17 h 00 – Clamart, 15/04/2020
Léana – Mardi soir
Il est 17 h quand je sors de mon rendez-vous avec mon patron, encore un peu prise par la tension de l'entretien et par l'impression d'avoir passé les dernières minutes à sourire au bon moment sans vraiment respirer. Je rejoins ma voiture, m'y installe, puis lance la musique avec mon téléphone pour me remettre un peu d'aplomb avant de reprendre la route. Ce soir, je dois rejoindre Mathieu chez lui pour préparer sa soirée d'anniversaire, mais il me manque encore une chose essentielle : son cadeau. Il faut donc que j'y aille avant de le retrouver.
Je conduis jusque sur les Champs et me gare près de Gucci, là où j'ai repéré quelque chose pour lui. Je descends de ma voiture et entre dans la boutique, enveloppée par ce silence feutré de magasin trop cher, trop propre, trop brillant pour être vraiment confortable. Je trouve un vendeur et lui demande de me montrer le produit que j'ai choisi. Une fois l'objet entre les mains, je confirme que je le prends ; il me prépare un paquet avec un soin presque cérémonial. Je le récupère, je paie, puis je retourne à ma voiture.
Je repars ensuite pour Clamart et passe par mon appartement avant de rejoindre Mathieu. J'y dépose son cadeau, bien caché au cas où il aurait l'idée d'apparaître chez moi plus tôt que prévu, puis je remonte chez lui. J'entre sans frapper, et il ne me voit pas tout de suite parce qu'il chante à tue-tête, la musique poussée trop fort, complètement pris dans son délire. Quelques minutes passent avant qu'il se tourne enfin vers moi et baisse le son.
— Ça fait longtemps que tu es là, sorcière ? demande-t-il.
— Assez pour voir que tu ne sais pas danser.
— Connasse, dit-il avec un sourire de défi.
— Véridique.
Il s'approche, attrape mon visage entre ses mains et m'embrasse, comme si cette petite pique n'avait fait que renforcer l'évidence de sa présence.
— Y a quoi à faire, du coup, là ?
— Rien, je crois. J'ai fait les courses et tout est au frigo, dit-il.
— Donc j'aurais dû aller chez moi préparer l'apéro.
— Tu n'as qu'à le faire là, dit-il.
— Non, je te connais, tu vas me déconcentrer.
— N'importe quoi. Au fait, tu étais où ? demande-t-il.
— Au magasin, je me suis fait virer.
— Arrête, dit-il en me regardant avec des yeux ronds.
— Je te jure.
— Bâtard, tu vas faire quoi ? demande-t-il.
— Ben, il faut que je trouve autre chose. Je n'ai pas le rap, moi.
— Ça, c'est sûr, vu comme tu chantes, c'est normal, dit-il.
— Mais je t'emmerde.
Il rigole, comme toujours quand il sent que je râle sans vraiment avoir la force de le faire sérieusement.
— Je vais aller faire à manger chez moi.
— Fais-le là, dit-il.
— Tu me soûles.
— S'il te plaît, dit-il, presque innocent.
— D'accord, mais tu me laisses faire.
— Oui, promis, dit-il.
J'attache mes cheveux à la hâte et commence les préparations. J'ai promis à Mathieu de faire des cakes, des pizzas, et j'ai aussi préparé le gâteau qui l'attend dans mon appartement. Je commence par faire deux cakes, et pendant qu'ils cuisent, je prépare les pizzas. Une fois les premières choses prêtes, je rejoins Mathieu sur le balcon. Il fume, installé tranquillement, comme s'il n'avait aucun souci au monde. J'allume une cigarette et m'assois près de lui.
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Kochanie - PLK
Fanfiction"Des souvenirs plein la tête, j'aime pas quand tu fais la fête sans moi, t'es tellement belle, j'sens la pression des regards sur toi, c'est la magie hein et quand tu pars si loin, j'me sens abandonné par l'monde entier comme un syrien" Mathieu Prus...
