Point de vue de Sophie.
Après avoir franchi le portail, où Willie n'était même pas là aujourd'hui – probablement en train de faire semblant de travailler quelque part – j'ai pris la route jusqu'au centre-ville. Une vraie course contre la montre, mais bon, j'avais une fringale de ouf. J'avais rien mangé depuis hier soir. Pas une idée brillante, mais c'est comme ça. Je me suis arrêtée devant le supermarché, en mode urgence alimentaire. Le genre de besoin que tu comprends seulement quand t'as pas mangé pendant des heures et que tu sens ta propre estomac devenir un fossé sans fond.
Quand je me suis garée, un détail m'a frappée, et là, le malaise total. Une berline noire, bien nette, venait de se garer juste derrière moi. Super. Je l'avais remarqué depuis que j'avais quitté le portail du GQ. Mon père est parano, je le sais, mais là, on était sur un autre niveau. C'est comme s'il avait placé des caméras sur chaque coin de la ville juste pour me contrôler.
Je me dirige vers le coffre pour ranger mes courses, en mode décontractée, avec un beignet dans la bouche et un chocolat chaud dans l'autre main. Je monte dans ma voiture, et je prends la route en direction de la mairie, parce que j'avais bien envie de poser quelques questions sur des locaux vides en ville.
Mais là, la voiture noire me suit. Je regarde dans le rétroviseur et, bingo, il est là, et je reconnais ce visage de psychopathe de suite. Derek. Le genre de mec qui te fait regretter d'avoir respiré l'air du matin. Ses yeux bleus comme la mer, mais tout sauf apaisants, son sourire de sociopathe qui semble vouloir me déchirer vivante. Mon estomac se noue, et je sens la sueur commencer à perler sur mon front.
Paniquée, je fonce vers le QG. Si je dois me retrouver avec ce malade à mes trousses, autant que ce soit dans un endroit où j'ai un peu plus de chances de m'en sortir. Je prends mon téléphone, mes mains tremblent tellement que je commence à avoir l'impression que mes doigts ont pris un mauvais virage. J'essaie de joindre mon père, bien sûr, mais il ne répond pas.
Je tente de garder mon calme, mais c'est vraiment pas facile. Derek est toujours là, collé à ma voiture, me suivant comme un chien de chasse, et moi, je me sens totalement seule. Il me fixe avec ses yeux froids, et je suis à deux doigts de hurler. Il a vraiment que ça a faire de suivre partout ? Est-ce que c'est une blague ou une malédiction ? Parce qu'à ce point, je commence à douter de la réalité.
Je prends une autre route, dans l'espoir de perdre ce stalker sociopathe, mais je sais bien que c'est peine perdue. Ce genre de type ne se laisse jamais distancer. Je le sais, j'ai vu son genre, un million de fois. Toujours là, dans l'ombre, prêt à frapper. Le genre de mec qui te fait sentir comme si tu étais déjà morte sans qu'il ait à lever le petit doigt.
Je jette un dernier regard dans le rétroviseur. Et là, il est toujours là. Me suivant, me surveillant, comme une ombre. Mon cœur accélère encore plus, et je me dis que si je réussis à échapper à ce taré, ça sera un miracle. Mais je ne peux pas m'empêcher de penser : mon père ne répond pas, Derek est toujours là, et je suis complètement seule.
– Allez papa, réponds moi, s'il te plaît.
J'appuie encore plus sur l'accélérateur, espérant que ça me permettra de distancer ce taré qui me colle au cul. Il est là, toujours aussi persistant.
Je jette un coup d'œil dans le rétroviseur. Toujours là. Pas un centimètre d'écart. Il me suit, sans même se cacher.
Putain de sociopathe.
La voix de la messagerie vocale résonne dans mes oreilles. "Votre correspondance..." Et ça m'achève.
– Merde ! Je tape sur le volant, frustrée au point d'en avoir mal aux doigts.
VOUS LISEZ
The Devil's Wolf Tome 1
RomancePlongez dans l'univers captivant d'un biker aussi séduisant que dangereux, au regard perçant et au sourire qui enflamme les cœurs. Véritable maître de la route, il ne se laisse jamais marcher sur les pieds, peu importe qui se dresse sur son chemin...
