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Ce matin, lorsque Terence sort de sa salle de sport, il se dirige directement vers la douche.
Puis, ensuite, il part faire son petit-déjeuner en restant en boxer ; quand il est seul, il aime bien se trimbaler ainsi dans son salon.
La porte de son appartement s'ouvre, après qu'il ait entendu quelqu'un y entrer le code. Et ce quelqu'un n'est nul autre qu'Aïdan, qui rentre chez lui comme bon lui semble désormais.

— Bonjour ! Je te prépare un café ? — Demande Terence en étant de dos.

— Oui, s'il te plaît ! Pour notre invitée matinale aussi ! — Répond Aïdan dans son dos.

— Invitée ? — Dit Terence en se tournant enfin vers son ami, quand il croise le regard rouge poivre de Lena.

Il lui sourit aimablement, oubliant qu'il est en boxer.

— Trois cafés dans ce cas ! Comment ça va Lena ?

— Euh... bien...

— Que faites-vous ici tous les deux ? — Demande-t-il en s'occupant à faire le café.

— Terence, va te vêtir correctement ! Parler en sous-vêtements sans gêne, devant une demoiselle, faut pas abuser non plus ! — Dit Aïdan, légèrement amusé.

— Oh merde ! Je suis désolé ! — S'excuse-t-il en se rendant enfin compte de son état, il file directement dans la chambre.

Lorsqu'il revient mieux vêtu, les cafés sont déjà posés sur la table, pendant qu'Aïdan s'occupe à faire les œufs.

— Désolé pour ce spectacle, si ce con avait prévenu de ton arrivée, j'aurais été présentable !

— Désolée, j'ai cru qu'il t'avait prévenu ! Si j'avais su, je ne serais pas montée ! — Dit Lena en regardant Aïdan, qui s'en fiche royalement.

— Oh, mais ce n'est pas de ta faute ! Sinon, que faites-vous ici ?

— Eh bien, on revient d'un voyage à peine ! J'ai donc proposé qu'on passe déjeuner chez toi, finalement je me retrouve aux fourneaux ! — Se plaint Aïdan comme s'il avait raison.

— Tu avais dit que tu avais prévenu Terence ! — Dit Lena, encore gênée.

En vrai, Aïdan a fait exprès. Il savait qu'il aurait trouvé Terence à coup sûr moitié à poil dans l'appartement.
Il compte bousculer un peu le destin et faire en sorte que Terence voie en Lena une femme, et qu'il puisse enfin oublier celle qui ne lui appartient pas.

\[■■■]

— Monsieur, vous avez de la visite !

— Qui est-ce ?

— Mademoiselle Isabelle !

— Isabelle Wood ?

— Oui monsieur !

— Conduisez-la dans le jardin !

— Tout de suite !

Gary termine rapidement ce qu'il était en train de faire, avant de fermer l'ordinateur et de sortir du bureau.

— Isabelle ? Quelle surprise ! — Dit-il en venant la saluer courtoisement.

— Bonsoir Gary ! — Sourit-elle jovialement.

— Tu reviens de quelque part ? — Demande-t-il en détaillant sa tenue soigneusement composée. Elle sourit et fait non de la tête.

— Je viens directement de la maison ! — Dit-elle naturellement en se rapprochant plus près de lui. Dans son mouvement, Gary peut voir la poitrine comprimée dans la robe rouge qui lui colle à la peau bouger comme pour montrer qu'elles sont aussi fluides qu'un ballon rempli d'eau.

— Oh... et qu'est-ce qui t'emmène ? — Demande-t-il en faisant un pas en arrière, voyant dans le jeu séducteur d'Isabelle qu'elle a toujours voulu se retrouver dans son lit, même à l'époque où il était en couple avec Lynne.

— Une visite de courtoisie ! J'ai appris pour ton divorce ! Et je me suis dit que tu aurais besoin de compagnie ! — Dit-elle en jouant clairement de ses charmes. Gary lui offre un autre sourire courtois.

— C'est vraiment prévenant, mais je vais bien ! Merci d'être passée !

— Quand tu auras besoin, n'hésite pas à me contacter ! Je serai ravie de réconforter un ami !

— Je n'en doute pas !

— Je vais y aller alors ! Au revoir Gary ! — Dit-elle en venant lui faire la bise. D'un geste calculé, elle laisse le baiser s'écraser sur le coin des lèvres de Gary.

— Merci d'être passée !

— Et surtout ne reviens plus ! — C'était Lynne, elle avance rapidement vers Gary, l'attire vers elle en toisant Isabelle du regard.

— Lynne ? Que fais-tu ici ? — Demande Gary. Elle a la fâcheuse habitude de passer chez lui sans prévenir.

— J'ai bien le droit de rendre visite à mon petit copain, non ? — Dit-elle sans lâcher Isabelle du regard.

Elle détaille le look de femme fatale porté par Isabelle. Elle devine largement qu'elle est venue faire du rentre-dedans à Gary, et cette idée ne plaît pas du tout à Lynne.

— Je te prie de ne plus venir voir mon petit ami dans cette tenue vulgaire !

— Lynne arrête ! — Dit calmement Gary, voyant les embrouilles venir à des kilomètres.

— Gary, je rentre ! N'oublie pas, appelle-moi quand tu veux ! — Dit Isabelle en ignorant la présence de Lynne, elle tourne les talons, les laissant seuls.

— C'était quoi ça ? Ne porte pas de fausses rumeurs s'il te plaît, Lynne !

— Je vais me gêner ! Je ne laisserai pas cette chienne en chaleur te rôder autour !

— Crois-moi, j'ai besoin de tranquillité ! Ne me fais plus le coup de la jalouse !

— Je ne laisserai aucune femme te tourner autour ! Je ne te laisserai pas non plus coucher avec une autre que moi !

— Je ne suis pas un homme à femmes et tu le sais ! Mais de grâce, ne raconte plus que je suis ton petit ami, ce n'est pas le cas !

— Ça te dérange tant que ça ? — Demande-t-elle sans cacher sa déception. Il souffle, se sentant automatiquement mal.

— Bon d'accord, si ça peut permettre de tenir les autres à carreaux, présente-moi comme tel ! — Dit-il avant de tourner les talons.

\[■■■]

Dans la soirée, une domestique frappe à la porte de Gary pour lui annoncer qu'une chambre a été aménagée comme il le désirait.

— Merci ! Annoncez aux autres que Lalla reviendra à la maison, et qu'ils devront s'assurer qu'elle ne manque de rien !

— Oh monsieur ! J'étais certaine que vous vous réconcilieriez, vous semblez tellement triste sans elle ! — Gary regarde la femme âgée toute excitée lui déblatérer des inepties. Il souffle et, d'un ton glacial, il met les choses au clair.

— Elle attend mon enfant, elle séjournera donc ici jusqu'à ce qu'elle accouche de mon enfant, ensuite elle retournera d'où elle vient. N'allez pas vous faire des films de telenovelas, vous et les autres !

— Oh... je me retire !

Gary ne dit rien et la regarde s'éclipser comme une voleuse.
Il souffle pour la énième fois, se préparant à l'idée qu'il devra vivre à nouveau avec Lalla.

Insoutenable Désir  [ CORRIGÉE ]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant