Je ne sais pas exactement quand ça a merdé, mais j’imagine que j’aurai dû le voir venir.
Après ma première fois à l’ancien port, j’avais arrêté pendant quelques jours, parce que je n’avais plus besoin d’argent, que Maxime s'était inquiété de mes blessures et que j’étais purement et simplement terrifié.
Et puis, en fin d’année, mon loyer avait augmenté et je n’avais toujours pas de travail, alors…
Le 31 je me suis dit que Max serait occupé et qu’il y aurait beaucoup de gens, au port, alors j’y suis retourné.
Mon bookmaker m’a accueilli comme un roi, mes adversaires un peu moins.
Je ne suis pas resté longtemps cette nuit-là, je le sais parce qu’en retournant chez moi avec le nez en sang, des bleus un peu partout et 200 euros cash, j’ai entendu des feux d'artifice et des gens applaudir.
Voilà ce qu'étaient mes premiers moments de l’année. Cette fois c’est pour ça que j’ai pleuré sur le chemin.
Le problème véritable c’est que je n'étais pas le seul à partir en couille.
Mettre ma santé et celle des hommes que je combattais était une chose, sauf que Maxime à commencé à en pâtir également.
À chaque fois que je revenais d’un combat, il m'attendait à l’appartement, son petit air triste sur le visage, et il me demandait comment je m’étais fait mes nouvelles contusions et ce que je foutais dehors à cette heure.
J’avais réussi, à mon grand étonnement, à esquiver ses éternelles questions et a continué mon train de vie sans avoir à lui dire quoi que ce soit.
À ce stade, je me disais que s’il décidait de partir (ce que je comprenais aisément), ça serait sûrement pour le mieux, parce que j’avais définitivement failli à la seule mission que je m’étais donnée, c'est-à-dire ne pas le faire souffrir.
Un soir, je rinçais mon visage pour la troisième fois depuis que j’étais rentré chez moi.
J’avais l’air bien amoché, ça je le savais, mais je savais aussi que sous le sang ce n’était pas si pire.
J’avais été jeté au sol par un adversaire il y a une heure, et le béton n’a pas vraiment arrangé l’état de mon visage déjà abîmé.
J’avais la lèvre ouverte, un oeil au beurre noir et des coupures un peu partout, et encore ce n’était que le visage.
J’ai des plaies et des coupures sur tout le corps, des côtes cassées, et je me demandais même si ma cheville n’avait pas enflée bizarrement, depuis la dernière fois.
Un autre problème qui n'arrangeait pas ma situation c’était que les gens qui fréquentaient le port abandonné commençaient à me connaître, et à parier de plus en plus sur moi. Sauf que, comme me l’avait dit mon boss, c’est plus rentable de gagner un combat dans lequel ta cote est mauvaise.
Et comme je gagnais moins de fric quand j’y allais, j’ai dû y aller plus, et de fil en aiguille j’ai fini par me retrouver là-bas presque tous les soirs.
De plus, malgré mes précédentes victoires et le fait que les gens croyaient en moi, je perdais de plus en plus, me retrouvant parfois à la limite du malaise allongé sur le sol froid.
Dans ces moments j’ai envie de rester allongé là et de ne plus jamais me relever.
-Sid ?
-Oui ?
Je reposais le coton avec lequel j’essayais de désinfecter les coupures sur mon visage.
-Tu peux venir te coucher ?
J’ai relevé la tête vers le miroir au-dessus du lavabo. J’ai encore du sang un peu partout.
-Attends mon Max j’arrive bientôt.
Je l’ai entendu soupirer, puis se retourner sur le canapé et, quand je suis venu me coucher aussi, il dormait déjà, avec des vestiges de larmes aux coins des yeux.
Le cœur et la gorge serrés, je me sentais mal à l’idée de le déranger après ce que j’avais déjà fait, alors je ne me suis pas couché avec lui.
Ce soir-là je n’ai pas dormi. De toute façon j’aime plus trop dormir, j’ai recommencé à faire des cauchemars.
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Think about you ~ Djilsime
Fanfiction"Il y a quelques mois je ne connaissais Sidjil que de réputation, il y a quelques semaines il était devenu une sorte d'ennemi en plus d'être l'objet de mes fantasmes et il y a encore quelques jours j'aurais pu l'appeler mon meilleur ami. Me retrouve...
