Ange gardien

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-E-El gober- gor- gobie…rno rep-rep-republicano le hab-bía p…pedido a Pic-Picasso que rela- reazila- realizara u-un… mural p-para… para el pa-pa-pabellón e-español de la Epo- Expesi- Expossi- Expis…

J’ai relevé les yeux du texte pour croiser ceux soucieux de la prof d’espagnol, accompagné par les rires de plusieurs élèves.

-Exposicìon Universal de 1937 en Paris. Mitchelle tu veux bien continuer ?

J’ai eu la mauvaise idée de revenir au lycée, juste quelques jours, histoire de rattraper un
peu les cours que j’avais manqué.
Du coup, en plus d’être au fond du trou, je suis aussi la risée de tous les gens qui me voyaient essayer de réussir quoi que ce soit.

Il s’est passé un mois, depuis ma rupture avec Max, et sans surprise ma situation ne s’était pas vraiment améliorée.
Quand je suis rentré chez moi après le bar et la soirée, j’ai chialé pendant un bon moment, le regard dans le vide pendant que je me répétais à quel point je me détestais.
Ensuite, j’ai bien été forcé de m’en remettre, au moins assez pour avoir la force de me relever et d’aller au boulot.
Quand je ne travaillais pas, je m’enfermais dans l’appart je déprimais tout seul comme un con. J’ai trouvé le moyen de rester deux jours sans bouger de mon canapé d’ailleurs, pendant les jours fériés.
J’ai continué comme ça, me plongeant dans un état léthargique alors que j’ignorais tout le monde et que tout le monde m’ignorait.

Je pensais beaucoup à Maxime. Tout le temps en fait. Je voulais savoir s’il pensait à moi, s’il avait raconté quoi que ce soit aux autres, s’il était triste de m’avoir quitté ou triste à cause de moi. Ou soulagé ? Heureux ?
J’avais besoin de savoir comment il allait, à quoi il pensait, si je lui manquait…
Mais j’imagine que je devais me faire une raison, on la vit pas pareil, notre situation.
Je le sais parce que moi je compte les jours depuis notre rupture mais lui je sais bien qu’il les comptes pas.

Au bout d’un moment, je ne supportais plus mon train de vie, qui se résumait à travailler pour gagner de l’argent, vendre mes meubles pour gagner de l’argent, et me faire prendre tout l’argent en question par mon propriétaire.
Alors j’ai décidé de changer mes horaires et de retourner en cours.

Le premier jour, Maxime m’a ignoré, et Mitchelle m’a dit que j’avais été con.
Merci je sais.
De toute façon, elle a fini par m’ignorer aussi, et je me suis vite retrouvé seul, à voir tout le groupe constitué de ce qui avait été mes meilleurs potes depuis trois ans traîner sans moi.

Tout ça pour dire qu’on se fout de moi parce que j’arrive pas à bien lire et que je n’aurais pas mon bac.

En sortant du cours d’espagnol, qui avait essentiellement porté sur Picasso (seul mot que j’avais compris), Mitchelle est passée devant moi et a directement rejoint les autres dehors.

J’ai regardé ailleurs parce qu’ils me foutaient quand même pas mal le seum, mais Jordan m’a rattrapé quelques secondes plus tard.
Fait chier, j’avais oublié que j’avais aussi été un connard avec lui.

-Sid !

Je me suis arrêté pour le regarder, et jauger s’il m’en voulait vraiment ou s'il était un des rares à ne pas me détester.

-Ça va frère ? Il y avait un peu d’hésitation dans sa voix.

-Ouais. Et toi ?

-Ça va. Tu..? Je voulais connaître ta perspective, un peu… sur toute la situation avec Max. Si ça te dérange pas ?

-Il t’a déjà tout raconté nan ? Il ment pas.

J’ai essayé de m’éloigner mais il m’a rattrapé de force. Il veut quoi ?

Think about you ~ DjilsimeDes histoires addictives. Découvrez maintenant