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Point de vue de Sophie.

– LÂCHEZ-MOI ! Je hurle, la colère montant en flèche, comme si c'était ma dernière chance de m'échapper de cette putain de situation.

– Calme toi, Sophie, c'est moi, Cole.

– Bah, c'est la même chose, lâche moi ! Je crache ces mots avec un dédain total, comme si sa simple présence était en train de me consumer.

Il finit par me relâcher, mais je le fixe intensément, mes yeux lançant des éclairs.

– Tu m'as fait flipper, bordel ! Tu ne peux pas me laisser tranquille ? Tu veux vraiment me suivre comme un petit chien à sa maman ? Je fais un pas en arrière, les poings serrés, mais c'est ma bouche qui fait le plus de dégâts.

Il reste muet. Il a décidé de jouer à la statue ? Le putain de muet, c'est ça ? C'est ça qu'il croit ? Il pense que je vais me calmer en voyant sa petite gueule d'ange ?

Putain...

– RÉPONDS MERDE. Je le fixe intensément, mes nerfs à vif, alors que tout en moi brûle de rage.

– Je répondrai quand tu arrêteras de crier ! Sa voix, calme, est comme un coup de poignard dans mon excès de rage.

C'est là que je me rappelle qu'il déteste quand je crie. Il a toujours été comme ça, calme, même quand il était furieux. Une putain de tranquillité qu'il garde à tout prix. Mais moi, non. Moi, je crie, parce que c'est plus fort que moi, parce que ça me bouffe de l'intérieur.

Je prends une grande inspiration, essayant de calmer les tremblements de ma voix, mais ça n'y change rien. Je suis au bord du gouffre.

– Ok. Maintenant, tu peux repartir d'où tu viens, je ne veux pas te voir pour le moment. Je tente de garder mon calme, mais mes mots sortent comme des éclats de verre.

– Sophie... Il fait un pas en avant, mais je recule d'un pas, mes yeux pleins de rage et de tristesse.

Je sens les larmes perler au bord de mes yeux, mais je les retiens de toutes mes forces. Il ne mérite pas que je pleure pour lui, pas maintenant.

– Non. C'est tout ce que je laisse sortir, glacé.

– Je ne partirai pas, je ne te laisserai pas dans cet état. Il insiste, ses yeux remplis de ce mélange de culpabilité et de détermination, mais ça n'atteint pas mon cœur. Je veux qu'on s'explique.

– Et tu vas m'expliquer quoi ? Hein ? Je le fixe, le défiant de me dire quelque chose qui puisse me réconcilier avec ce qu'il a fait. Que ta langue est tombée toute seule dans la bouche de l'autre cruche ? Mes mots sont comme des poignards. Que, après, elle a fini à poil pour que tu la dessines comme dans Titanic ?

Je lève les yeux au ciel, fatiguée.

– Dis-moi, Cole, tu veux m'expliquer comment on fait pour introduire une langue dans une bouche, hein ? Vas-y, je t'en prie. Je le provoque, presque amusée de voir s'il va enfin dire quelque chose qui fasse sens.

Il ferme les yeux un instant, puis répond d'une voix plus calme, mais non moins déterminée.

– Non. Je veux t'expliquer que Stella voulait nous piéger.

– Je sais ce que j'ai vu, merde. Je serre les poings, mes dents serrées.

– Putain ! Quand vas-tu comprendre que Stella voulait que tu vois ce que tu as vu ?

Je souffle, frustrée, les nerfs à vif. Il se trouve là, devant moi, avec ses excuses, mais c'est comme si ses mots passaient à travers moi sans laisser de trace.

The Devil's Wolf Tome 1Où les histoires vivent. Découvrez maintenant