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Le lendemain matin, je me réveille avec cette douleur sourde dans la poitrine. Isabelle hante mes rêves comme elle hante mes jours. Je repasse en boucle nos derniers moments ensemble, cherchant des signes, des indices que j’aurais pu rater.

Mon père frappe doucement à ma porte, mais je ne réponds pas. Je n’ai pas envie d’entendre ses leçons ou ses reproches. Il finit par partir, me laissant seule avec mes pensées.

Je passe la journée à errer dans la maison, évitant les regards, évitant de penser à elle. Mais c’est impossible. Chaque coin, chaque objet me ramène à elle : son rire, ses regards, cette manière qu’elle avait de me rassurer d’un simple geste.

Vers l’après-midi, je craque. Je prends mon téléphone et compose son numéro, celui que je connais par cœur. Ma main tremble en appuyant sur le bouton d’appel. Chaque sonnerie résonne comme une gifle.

Répondeur.

Je raccroche sans laisser de message. C’est pathétique.

Je décide d’écrire. Peut-être que mettre mes pensées sur papier m’aidera à y voir plus clair.

SMS
**“Isabelle,
Je ne sais pas par où commencer. J’ai tant de choses à te dire, mais aucune ne semble suffisante pour combler le vide que tu as laissé. Tu es partie si vite, et je t’en veux autant que je t’aime encore. Peut-être que tu avais raison de t’éloigner. Peut-être que je n’étais pas assez forte pour te donner ce dont tu avais besoin.

Mais Isabelle, sache une chose : chaque jour sans toi est un combat. Je veux te revoir, te parler, te serrer dans mes bras. Et si tu lis ceci, si tu entends ma voix à travers ces mots, je t’en supplie, reviens. Je suis prête à faire tout ce qu’il faut, mais je ne peux pas me battre seule.”**

Je relis mes mots, les larmes brouillant ma vision. Je ne sais pas si elle les recevra un jour, mais écrire ces lignes, c’est comme une confession à moi-même.

Je décide d'envoyer le message mais je sais qu'elle ne va pas répondre...

En début de soirée, je me rends au parc où on allait souvent. Il fait frais, le vent caresse ma peau comme une consolation inutile. Je m’assois sur le banc où elle avait l’habitude de s’asseoir.

Et là, je vois une silhouette familière.

Mon cœur s’arrête.

C’est elle. Isabelle.

Elle marche lentement, les yeux rivés sur le sol, perdue dans ses pensées. Je reste figée, incapable de bouger. Elle ne m’a pas encore vue.

Un millier de questions envahissent mon esprit. Est-ce qu’elle va bien ? Est-ce qu’elle est heureuse sans moi ? Et surtout... Est-ce que je devrais l’appeler ?

Je prends une grande inspiration.

A : Isabelle

Elle se fige, son corps tout entier se tendant. Lentement, elle tourne la tête vers moi.

Ses yeux croisent les miens, et je vois tout. La douleur, la tristesse...

A : On peut parler ?
I : Je pense que vous devez vous tromper de personne.

Et elle s'en alla comme ça. Je ne sais pas du tout comment je dois le prendre...

ISABELLE

Je n'avais pas le choix. Je ne veux pas souffrir de nouveau et je n'ai plus la force de me battre pour une relation où elle va me faire galérer je ne sais pas combien de temps.

Dire cette phrase m'a tué de l'intérieur mais bon la vie continue.

Il faudrai que je rappelle Célian au moins une fois. Il cherche une explication a mon silence et au mal de sa fille...
Je ne peux pas lui dire qu'on a eu quelque chose entre moi et elle enfin si Alix le considère comme tel.

I : Sérieusement Isabelle à quoi tu penses...

Tentation InterditeOù les histoires vivent. Découvrez maintenant