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Point de vue de Sophie.

Les rideaux de la chambre d'hôpital laissaient filtrer la lumière douce du matin, créant une atmosphère calme malgré le décor froid. Les machines produisaient leur habituelle symphonie mécanique : un léger bourdonnement et le bip régulier du moniteur cardiaque. Allongée sur le lit, mon visage semblait paisible, comme si ces mois d'inconscience avaient été une simple nuit de sommeil profond.

Puis, doucement, mes paupières tremblèrent, hésitantes, avant de s'ouvrir. Mes yeux, encore embués de sommeil et de confusion, papillonnèrent, captant les formes et les ombres autour de moi. La lumière ambiante me piqua légèrement, et je clignai des yeux plusieurs fois pour m'y habituer.

Mon regard balaya lentement la pièce jusqu'à se poser sur lui. Il était là, assis près de mon lit, le visage marqué par l'épuisement, mais illuminé d'un sourire qui effaçait tout le reste. Ses yeux rougis trahissaient des larmes récentes, mais ils brillaient maintenant d'un mélange de soulagement et de joie. Une vague d'émotion monta en moi, et mes yeux s'embuèrent à leur tour.

– Cole, murmurai-je d'une voix rauque et presque méconnaissable.

Il se pencha immédiatement vers moi, sa main trouvant la mienne avec une douceur infinie.

– Je suis là, mon amour. Tout va bien maintenant, répondit-il, sa voix tremblante d'émotion.

Sans attendre, il s'approcha davantage et déposa un baiser léger sur mon front, comme s'il craignait de me briser. Ce geste, empreint de tendresse, me réchauffa jusqu'au plus profond de mon être.

– Tu as pris ton temps, mais tu es là maintenant. C'est tout ce qui compte, ajouta-t-il, ses yeux brillants de mille émotions contenues.

Une tempête d'émotions m'envahit : peur, soulagement, amour. Tout se mélangeait dans un chaos dévastateur mais étrangement apaisant. Je serrai sa main un peu plus fort, ancrant la réalité de sa présence à mes côtés.

– Comment te sens-tu ? me demanda-t-il, sa voix douce mais teintée d'inquiétude.

Je laissai échapper un faible rire, suivi d'une grimace.

– J'ai la bouche pâteuse, une migraine comme si un camion m'avait roulé dessus, et le ventre en vrac.

Il se mit à rire doucement, un son qui, malgré la situation, réchauffa mon cœur. Il attrapa un verre d'eau posé sur la table et me le tendit avec précaution.

– Tiens. Ça devrait aider.

Je pris une petite gorgée, sentant l'eau fraîche apaiser ma gorge sèche. Le simple fait de boire me fit un bien immense, dissipant un peu la brume qui enveloppait encore mes pensées.

– Merci, soufflai-je, le regardant avec une gratitude que les mots ne pouvaient exprimer.

Cole ne me quitta pas des yeux, et à cet instant, tout semblait en suspens. Le reste du monde pouvait attendre. Nous étions là, ensemble.

La porte de la chambre s'ouvrit brusquement, laissant apparaître Josh, mon meilleur ami, les yeux gonflés de larmes. Sans perdre une seconde, il se précipita vers moi et m'enlaça avec une intensité qui en disait long sur sa peur et son soulagement.

– Ne me fais plus jamais ça, tu m'entends ! lança-t-il, la voix brisée par l'émotion. J'ai cru perdre ma sœur pour toujours, putain.

Je hochai légèrement la tête, incapable de retenir mes propres larmes.

– Désolée, murmurai-je faiblement.

Il me serra un peu plus fort, comme pour s'assurer que j'étais bien réelle.

The Devil's Wolf Tome 1Où les histoires vivent. Découvrez maintenant