Chapitre 14

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Le froid glaçait leurs organes mais aussi l'atmosphère. Aucun mot, aucun geste, aucune parole, rien, n'avait était prononcé depuis leur départ. Pourtant, eux qui partageaient les mêmes craintes, pourquoi ne se confiaient-ils pas ?
C'était la question que se posait Neasy.

-Professeur ?
-Oui...
-Arrêtons nous un instant.
-Pourquoi ? Veux tu me dire quelque chose d'important ?
-Sûrement..., dit elle en baissant les yeux. Assis toi s'il te plaît.
-D'accord.
-À quoi penses tu ? Pourquoi es tu si renfermé ? Pourquoi tu ne me dis rien ?
-Calme toi Neasy, respire.
-Non! Je ne respirai pas. Je veux savoir !
-D'abord, je pense à Rose comme toi et je ne suis pas renfermé, je réfléchis.
-Quelle belle excuse !, dit-elle en s'exclamant. Et donc, tu vas me dire que tu n'es pas renfermé, que tu ne t'isoles pas!?

Le professeur baissa les yeux. Neasy venait de dire quelque chose de vrai et ce n'était pas la première fois qu'elle avait raison.
Devant l'expression inquiète de Neasy, il ne pouvait réagir, il était comme pétrifié.
On aurait dit un petit enfant. Il déglutit puis répondit:
-Je sais... Mais c'est comme ça.
-Comment ça ! dit elle avec agacement. Tu crois que tu ne changeras pas ! Mais quel idiot, soupira t'elle.
-Je suis idiot ça te va. Non je ne suis pas parfait parce que je suis moi avec mes défauts que tu le veuilles ou non! Je ne changerai pas pour faire plaisir ni pour te faire plaisir à toi !...tu ne peux pas dire que j'ai tort cette fois. Je ne t'aime pas et c'est tout.
Neasy se ravisa, elle venait d'être blessée et voulait qu'il la laisse seule, pourtant, ce n'était pas possible. Ils ne devaient en aucun cas se séparer sous peine d'être attaqués par les démons qui vivaient dans les environs.
De son côté, Ray en avait marre. L'amour que lui portait Neasy était de trop, il devenait invivable. À chaque fois, il devait lui faire plaisir, répondre à ses attentes mais il n'avait pas le droit d'en placer une. Il espérait qu'un jour elle comprendrait. Il devait en même temps penser à ses propres sentiments et penser à ceux de Neasy, qui, elle, était trop exigeante à son égard.
Cependant, il ne pouvait pas encore agir, ils devaient retrouver Rose coûte que coûte ou sinon, il serait trop tard...

Ils continuèrent donc à marcher dans un silence total qui pesait lourd sur les réflexions de chacun sur l'autre.
Le sentiment le plus visible était l'anxiété qui transparaissait sur le visage de la femme mi-oiseau.

Le froid dehors contrastait avec la chaleur des sous sols. Dans la vaste salle principale taillée dans de la pierre solide, on entendait raisonner le discours du chef des démons. Il arborait une tenue sobre reflétant à la perfection son extrême droiture. Il vociférait des mots incompréhensible exprimant la fierté de son acte.
-En ce jour solonel, moi le chef des démons, j'ai réussi la tâche confiée à mes ancêtres avant moi. J'ai capturé la rose et bientôt nous pourrons régner sur Terre. Nous serons les seuls chefs de ce nouveau monde !
Une clameur d'applaudissements retentit dans la salle. Toute cette agitation résonnée dans les nombreux tunnels dont un menant à la prison de Rose.
Elle était toujours attachée au mur de pierre pénant à rester debout. Ses poignés étaient irrités par le frottement contre le métal, ses pieds usés par le sol et son corps endoloris ne la supportait plus.
Chaque jour, le démon venait dans la prison et essayait de lui soutirer des informations par tous les moyens possibles...
Elle se retrouvait ensanglanté, des larmes ruisselant sur son visage. Ce n'était plus, là, une beauté mais une laideur avancée par les nombreux coups et les croûtes de sang séchées.
Ce n'était pas joli à voir.

Une fois le discours finit, le démon s'empressa vers la prison où se tenait la pauvre jeune fille souffrante. Il ouvrit la porte de pierre ayant la forme d'un énorme caillou puis dévisagea comme chaque fois la jeune fille.
De temps à autre, il amenait de la nourriture et la faisait manger. Ce soir ce n'était que lui. Pas de fouet, pas de nourriture et autres objets de tortures pour lui soutirer des informations.

Rose déglutit sentant sa gorge se serrer. Plusieurs jours avaient passés et elle savait qu'il ne venait qu'une fois par jour. Aujourd'hui, c'était la troisième fois.

Il s'assit alors à terre puis d'un sourire resplendissant, il claqua dans ses doigts.
Les chaînes de Rose se défirent et en un instant, elle tomba sur le sol dur et chaud.
Elle se releva ensuite avec difficulté, les yeux baissés vers le sol. Ce n'était plus la fille affirmant ses choix, c'était quelqu'un de timide qui se plaçait en face du démon.

-Bonsoir Rose, dit il heureux.
-Bonsoir...
-Tu ne veux pas entendre ce que j'ai à te dire ?
-Non...
-Quel dommage, moi qui pensais pouvoir discuter avec toi.

Rose se tu.

La rose et le professeurOù les histoires vivent. Découvrez maintenant