La nuit était tombée depuis un moment déjà, pourtant, je n’avais pas peur ce soir-là. Il ne pleuvait pas, il n’y avait pas de vent, pas de nuages, juste un temps calme, ce qui reflétait parfaitement mon état d’esprit. Je rigolai doucement face à ce constat. Cela faisait si longtemps qu'une fois le soleil couché, je ne tombais pas dans mes souvenirs. Mon esprit était vide, je ne pensais à rien.
Une voiture passa sur la route devant moi, brisant le calme et le silence qui s’étaient imposés. Étant donné l’heure, ce devait surement être un fêtard qui rentrait chez lui, ou peut être un jeune qui venait de fuir son coup d’un soir. C’était si délectant de s’imaginer la vie des autres. Dans ces cas, on prenait un point de vue omniscient, on dérobait la place de Dieu pour l’utiliser comme un démon.
J’avais à faire, mais je n’étais pas pressée. De toute façon, à quoi bon ? J’avais toute une vie devant moi. Je soufflais la fumée qui s’était infiltrée dans mes poumons et laissait la nicotine me calmer un peu plus. Mes jambes étendues devant moi ne demandait qu’à courir, me défouler, mais mon esprit me persuadait de rester assise, ici, sur ce toit d’immeuble, le dos contre cette paroi froide.
Je sortis l’objet qui pesait dans la poche de mon pantalon noir, et le rapprochait de mes yeux pou l’examiner. Un MAB PA 15. Pas n’importe lequel. Cette arme à feu avait été gravée par mes propres mains quelques moi plus tôt. Une rose aux pétales noires. Cette fleur semblait juste jeune, comme si elle venait de naître. Pourtant ses pétales n’étaient pas de ce rouge éclatant, mais d’un noir profond. C’était comme si elle était déjà morte avant même d’avoir pu vieillir. Je passai mon pouce sur le dessin en souriant.
Après avoir soufflé une dernière bouffée de cette drogue, je l’écrasai sur le béton froid et me relevai. Je m’approchai du bord et admirai la ville devant moi. De ce point, je pouvais sentir le sel de la mer que l’on pouvait apercevoir un peu plus loin.
Le Grau Du Roi, après tout, je me retrouvais encore dans cette ville. C’était mon point de départ et mon point d’arrivée, et mon circuit n’était qu’un cercle, ainsi, je revenais toujours au même endroit. C’était le principe d’un cercle vicieux.
J’étais seule, pourtant je ne souffrais pas de solitude. Cela faisait quelques mois que je m’étais habituée au silence et à ma propre et seule compagnie.
Je m’assis sur le bord, laissant mes jambes tomber dans le vide. Un corbeau se posa à côté de moi.
Même le symbole de la mort avait pitié de moi et venait me tenir compagnie, n’était ce pas ironique.
Ne les cherchez pas, chers lecteurs et lectrices. Maud, Maëlle, Leïca ou même toutes les autres ne viendront pas. Tout était fini. Chacune avait pris un chemin différent. Aucune d’elles n’allait venir me coller alors que je n’aimais pas les contacts physiques. Aucune d’elles n’allait faire une blague douteuse qui me faisait me plier de rire. Aucune d’elle n’allait me dire de ne pas rester seule. Elles étaient parties. Où ? Je n’en avais aucune idée.
Alors je restai là, seule, veillant sur la ville de mon enfance. Je cherchais. Katell m’avait dit que tout était relié au passé. Alors je cherchais dans le passé.
Attendez. Vous ne pensez tout de même pas que cela va se finir de cette façon? Laissez-moi rire ! N’avez-vous rien retenu ?
Tout ne venait que de commencer. Mais pour comprendre le futur, il fallait revenir aux origines.
Infinity n’était pas morte. Après tout…
“Rien n’est plus puissant que l’infini”
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Infinity
AcciónAgissant la nuit comme le jour, elles sont impartiales. 10, c'est le nombre qu'elles sont, et jamais elles ne se sont séparées. Elles forment la tête de la mafia Infinity, et depuis leur formation, de nombreuses têtes sont tombées. Mais comment se...
