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Point de vue de Sophie.

Sur le chemin du retour du supermarché, je ressens la chaleur de la main de Cole sur ma cuisse. Il la caresse doucement de son pouce, et moi, instinctivement, je pose ma main sur la sienne. Ce simple geste est comme une ancre dans le tumulte de la journée, un petit moment de répit, juste nous deux. C'est agréable, presque apaisant, de se retrouver dans cette bulle à l'écart de tout, avant de devoir retrouver tout le groupe.

Je ne voulais pas que les autres viennent avec nous. Je savais que mon frère serait dans son coin, comme toujours, et j'avais surtout envie de fuir sa mauvaise humeur. Et puis, entre nous, les autres étaient trop fatigués, et ça ne m'embêtait pas. J'avais juste besoin de ce petit instant tranquille.

Nous avons pris un peu plus de provisions pour les deux jours à venir. Des sandwichs, surtout, pour demain. Le programme du jour suivant ? Pêcher. Super. J'ai jamais aimé ça, mais il faut bien s'adapter. Je me console en me disant que j'emporterai mon livre, et que je pourrai commencer un autre, tout juste acheté. Je vais me perdre dans les pages pour ne pas avoir à prêter attention à la ligne de pêche, qui m'ennuie profondément.

Quand on arrive et qu'on se gare en face du bungalow, des voix élevées attirent notre attention. Des éclats de cris, des tensions. J'échange un regard avec Cole, on n'a pas besoin de mots pour savoir qu'on est tous les deux sur le qui-vive. Un sentiment d'inquiétude grandit dans mon ventre, mais je me tourne vers lui, cherchant un peu de réconfort dans ses yeux. Il me serre la main, me montrant qu'on n'est pas seuls. Qu'importe ce qui se passe, tant qu'on est ensemble.

On se dirige vers l'origine des bruits, tout en essayant de discerner ce qui se trame. Ma main ne quitte pas la sienne, ma tête pleine de questions et d'incertitudes, mais son contact est là, rassurant

– Je te jure que je vais te faire bouffer tes couilles ! hurle Brando, à deux doigts de perdre le contrôle, le regard fixé sur Joé.

En entrant dans le bungalow, la scène est déjà posée : Joé, vautré sur le canapé comme s'il venait de remporter un concours de l'insolence, rit aux éclats. Amber, elle, est assise à côté, l'air partagé entre l'agacement et l'amusement. Et Brando ? Prêt à bondir comme un lion en cage.

– Qu'est-ce qui se passe encore ? demandé-je, déjà fatigué avant même d'avoir eu l'explication.

Tous les regards se tournent vers moi, mais Brando ne me laisse pas le temps d'insister.

– Ce petit con joue avec ma patience depuis tout à l'heure ! crache-t-il, en pointant un doigt accusateur vers Joé.

Je me tourne vers le principal concerné, qui me regarde avec un sourire à mi-chemin entre le défi et l'innocence feinte.

– Joé ? Qu'est-ce que tu as encore fait cette fois ?

– Moi ? Rien ! Absolument rien. Je veux juste savoir combien de temps Brando peut survivre avec un balai aussi profondément coincé dans son cul. Spoiler : pas longtemps, vu sa gueule.

Amber étouffe un rire, mais Brando, lui, souffle comme un taureau furieux, les poings déjà serrés.

– Sale petit con, je vais te... commence-t-il, la mâchoire crispée.

– Faire bouffer les couilles. Sérieusement, Brando ? soupire Amber en levant les yeux au ciel. Ça fait deux heures que tu répètes ça. À ce stade, on pourrait presque en faire une comptine.

Joé renchérit, hilare :

– Brando, version disque rayé. Sérieusement, frérot, si t'as besoin d'un nouveau répertoire d'insultes, je peux t'aider. Gratuitement, parce que je t'aime bien.

The Devil's Wolf Tome 1Où les histoires vivent. Découvrez maintenant