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Point de vue de Cole.

Lorsque je sors du café, une véritable armée de bikers envahit le centre-ville, chaque club exhibant fièrement ses couleurs, écussons et patchs, comme si le bitume était leur territoire. Certains sont tellement fiers de leurs vestes en cuir qu'on pourrait les croire prêts à les vendre pour un prix astronomique, comme des objets de collection. C'est la folie, un défilé de fierté et d'ego sur roues.

Je suis fier d'en faire partie. Peu importe le nombre de fois où j'ai assisté à cet événement, chaque année, il me remplit toujours de cette fierté débordante, ce sentiment d'appartenance. C'est comme une grande parade de "Regardez moi bien, je fais partie de cette famille".

Je m'enfourche sur ma Harley, ajustant mes gants en cuir avec une nonchalance calculée. On attend que le président, en chef de tout ce bordel, ouvre la marche. Juste derrière lui, Ben, le vice-président, lui, est bien en place. C'est la coutume, après tout. Les présidents ouvrent la voie et tout le reste du monde est là pour admirer.

Je m'adapte à l'allure de la procession. L'objectif n'est pas simplement de rouler, mais de faire du bruit. Les gens doivent nous voir, nous entendre, et nous, on doit leur faire comprendre qu'on n'est pas là pour faire de la figuration. Le vrombissement des moteurs est notre signature. Pas de place pour les hésitations.

En passant juste devant le café de Sophie, je ressens ce petit pincement au cœur. Un de ces moments où tu réalises qu'il y a des choses qui t'échappent, des petites déceptions qu'on cache sous une couche d'ego et de fierté. Elle adore cet événement d'habitude, elle y est toujours, dans les coulisses, observant, souvent juste derrière son père. Mais cette année, elle a choisi de rester loin de tout ça.

Les garçons lui font un signe de main, un geste complice, presque fraternel. C'est leurs petites manières, leurs rituels, mais dans ce geste, il y a toute la bienveillance qui se cache derrière, cette famille qu'ils forment, avec ses hauts et ses bas. Elle leur répond par un sourire sincère, un sourire qui n'est pas forcé, qui ne cache rien.

Puis, elle pose son regard sur moi. Ce regard... je crois qu'il a le pouvoir de me faire tout oublier. En cet instant, il n'y a que son regard qui compte, celui qui me dit tout sans un mot. Elle me sourit à son tour, un sourire vrai, sans artifice. C'est un sourire qui me touche bien plus que je ne voudrais l'admettre. Un sourire qui me fait fondre un peu à l'intérieur.

Je lui rends ce sourire, et pour la première fois depuis longtemps, je laisse un peu de chaleur traverser mon regard. Un sourire sincère, comme celui qu'elle m'offre

Une idée me viens en tête.

– Brando ?

Il se retourne vers moi, un sourcil levé, clairement pas sûr de ce qui se passe.

– Hm ?

– Arrête toi deux minutes, j'ai un truc à faire.

– Putain, tu peux pas attendre un peu ? me dit-il, mais je vois déjà le sourire en coin qui se dessine sur ses lèvres. 

Il sait où je veux en venir.

– Je vais chercher Sophie.

– Oh... Il rigole un peu. Vas-y, mec.

Il sait que quand je m'y mets, c'est sérieux. Pas besoin de plus de mots. C'est mon meilleur pote, après tout. On se capte en une seconde.

Brando fait signe aux gars de se poser. Pas besoin d'explications, ils s'arrêtent tous dans un parfait synchronisme, comme si on avait répété ça mille fois. Je fonce en direction de Sophie.

The Devil's Wolf Tome 1Où les histoires vivent. Découvrez maintenant