-Sid fais la passe !
Un coup de pied, une tête de Jordan qui me la renvoyait et un dernier coup de ma part et la balle était dans ce qu’on appelait les cages, c’est-à-dire une ligne en bouts de bois flottés.
Ensuite, les cris des gars, les applaudissements de Mitchelle perchée sur sa bouée avec sa clope entre les dents, le tintement métallique du pic à broche de Théo contre les pierres qui formaient l’âtre dans lequel brûlait le feu.
Et Maxime.
Maxime qui souriait, assis dans son coin avec Barbara, et qui m’applaudissait doucement, même si je savais qu’il ne regardait pas notre match.
Maxime qui avait toute mon attention, qui l’avait déjà de toute façon, même pas depuis le baiser, depuis des jours et des jours.
“Le mec en français” était devenu le mec que j’avais embrassé, et le mec que je ne pouvais plus, genre plus du tout, sortir de mon esprit.
Trois heures auparavant, j’avais posé mes lèvres contre les siennes. Pas longtemps, un smack de rien du tout même, comparé à d’autres, mais je ne comptais pas l'oublier de si tôt.
Comme c’est un truc qui me fait flipper je me suis forgé quelques excuses, pas toujours sympas, comme lui dire que je voulais juste l’embrasser de temps en temps pour tester, parce qu’il était le seul gay dans le coin, que j’avais fait ça pour lui “dépuceler les lèvres”, en quelques sorte, ou encore lui avoir affirmé, à maintes reprises, que je n’étais pas gay.
Je sais ce que je suis en train de faire et je sais où ça peut nous mener, je le sais plus que bien, d’expérience, mais moi je ferais pas tout foirer comme Elie a tout fait foirer entre nous.
Parce que je suis pas comme lui et que je compte bien le respecter Maxime, même si notre histoire n’ira pas loin.
À mon avis, il va accepter de rester avec moi quelques temps, pas plus de quelques mois je pense, quand il réalisera que je ne lui apporte rien de bon.
Mais d'ici là on à tout le temps qu’on veut pour s’embrasser.
Je ne sais pas si il pense pareil de moi, mais personnellement j’ai l’impression de le connaître depuis longtemps. Peut-être à cause des deux longues heures qu’on a passées à marcher ensemble.
Je sais qu’il doute du fait que je sache lire, alors j’imagine qu’il doit encore plus douter du fait que je sache lire en lui, et pourtant, qu’il le veuille ou non, les peu de trucs qu’il m’a dit à son sujet m'ont confirmé certains points. Il éprouve un ennui indéniable à l’égard de ses parents, une certaine rancœur inavouable pour son meilleur pote et l’école qu’il fréquente et une peur presque viscérale des gens et du monde extérieur.
Ça je m’en doutais, et j’étais surpris qu’il ait accepté de venir à une soirée avec moi.
Je ressentais presque de la… fierté ? Quand je le voyais parler à Barbara et aux autres.
En parlant de Barbara, elle ne faisait que m’envoyer des regards emplis de sous entendu, depuis qu’elle traînait avec Max, et ce pour une raison simple ; tout à l’heure quand je cherchais désespérément un de mes potes pour lui exposer mon idée super d’emmener Maxime avec moi ce soir, c’était sur elle que j’étais tombé.
Elle m’a dit qu’elle était ravie de savoir qu’on aurait quelqu’un en plus mais a quand même insisté sur le pourquoi je l’avais invité.
Je me suis épargné un énième mensonge et lui ai simplement dit que je l’aimais bien, qu’elle le prenne dans le sens qu’elle veut.
Et visiblement elle s’était fait des idées.
(Ou elle avait compris un truc avant moi ?)
-Sid arrête d’être myope putain !
J’ai juste eu le temps de voir la balle passer devant moi avant qu’elle n’aille s’écraser dans les cages adverses.
Sous le regard agacé de Billy j’ai juste levé les mains pour me rendre.
Ça a fait rire Maxime, ça a fait s’agiter les papillons dans mon ventre.
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Think about you ~ Djilsime
Fanfiction"Il y a quelques mois je ne connaissais Sidjil que de réputation, il y a quelques semaines il était devenu une sorte d'ennemi en plus d'être l'objet de mes fantasmes et il y a encore quelques jours j'aurais pu l'appeler mon meilleur ami. Me retrouve...
