? N'importe quoi, pense-t-il en croquant dans une pomme qu'il pose immédiatement.

Décidément, tout lui rappelle Lalla, même cette pomme qu'il a croquée.
Lors de leur pique-nique, elle avait croqué dans la pomme qu'il lui avait donnée. Ce geste innocent l'avait foudroyé.
Il souffle en se levant de table, l'appétit lui est passé. Il brûle d'envie de savoir ce qu'ils font, comment Lalla regarde son époux. Passent-ils un bon moment ?

Insoutenable Désir  [ CORRIGÉE ]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant