Chapitre 8

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Après avoir emprunté des chemins de forêt et avoir grimpé quelques routes montagneuses, la voiture s'arrêta devant un petit chalet fait de vieux bois.

Elle se dit était qu'il avait l'air mieux isolé que l'ancien abri.

Même si les lieux ressemblaient à un film d'horreur, au moins ils ne dormiraient pas dehors.

Il sortait de la voiture, et elle prit les sacs de courses à la main pour le suivre. Il sortait de son sac à dos une pince coupante et ôta les chaînes qui ornaient la porte avant de donner un coup d'épaule pour l'ouvrir.

Elle entrait la première pendant qu'il allait activer le générateur à la cave.

Elle l'attendait, les sacs à la main, au milieu d'une pièce. Malgré la faible luminosité, elle semblait se trouver dans un salon, devinant les contours d'un canapé.

C'est quand les ampoules se mirent à clignoter puis s'adoucirent qu'elle remarquât une pièce vétuste. C'était un petit salon donnant sur une cuisine ouverte. Le peu de décoration qu'il y avait était vieille, ça lui rappelait la cabane de chasseur de son grand-père. Le parquet et les tapis poussiéreux semblaient dater d'un autre temps. La cuisine ne comportait que quelques placards qu'elle devinait vides, une cuisinière à gaz et un évier.

Elle remarquait deux autres pièces, une était ouverte et donnait sur une petite cabine de douche et un miroir encrassé. Sans doute que l'autre porte donnait sur une chambre.

— C'est là que vous habitez ?

Elle observait les plafonds faits de bois, une bonne partie avait succombé aux thermites.

— Non, c'était la cabane de mon père.

Elle ne s'attendait pas à une réponse, elle avait pris l'habitude de ne pas en attendre. Comme si elle se parlait à elle-même.

Elle déposa les sacs sur la table en chêne qui faisait office de séparation entre le salon et la cuisine quand il lui demanda de la suivre d'un signe de tête. Elle le suivit jusqu'à la porte fermée, qui une fois ouverte se trouvait être une petite pièce, un grand lit, une table de chevet et une armoire, c'est tout ce qu'il y avait.

Une fenêtre se tenait près du lit, elle s'en approchait pour regarder les paysages enneigés se disant que remis au gout du jour, ce chalet pourrait presque être cosy.

— Tu dormiras ici.

Adossé contre l'embrasure de la porte, il la regardait s'acclimater à sa nouvelle chambre avant de la laisser et prendre place sur le canapé poussiéreux pour allumer la télévision. Elle aussi semblait appartenir à un autre temps, elle était carrée et l'image tressautait quelques fois mais c'était toujours mieux que rien.

Il changeait les différentes chaines, cherchant si la disparition de la jeune femme avait été déclarée.

Mais rien. Personne n'en parlait.

Il se disait qu'elle avait dû tomber de haut en apprenant que son père n'avait pas payé la rançon. Même s'ils avaient l'air d'avoir des rapports compliqués, il ne comprenait pas qu'on puisse en venir à ce stade. Et il ne comprenait pas non plus pourquoi il ne l'avait pas laissé s'enfuir, plutôt que de se terrer là, dans cette cabane minable.

Il n'aurait pas pu la tuer, ni la donner à celui qui voulait lui ôter la vie. Elle n'avait rien fait, avait une vie droite et stable, n'avait jamais fait de mal. Lui ne tuait que par nécessité, que pour faire justice. Pas les innocents.

Et même s'il avait tué l'homme à lunettes pour la laisser s'enfuir, il aurait dû se cacher ici quelque temps.

Il se relevait et allait dans la cave en empruntant une trappe près de l'entrée avant de revenir avec du bois. Il n'était pas venu ici depuis longtemps mais la cheminée n'avait pas dû s'encrasser avec le temps. Et il faisait froid entre ces murs, il n'avait plus que son t-shirt sur lui.

DISPARUE [Toji Fushiguro X OC]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant