Chapitre 14

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Dès le deuxième jour, ils atteignirent les collines escarpées et rocheuses de Perfyk. La météo était calme et douce, mais les roches rendaient plus compliqué la progression des chevaux et les deux passagers de la charrette étaient beaucoup plus secoués. Cependant leur nouveau moyen de transport les avait remotivés si bien que rien ne semblait pouvoir ébranler ce soudain entrain. Lorsque vint l'heure de déjeuner, ils s'arrêtèrent en haut d'une des collines avec une vue imprenable sur la vallée en contrebas. A l'abri sous un arc rocheux, ils pouvaient quasiment apercevoir Elderlade au loin. L'immense ville leur parut alors à des kilomètres.

- Elderlade a l'air si loin, êtes-vous certain que nous y parviendrons d'ici à trois jours ? demanda Angoon dont la motivation sembla se dégonfler d'un coup.

- Si nous gardons ce rythme c'est possible, oui, affirma Edmun pour tenter de le remotiver.

Pourtant la voix du guerrier semblait laisser entrapercevoir une once de doute que le jeune homme ne manqua pas de remarquer.

- Tiens ! Mange au lieu de broyer du noir, lança Aysia en tendant sa portion à son ami. Nous aurons tout le temps de penser à cela plus tard.

- Merci, répondit-il avec un pâle sourire.

Pendant le repas chacun mangea en silence, appréciant chaque bouchée de ce repas savoureux.

Durant l'après-midi ils croisèrent quelques rares voyageurs qui osaient s'aventurer hors de leurs villages.

~

Un peu plus de trois jours leur suffirent pour enfin voir se dresser devant eux les imposantes murailles de la capitale du royaume, Elderlade. Le soulagement de l'arrivée se ressentit sur les visages de chacun. La longueur du voyage les avaient tous éreintés, même les chevaux bien qu'habitués à de longs trajets semblaient à bout de force.

Sur les remparts qui entouraient la cité les gardes semblaient s'agiter en voyant arriver le convoi. Leurs allés et venus rapides n'auguraient rien de bon. Contrairement à leur habitude, les immenses portes de la cité étaient closes et ne semblaient pas prêtes de s'ouvrir. Quelques fois les soldats leur jetaient des regards à la fois suspicieux et inquiets.

- On dirait bien que la surveillance a été renforcée. Ce n'est pas vraiment étonnant, remarqua Edmun sans même ralentir la cadence.

Tandis qu'ils continuaient d'avancer, la panique semblait monter d'un cran sur les remparts. Voyant qu'ils n'étaient pas prêts à ouvrir les portes de la ville, Edmun arrêta le convoi dans un claquement sourd qui résonna aux oreilles de tous comme un avertissement.

Les soldats s'arrêtèrent brusquement dans leurs mouvements et un silence de plomb s'abattit aux alentours. Plus personne n'osait bouger.

- Nous sommes de simples voyageurs et nous aimerions trouver l'hospitalité dans cette ville afin de pouvoir repartir dans quelques jours, lança Edmun d'une voix forte.

- Veuillez décliner votre identité ! lança l'un des soldats d'une voix qu'il voulait autoritaire.

- Nous sommes de simples voyageurs, répéta Edmun un tantinet agacé.

- Navré, mais le roi a ordonné de ne laisser entrer personne dans la cité, contra l'un des soldats.

Edmun sembla hésiter un moment et lança un regard à Tsaarik qui lui répondit simplement par un signe de tête.

- Je travaille pour le roi, lança simplement Edmun en montrant son écusson.

A ces mots les soldats semblèrent se pétrifier. De nouveau un grand silence se fit dans l'assemblée avant que l'un des soldats ne s'empressent d'aller ouvrir les portes de la cité. Les soldats leur adressèrent un signe de tête en signe de bienvenue et les laissèrent passer sans aucun problème.

la légende des pierres sacrificiellesOù les histoires vivent. Découvrez maintenant