Chapitre 12

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MERCI

J'étais descendu lui en parler. Ash était là, assis à une table, toujours avec son livre de la bibliothèque et ses fines lunettes dorées. Il me vit et ferma son livre.

« Vous avez été plus silencieux que je ne l'aurais cru. Je te pensais plus performant, dit-il avec un air faussement déçu.
_ J'y ai été doucement, c'était sa première fois.
_ Oh je vois, dit-il en souriant.
_ L'attrape-cœur hein ? dis-je en montrant son livre. Je l'ai presque fini. J'aime la façon dont Holden voit le monde, bien que je trouve qu'il se prend souvent la tête pour rien. Il devrait parfois prendre du recul et juste vivre, ça lui ferait du bien. » déclarais-je.

Son livre était parfaitement entretenu. Son édition avait dû lui coûter cher et il était clair qu'il en prenait grand soin. Même le marque page était soigné, une longue tresse dorée sortait du livre pour indiquer au lecteur où il en était. En bref il était l'opposé exact du mien. C'était l'édition la moins chère, la première que j'avais vu dans la librairie. La couverture était cabossée, la tranche pliée, les feuilles gondolées et les coins cornés. De plus, mon marque page n'était autre que la page des remerciements déchirée puis pliée en deux. C'est ce que je faisais pour tous mes livres ayant des remerciements ou une petite biographie, certes inutile, de l'auteur ou encore des pages blanches. Je détestais les pages blanches en fin de livre, quelle perte de temps, c'est d'ailleurs pour ça que j'en faisais des marques pages. Eiji avait pour habitude de qualifier mes livres de ''cadavres''.

« Il pense beaucoup et ça le préoccupe, m'expliqua Ash. Ne le juge pas pour si peu. C'est la quatrième fois que je le lis et il m'inspire. Il est immature, pessimiste et désagréable, pas étonnant que tu ne l'apprécies pas.
_ Tu viens de me décrire à la perfection, tu en as conscience au moins ? fis-je remarquer.
_ Qui de mieux que sois même pour se mépriser ?
_ J'apprécie les gens qui ne me ressemblent pas, tout autant que ceux qui pensent comme moi. Regarde Shorter et Jin. »

Bien que ses dents aient grincées à la prononciation de son nom, il ajouta, toujours, en souriant : « C'est vrai, excuse-moi je t'ai jugé à tort. »

Il était extrêmement conciliant aujourd'hui. Était-il défoncé ? Je le voyais mal se droguer après ce qui était arrivé à son frère mais ne sait-on jamais.

« Je voulais te demander...
_ Ash ! On a besoin de toi. » il fut appelé par un homme d'une trentaine d'années.

Ce connard avait le sens du timing. Ash enleva ses lunettes, les posa sur son livre et me tendit le tout.

« Je dois y aller mais on en reparle ce soir. Pose ces affaires dans ma chambre pour moi s'il te plaît. » me demanda Ash avec un sourire forcé.

Je pris ses affaires et montai dans sa chambre les y poser. Elle était ouverte, surprenant venant d'un chef de gang. Elle était exactement comme la mienne sauf que lui avait plus d'affaires, pas de poils de chat et une table de chevet en chaîne.

Le soir, je descendis prendre un jus de fruit au bar - je me mis au défi de ne jamais connaître le nom du barman - et vis Ash, assis au bar avec le même homme que ce matin. Ils discutaient en sirotant un verre d'alcool fort. Je pourrais parier que leur affaire ne tournait pas autour d'une affaire de gang. Je n'approfondirais pas d'avantage mes soupçons, je vous pense suffisamment intelligent pour comprendre par vous-même.

Je n'allais pas le déranger pour si peu et me contentai de prendre mon jus en le saluant au passage. Je remontai donc dans ma chambre afin de passer ma première vraie nuit de sommeil depuis maintenant trois jours.

J'entendis du bruit venir du couloir, ou plus exactement, un gros bordel incessant. "Est-ce donc trop demandé de pouvoir dormir en paix ? Même Dino et Marvin me laissaient roupiller tranquille serio ! Faut que je fasse un sacrifice d'enfant pour avoir le silence pendant 5 petites minutes ? 5 minutes de bonheur. C'est tout ce que demande - enfin, ça et du Xanax. Après ça, je jure d'être respectueux, humble, patient et agréable avec autrui jusqu'à ma mort... Enfin, uniquement si je meurs dans mon sommeil, on s'entend." confiai-je mentalement à Dieu. Après ça, "lequel?" allez savoir.

Cats Street [mxm]Des histoires addictives. Découvrez maintenant