Chapitre 4

21 1 0
                                        

Le temps passa dans le manoir, la situation s'améliorait entre moi et le professeur.
Un jour alors qu'il était dans la salle interdite, je m'y risquai d'y entrer. Je réfléchis un instant et j'ouvris la porte en abaissant la clanche. La salle était inondé de lumière et je pouvais à peine distinguer la silhouette du professeur.

-Professeur, dit-elle d'une voix tremblante.
-Que veux tu Rose, tu as besoin de quelque chose ?
-Puis-je vous poser une, voir plusieurs questions ?
-Bien sur.
-Pourquoi avoir eu pitié de moi et pourquoi m'avoir sorti du placard ?
-Je ne suis pas un démon tout de même.
-Heu
-Tu le penses vraiment...
-Je peux passer à ma prochaine question ?
Il hocha la tête et je repris.
-Quel âge avez-vous ?
-Rose, voyons ce n'est pas très poli.
-Mais professeur...
Je soupirai de par sa réponse.
-J'ai 20 ans.
-Si jeune, on ne dirait pas.
Merci, dis je en faisant un sourire.
-Tu me donnes quel âge ?
-30 ans.
-Pardon!?
-Bon ne vous fâché pas, j'ai une dernière question.
-Va y on en est plus à ça près...
-Qu'est-ce que je fais ici, que se passe t'il ?
Il baissa la tête, laissant échapper un soupir de désespoir. Il n'allait sûrement pas lui répondre.
-Écoute jeune fille, cette histoire ne te concerne pas. Tout ce que je peux te dire c'est que tu es un joyau.
-Un joyau ? En quoi suis-je importante ?
-Stop, ça suffit ! Tu arrêtes de poser des questions maintenant !

À ces mots, je retournai vers la porte, pensant que je ne pourrai plus échanger avec lui pour le moment. Il était vraiment lunatique... Subitement, j'entendis tousser, je me retournais et je vis le professeur appuyer sur sa table, un filet de sang entre les mains. J'étais terrifiée. Je courus alors jusqu'au salon pour ne pas penser à ce qui venait de se produire.

Rose, pensait le professeur... Il semblait perplexe. C'était sûrement le fait qu'elle l'ait vu ainsi. Ray était malade, depuis, quelques temps déjà. Il le cachait bien mais son air fatigué, son état tendu le trahissait. C'était pour cela qu'il voulait la rose. Il voulait guérir. Elle avait un pouvoir bénéfique pour cette maladie.  Cependant, il lui était impossible d'en parler à une jeune fille de 16 ans. Il préfèrerait sûrement tenir et ne pas l'inquiéter.

La rose était son seul moyen.

Pourtant, un autre problème allait se rajouter et le professeur devrait encore attendre... Un problème se tramait et il n'en était pour le moment pas au courant. À cet instant, il pensait à sa maladie, à Rose qui contenait la rose... Tout était compliqué.

Il reprit un peu d'oxygène et se rendit dans le salon. Il trouva Rose sur les genoux de Neasy qui gardait pour le moment sa forme humaine. Rose avait les yeux gonflés et les poings serrés. Lorsqu'elle aperçu le professeur, elle détourna la tête. 16 ans mais aussi fragile qu'une enfant. Cela devait être l'adolescence. Le professeur s'assit au côté de Neasy et regarda le corps frêle de la jeune fille. Il hésita puis pausa sa main sur son épaule. Elle le dévisagea puis se releva. Face à lui elle le regardait avec insistance.
Neasy le regardait aussi les yeux inquiets.
Elle prit finalement la parole:
-Tu nous expliques.

Le professeur encore une fois, était confronté à cette question. Il détestait les questions car il devait y répondre. Il n'aimait tout simplement pas parler aux autres.

-Je ne peux rien expliquer. Pas tant que Rose est là.
-Cela te pose un problème, ma présence.
-Oui, Rose. Va t'en.
-Ray!
-Et toi je t'ai dit de ne plus m'appeler ainsi. C'est professeur ou professeur Hijan!
-Elle a le droit de savoir tout comme moi.
-Non! Je ne dirais rien tant qu'elle sera ici. Qu'elle parte.
-Ça suffit tu vas nous le dire oui !?
-Il n'y a pas à discuter. Je m'en vais.

Puis le professeur se leva du canapé et se dirigea vers l'entrée. Il prit son manteau, ouvrit la porte et disparut dans la pénombre de la nuit. Tandis que Neasy accourut le plus vite possible derrière lui. Il était déjà parti. Elle revint alors dépitée.

-Ça va, demanda Rose.
-Oui..., murmura-t-elle dans un soupir.

Elle se dirigea ensuite vers sa chambre. La soirée allait être tendue.

La rose et le professeurOù les histoires vivent. Découvrez maintenant