51

2.3K 44 2
                                        

09 h – 08/11/2022

Léana – Paris


Je me réveille doucement et aperçois la porte de ma chambre en train de se refermer. Pendant quelques secondes, je reste immobile, encore engourdie par le sommeil, avant de tourner la tête vers le berceau.

Il est vide.

Mon cœur s'arrête presque. Je me redresse brusquement et regarde autour de moi. Elio n'est plus là. Je me lève en vitesse et sors dans le couloir. Un homme se tient un peu plus loin, de dos. Je reconnais immédiatement sa silhouette.

Jules.

Au bout du couloir, Mathieu apparaît. Je lui montre Jules, incapable de réfléchir correctement.


Mathieu, le bébé !


Mathieu relève la tête et comprend aussitôt. Il se met à courir dans sa direction. Je le suis, les jambes tremblantes, la gorge serrée par la panique.

Nous rattrapons Jules près de la sortie.


Jules, rends-moi mon bébé !
Jules, ne joue pas au con, dit Mathieu d'une voix menaçante.
Ce n'était pas une bonne idée, ce bébé. Je te l'avais dit, répond Jules.


Je m'approche lentement, les larmes coulant déjà sur mes joues. Elio commence à pleurer dans ses bras et ce son me déchire littéralement le cœur.


Jules, je t'en supplie, rends-le-moi.


Un vigile arrive en courant.


Rendez le bébé, monsieur !


La police est également présente dans l'hôpital. Un policier suit Mathieu depuis qu'il ne porte plus son bracelet électronique et a appelé ses collègues dès qu'il a compris la situation. En quelques secondes, plusieurs agents encerclent Jules.

Le temps semble s'arrêter. Je n'entends plus que les pleurs d'Elio et les battements affolés de mon cœur. Les policiers parlent calmement à Jules, essayant de le convaincre de rendre le bébé sans aggraver la situation.

Après plusieurs minutes, l'un d'eux réussit enfin à le faire reculer. Jules tend Elio et le policier récupère notre fils avant de venir me le rendre.

Je le prends immédiatement dans mes bras et le serre contre moi. Une crise d'angoisse me submerge et j'ai du mal à respirer. Mathieu me rejoint et me prend dans ses bras, mais je garde Elio fermement contre ma poitrine, comme si quelqu'un pouvait encore essayer de me l'arracher.

Les policiers passent les menottes à Jules. Je pleure toujours lorsque Mathieu m'accompagne jusqu'à notre chambre.

Je m'assois sur le lit, Elio dans mes bras, et le berce doucement. Mathieu s'approche, pose une main sur ma joue et tente de me rassurer.


Ça va aller, bébé.
Je t'avais dit qu'il reviendrait. Il ne va jamais nous laisser tranquilles.
Si. Il va aller en prison maintenant. Ils ne peuvent pas le laisser dehors après ça.


Je souffle difficilement et essaie de reprendre le contrôle de ma respiration. Quelques minutes plus tard, on frappe à la porte. Mathieu va ouvrir tandis que j'essuie rapidement mes larmes.

Kochanie - PLKDes histoires addictives. Découvrez maintenant