LA DÉMONSTRATION
Il faisait sombre et j'étais trempé. On venait de me jeter un seau d'eau froide - glacée - au visage pour me réveiller. Etant sur le dos, de l'eau était entré dans mon nez et je suffoquais à présent. Pas le pire des réveilles mais honnêtement, pas le meilleur. Bien que tout tournait autour de moi, l'eau glacée avait marché à la perfection. Mes yeux voyaient trouble et quelqu'un jouait du tambour dans ma tête. Rien de bien nouveau en soit. Je n'étais plus dans la cellule mais dans une sorte de cellier vide et plongé dans le noir. Deux gigantesques portes en bois se trouvait devant moi, un homme armé entre nous (probablement el idiota qui venait de me faire boire la tasse). Je pouvais tout entendre de ce qui se passait de l'autre côté.
Des bruits de chaînes, des murmures, ceux qu'on entend dans une foule, et surtout des cris - des hurlements. C'était ceux de Shorter. Je les connaissais par cœur, voyez-vous cet imbécile heureux adorait crier à tout va et j'avais donc appris à reconnaître le son de sa voix quand celle ci était poussé aux limites de l'audible. Mais ces hurlement-là étaient différents, ils n'avaient rien d'humain, on aurait dit ceux d'un animal en cage près à sauter sur ses braconniers. Plus tôt, je voulais savoir s'il était vivant, à présent j'aurais préféré ne jamais savoir. D'autres cris retentirent. Ash. Mon Dieu Ash, ses cris étaient les siens. Des cris d'une infinie souffrance, comme si on était en train de le découper avec un couteau à beurre.
« Impressionnant n'est-ce pas? demanda un homme amusé par la situation. Ne voyez-vous pas la haine dans ses yeux ? La force et la vivacité de cette nouvelle arme ? Moi je la vois ! Et ce que je verrais bientôt... Ce que nous verrons bientôt ! C'est une armée d'hommes comme lui, prête à se battre jusqu'à la mort et à arracher la gorge des Irakiens avec les dents s'il le faut ! »
L'homme de l'autre côté s'exprimait comme un présentateur télé. Ceux qui dirigent les émissions stupides où y prônaient enchères onéreuses, problèmes de couple, adulaires et/ou inceste. Je devinais la foule hystérique approuvant cette invention avec enthousiasme. Des applaudissements retentirent et le présentateur se mit à rire.
« Du calme, du calme. Ceci n'était que l'entrée, le plat principal attend derrière cette porte ! Un jeune homme fort et vif, que certains d'entre vous connaissaient sûrement va affronter notre nouvelle arme. Un ami à lui, son meilleur ami de ce qu'on m'a dit ! Et celui-ci n'aura aucune peine à l'éventrer puis le saigner comme un misérable porc ! » avait-il hurlé.
Les portes s'ouvrirent et l'homme derrière moi me poussa avec le canon de son arme. La lumière me brûlait la rétine mais je parvenais tout de même à distinguer certaines choses. Nous étions dans une sorte d'arène en béton. À ma gauche se trouvait une estrade mais je n'arrivais pas à voir avec exactitude qui y était. Et surtout il y avait Ash, suspendu en étoile par des chaînes qui lui liaient poignets et chevilles. Son visage était amoché et son t-shirt déchiré laisser apparaitre un corps nu qui avait été mordu et griffé jusqu'au sang. Cette image obscène laisser croire que le spectacle durait depuis un moment déjà et que l'homme au micro était encore plus dérangé que Golzin. Shorter se trouvait devant lui en blouse d'hôpital tachée de sang, l'allure d'un fou. Ce n'était plus mon meilleur ami : on lui avait injecté le Banana Fish. Il me regardait avec effroi, comme si j'étais la chose la plus effrayante qu'il n'avait jamais vue. Une chose. Oui, à ce niveau-là, plus aucun de nous n'étions même plus humain.
En un bruit métallique, un couteau à cran d'arrêt vint se planter dans le sol terreux devant Shorter. Celui-ci le prit sans me lâcher du regard pour autant.
« Attaque ! lui ordonna le présentateur.
- Non pas lui ! » hurla Ash
Mais il était déjà trop tard. Shorter ne se fit pas prier et se jeta sur moi en beuglant. Ses pupilles étaient entièrement dilatées et des poches violettes avaient pris forme sous ses yeux. Étant à moitié fou, ses attaques étaient faciles à parer. Il donner de grands coups dans le vide. Par dépit je lui hurlais d'arrêter mais rien de notable ne se passait. Il continuait, de plus en plus violent, de plus en plus près. Il fallait que je le tu, ou bien ce serait moi qu'il tuerait. Il venait de se jeter sur moi, de justesse je l'esquivais mais son couteau m'éccorcha profondément l'épaule, ce qui me donna une idée. Je lui donnai un coup de pied dans les jambes qui le fit tomber au sol, le mis sur le ventre et lui montais dessus.
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Cats Street [mxm]
RomanceDeux ans seulement après avoir échappé au cartel de son père, Raphaël se fait de nouveau embarquer dans de sombres affaires impliquant gangs, mafia et Ash, le plus jeune chef de gang que New York ait connu mais également le plus impétueux. Une...
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