Sentant une douce chaleur contre sa main, Lalla, qui sort petit à petit de son sommeil, ouvre les yeux.
Les rayons du soleil qui s'infiltrent entre les rideaux de la chambre agressent innocemment ses paupières encore sensibles. Elle reste figée en voyant Gary lui tenir la main, endormi, le front posé sur son avant-bras, là où les veines forment de jolies lignes viriles.
La façon dont il est couché ne doit pas être confortable. Depuis combien de temps est-il dans cette position inconfortable ? Pourquoi se retrouve-t-il à son chevet, les cheveux totalement en bataille ?
Sans mouvement brusque, elle tente de se redresser, lorsqu'il sursaute légèrement en levant la tête.
Les traits tirés de son visage se posent sur elle, et il la détaille minutieusement.
— Ça va ? demande-t-il en posant sa main sur son front pour vérifier sa température.
— Désolée, ça a dû être inconfortable de dormir ainsi !
— Comment tu te sens ? La fièvre a baissé, mais tu as toujours froid ?
— Non ! Ça va.
Il hoche simplement la tête en se levant, le sommeil encore présent dans ses gestes.
— Je te laisse te rafraîchir. Je vais faire de même, dit-il avant de sortir, comme si de rien n'était.
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— Tu ne vas pas la voir ? demande Aïdan, les mains croisées, en regardant Terence qui croque dans un croissant.
— Non.
— Étonnant, venant de toi !
— Gary est à ses côtés. Elle ne peut pas rêver mieux.
— Tu n'as pas dormi de la nuit en apprenant ce qu'elle avait, et là tu fais mine de rien ?
— Elle a été claire. Je n'ai pas envie de faire quelque chose qui pourrait la faire me détester.
— Je vois. Tu es enfin décidé à lâcher prise. Sage décision, dit Aïdan, tout fier, en détaillant son ami qui a une fixette sur Lalla. C'est pitoyable de le voir ainsi.
— Je n'ai jamais dit ça. Je la laisse juste réaliser d'elle-même qui est le meilleur entre lui et moi.
La fierté d'Aïdan s'efface aussitôt. Terence devrait sérieusement abandonner et regarder ailleurs.
— Tu viens au gala de Lena ?
— Oui. Je ne peux pas refuser alors que c'est monsieur Wick qui a insisté.
— Lena sera heureuse.
Il le fixe un instant avant de reprendre :
— Tu sais que je vois clair dans ton manège depuis un moment ? Ne la mets pas dans mes bras, je n'ai pas d'amour à donner.
— Tu le donnes à la mauvaise personne ! Sérieusement, Lena est aussi belle que Lalla. C'est un bon parti, et en plus elle semble attendre que tu claques des doigts.
— Elle n'est pas Lalla.
— Parlons business. T'associer aux Wick sera ta meilleure affaire. Tu sais la place qu'ils occupent sur le marché international. L'homme qui épouse leur fille hérite de tout au même titre qu'elle. En plus de ton héritage familial et de ta fortune personnelle, tu seras incontournable. Bien plus influent que ton frère. Tu ferais mieux de vite réagir. Tu sais combien font des pieds et des mains pour un regard d'elle ?
— Sérieusement, tu me demandes d'épouser une personne que je n'aime pas, pour mon profit personnel ? Et l'amour dans tout ça ?
— Oh arrête, ne joue pas la vierge effarouchée. On a été baignés dans les mariages de convenance depuis le berceau. Cette idée ne t'a jamais traversé l'esprit ? Et pour ce qui est de l'amour... apprends à l'aimer. Lena est déjà amoureuse de toi !
— Je ne suis pas intéressé.
— En plus, en l'épousant, tes parents seront moins fâchés contre toi. Tu redeviendras leur chouchou.
— Pas intéressé, j'ai dit !
— Je l'ai vue une fois exécuter une danse du ventre et je peux t'assurer qu'elle est souple...
— Pas. Inté. Res. Sé.
— Rahhh, tu m'énerves à faire une fixette sur l'épouse de ton frère ! s'exclame Aïdan, exaspéré, prêt à se lever d'un bond pour sortir du café. Terence le désespère à un point.
— Ils sont divorcés.
— Elle l'aime. Et je suis certain que Gary aussi. Tu sais ce que je demande à Dieu chaque soir avant de dormir ?
— Toi, parler à Dieu ? Ne me fais pas rire.
— Je lui demande qu'il permette que ces deux-là se rabibochent. Ils cohabitent ensemble, c'est une atmosphère favorable !
Terence perd son sourire moqueur immédiatement, en regardant sévèrement son ami.
— Lalla sera mon épouse, tu verras !
— Bordel, Terence, arrête maintenant ! C'est malsain, ce que tu fais ! Ce n'est pas de l'amour, et il est temps que tu t'en rendes compte ! Rahh... je ne sais même pas pourquoi je traîne encore avec toi. Tu ne veux même pas te repentir !
Aïdan sort du café hors de lui, tandis que Terence sirote tranquillement son café en le regardant s'éloigner.
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Le visage tiré par la fatigue malgré son bain, Gary prend place en face de Lalla pour le petit-déjeuner.
— Merci pour hier, dit-elle.
Il lève les yeux vers elle, alors qu'une employée lui sert son café.
— À quel sujet ? demande-t-il très posément, pendant qu'elle remercie l'employée qui lui tend son jus de fruits.
— Tu as veillé sur moi toute la nuit dernière. Je suppose que tu as des rendez-vous importants aujourd'hui, et tu t'y rendras les traits tirés par ma faute.
— Je ne t'ai pas veillée. Bref... à l'avenir, fais plus attention au bébé. Pense pour deux désormais, avant d'agir.
— D'accord... Je... J'ai été contactée par mon ancienne agence. Apparemment, ils ont un gros contrat pour moi. Le magazine *FURBS* veut une exclusivité sur ma grossesse et la première image du bébé...
Gary lève les yeux vers elle et la détaille. Lalla se racle la gorge, intimidée par son regard énigmatique.
— Ne t'inquiète pas, je ne compte pas accepter. Je t'informe juste pour que tu ne sois pas surpris s'ils te contactent directement. Tu sais comment ils sont.
— Tu n'as pas envie, toi ?
— J'ai mis une croix dessus, et tu le sais.
— Je n'ai jamais été d'accord avec cette décision, et tu le sais.
Elle lève les yeux vers lui et reste accrochée à son regard un long moment, avant qu'il ne rompe leur jeu silencieux.
— Tu as toujours été passionnée par ce métier. Je présume que c'était difficile pour toi de l'abandonner, surtout que tu étais sollicitée de partout. Si tu as l'occasion de refaire ce que tu aimes, fais-le, Lalla.
— Je... Je ne peux pas. Je pourrais mettre l'enfant en danger.
— On a perdu notre premier enfant parce que ton bassin ne pouvait pas encore abriter un embryon. Si tu veux faire cette campagne, alors fais-la. Je ne m'y opposerai pas.
Sans rien ajouter, Gary met les informations du matin tout en entamant son petit-déjeuner.
— Je ne vais pas le faire, dit Lalla en touchant son ventre.
— Je te conseille le contraire. Ça te fera une occupation. J'imagine que tu dois étouffer à ne rien faire.
— Pourquoi tu insistes ?
— Parce que... parce que tu as sacrifié ta passion par des remords qui n'auraient jamais dû exister. Tu as arrêté ce métier en croyant que je te le reprochais.
— Si je t'avais écouté à l'époque...
— C'est le passé. Vis comme tu l'entends, Lalla. De ce que je vois, c'est une opportunité pour te relancer sur le marché.
Lalla ne dit rien. Elle semble perdue dans ses pensées.
Une part d'elle a bien envie de retenter l'aventure, mais une autre lui rappelle une réalité angoissante.
— J'ai peur, lâche-t-elle, la voix tremblante.
Subitement attendri, Gary la regarde, et d'une voix réconfortante, il essaie de la rassurer.
— Tout se passera bien. Cette fois, je ne te laisserai pas seule. Si tu veux vraiment le faire, je te soutiendrai. Le domaine est grand, l'équipe pourra se déplacer ici pour faire ce qu'ils ont à faire.
— Je ne veux pas perdre ce bébé...
— On ne le perdra pas. Si jamais tu es OK, voyons le médecin avant que tu acceptes auprès de ton agence. S'il te juge en état, alors tu le feras.
Elle hoche simplement la tête, le remerciant du regard.
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Insoutenable Désir [ CORRIGÉE ]
Romanceaprès 10 ans passés à l'étranger, Terence Byrne revient à Londres passer une année sabbatique dans la maison familiale où vie à présent Gary Byrne son frère aîné et son épouse Lalla. toujours entre deux avions Gary accorde peu d'attention à son épou...
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