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Point de vue de Sophie.

( Quelque minutes plus tôt)

Je quitte le bungalow, furieuse. J'en ai assez d'être mise de côté, comme si tout ce merdier ne me concernait pas. Mais je le sais, ça me concerne, bordel.

Une fois dans notre bungalow, je fonce directement dans ma chambre, ignorant mes amies assises dans le salon. Elles échangent des regards inquiets, mais je ne leur laisse aucune chance de m'arrêter.

Mes mains tremblent de colère. J'ai besoin de souffler, de prendre du recul, avant de finir par exploser.

D'un geste brusque, je retire mon pull en plaid et attrape ma veste en cuir. Mes doigts agrippent les clés de ma Harley, et sans une parole, je sors.

– Sophie ? m'appelle Josh, la voix pleine d'inquiétude.

– Où tu vas ? ajoute Amber, mais je ne réponds pas.

Je ne leur accorde même pas un regard. Je descends les petites marches de la terrasse, déterminée, mes bottes frappant le bois avec une force qui trahit ma rage. J'avance rapidement vers ma Harley, enfourche la moto, et démarre en trombe.

Le rugissement du moteur couvre tout, même mes pensées. Je ne sais pas où je vais. Je sais juste que j'ai besoin de partir, de mettre de la distance entre moi et tout ce bordel.

Même si je vais m'en prendre plein la gueule en rentrant, même si on va encore m'accuser de jouer les têtes brûlées, je m'en fous. J'ai besoin de respirer.

La route défile sous mes yeux. Les champs de maïs s'étendent à perte de vue, comme une mer verte ondulante. Je ne prête pas vraiment attention aux kilomètres qui passent, je roule mécaniquement, poussée par une envie de m'éloigner, encore et encore.

Un petit lac finit par apparaître, niché au creux d'une petite forêt. L'endroit est désert et calme, exactement ce qu'il me fallait. Je gare ma Harley, descends, et avance jusqu'au bord de l'eau.

Je m'assois sur une vieille souche, mes bottes s'enfonçant légèrement dans le sol meuble. Le vent est froid, mais je ne le sens presque pas. Le silence est assourdissant.

Le soleil commence à descendre sur l'horizon, teintant le ciel d'une lueur orangée. Les lampadaires sur la route voisine s'allument doucement, mais il fait encore assez clair pour voir le reflet du ciel dans l'eau.

Je prends une profonde inspiration, mes épaules s'affaissent légèrement. Enfin seule. Loin de tout.

Mais pour combien de temps avant qu'ils me retrouvent ?

Je me demande quand tout ça va s'arrêter. Quand est-ce que je pourrai enfin vivre sans avoir besoin de quelqu'un derrière moi, comme un garde du corps.

Quand est-ce que je pourrai mener une vie normale, sans cette peur constante qui me ronge ? Cette angoisse qu'un malheur arrive, cette foutue boule au ventre qui ne disparaît jamais. J'ai peur. Peur de perdre quelqu'un que j'aime... à cause de moi.

Le vrombissement du silence est brisé par la sonnerie de mon téléphone. Je sursaute légèrement, ma main glissant dans la poche intérieure de ma veste en cuir.

Cole. Son nom s'affiche en lettres blanches sur l'écran, accompagné de la vibration insistante de l'appareil.

Je l'ignore. Pas envie de répondre.

Je déverrouille rapidement l'écran, remarquant deux appels manqués et un message laissé en attente. Mais je ne m'en occupe pas. Je le ferai plus tard... si j'en ai envie.

The Devil's Wolf Tome 1Où les histoires vivent. Découvrez maintenant