Chapitre 13

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Il ouvrit les yeux quand il entendit du bruit venant de la chambre de la brune. Il se levait sans prendre son arme, elle devait rêver, comme toutes les nuits depuis ces derniers jours.

Il frottait ses yeux encore endormis et prenait le chemin de la chambre.

En ouvrant la porte, elle gémissait dans son sommeil.

La lumière était pourtant allumée.

Après qu'il ait ramoné les conduits de la cheminée, elle desservait le salon et la chambre alors elle dormait dans un de ces t-shirts, laissant apparaître les ecchymoses sur ses bras.

Il n'avait pas oublié ce que le junkie lui avait fait, loin de là, qu'on ait pu toucher à un de ses cheveux l'énervait plus qu'il ne pouvait le concevoir.

Il avait déjà eu pour mission d'abattre des hommes violents. Il connaissait ses pourritures et ne lésait pas sur ses outils de torture. Mais qu'elle ait dû endurer ça, ça le rendait fou.

Son visage crispé, elle sanglotait dans ses draps pendant qu'il s'asseyait sur le bord de son lit. Il ne savait pas comment la sortir de son cauchemar sans l'effrayer.

— Eh.

Il posa sa paume sur son épaule et dans un geste qui se voulait doux, tenta de la réveiller.

Les yeux embués, elle les relevait vers lui. Elle ne s'était toujours pas habituée à le voir sans masque, redécouvrant son visage à chaque fois.

Elle fronça les sourcils avant de se souvenir de son cauchemar et elle reposait sa tête contre l'oreiller en soufflant, et de sa voix endormie, s'excusa de l'avoir réveillé.

Il savait de quoi elle rêvait.

Il remit la couverture sur ses épaules et se relevait.

— Reste.

Il s'arrêta près de la porte.

Elle voulait qu'il reste, la lumière ne lui suffisait plus. Malgré les mois qui étaient passés, les marques n'étaient pas parties tant la pression que son ex petit-ami avait exercée était forte. Et ses blessures morales se rouvraient constamment.

A chaque fois qu'elle fermait les yeux, elle se retrouvait projetée à cet instant. A leur rencontre, elle l'avait pourtant trouvé mignon et adorable. Ils s'étaient rencontrés à la librairie, il était venu chercher une BD et après quelques échanges, elle avait accepté de le voir dans un café.

Tout était allé très vite, elle n'avait jamais eu vraiment de petit ami, elle ne savait pas comment se déroulait une relation.

Elle était très solitaire et timide, elle savait qu'elle plaisait mais elle n'osait jamais se lancer.

Il avait emménagé chez elle rapidement, et après quelques semaines il s'était montré agressif quand elle refusait de coucher avec lui, ou quand elle lui disait qu'elle ne pouvait pas lui prêter de l'argent.

Mais aveuglée parce qu'elle pensait être de l'amour, elle ne trouvait pas la situation malsaine. Il avait fini par l'embrigader dans une dépendance affective. Il partait des jours sans donner de nouvelles et elle l'attendait, remettant la faute sur elle, sur le fait qu'elle n'ait pas bien fait à manger ou le ménage.

Elle en avait honte quand elle y repensait, mais il avait su choisir sa proie. Elle était isolée, pour seule amie la patronne de la librairie où elle travaillait, son père ne lui adressait déjà plus la parole. Personne n'avait vu son mal-être.

Et un soir où prise dans ses pensées dans la douche, elle avait fait brûler le gratin qu'elle avait passé une bonne partie de la soirée à cuisiner, il avait vu rouge. Elle n'avait cessé de s'excuser, se disant dans un éclair de lucidité que ce n'était pas si grave que ça.

DISPARUE [Toji Fushiguro X OC]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant