Katsuki avala difficilement sa salive en essayant de faire le tri dans ce que le vert venait de lui dire. Le père d'Izuku était violent ? Il n'en avait aucune foutre idée ! Est-ce que ses parents étaient au courant ? Et puis en plus de ça il était responsable de la mort de tante Inko ? Le jour même où il avait été le plus grand connard que la Terre est porté ... Ça faisait beaucoup, même pour lui.
"Tout ce qui s'est passé ensuite est plus ou moins flou, l'enterrement, changer d'adresse, fuir mon géniteur, je n'ai pas vraiment de souvenir très clairs de tout ça. Je me suis simplement retrouvé vraiment seul, tellement que t'as phrase m'est revenue en mémoire."
Un frisson prit de nouveau le cendré. Il a quand même pas ...
"J'ai testé. J'ai sauté."
Kastuki s'immobilisa, le temps autour de lui semblait s'être figé. Le son ne semblait pas vouloir arriver à son cerveau, ce dernier refusant de traiter l'information. L'adolescent ne voulait pas accepter ce qu'il venait d'entendre, car le faire reviendrait à dire que ce qu'il avait craint s'était vraiment produit. Cependant le cendré ne pouvait nier sa responsabilité : il avait poussé Izuku à se suicider. L'horreur se peint doucement sur son visage, un haut-le-coeur le prit, puis un autre plus violent, il se retenait difficilement de s'effondrer.
"Mais tu sais quoi ? Je devais vraiment être un bon à rien, continua Izuku sans se soucier de son interlocuteur alors que son regard était de nouveau fixé sur le sol, je n'ai même pas réussis. J'ai trouvé le moyen de survivre même après avoir sauté de cette falaise."
Les larmes de Katsuki coulèrent, depuis quand n'avait-il pas pleuré ? Ses jambes ne le tinrent plus et il s'effondra à genoux sur le bitume froid. Le vert entendit mais ne se retourna pas pour autant, en un sens cela lui faisait du bien que le cendré prenne conscience de l'étendu des dégâts qu'il avait causé chez lui.
"Pourquoi as-tu fais ça ? Pourquoi m'as-tu isolé ? Pourquoi m'as-tu abandonné ?
-Je suis tellement désolé Izuku, dit-il la voix tremblante.
-Ce n'est pas ce que j'ai envie d'entendre, claqua le vilain d'un ton ferme. Te pardonner ne me semble pas possible, en revanche je suis prêt à passer outre ma colère en échange d'explications. J'ai besoin de savoir, pour avancer."
Le cendré se releva doucement en silence, essuyant au passage ses larmes. Izuku voulait des réponses. Au point où il en était sa culpabilité lui ferait faire n'importe quoi pour ne serait-ce qu'estomper les souvenirs amers qu'il lui avait infligé, il voulait avancer lui aussi.
"Je ne pense pas t'avoir détesté, j'ai simplement arrangé les paroles que j'entendais et ma connerie d'enfance à fait le reste.
-C'est à dire ?
-J'entendais partout qu'avoir un alter permettait de devenir fort, de devenir un héros, que la société nous jugeait sur cet particularité pour déterminer notre place. J'en avais naturellement conclu que si tu n'en possédais pas tu n'était rien, même si je me rend compte que c'était rien d'autre que de la merde. Au bout d'un certain temps c'est simplement devenu une habitude malsaine, ça faisait partie du décors en quelque sorte, même si ça n'aurait pas dû."
Pour une raison qui échappait encore au vert, son coeur semblait apaisé par ce qu'il venait d'entendre. Il avait l'impression qu'un poids s'était retiré de ses épaules. Alors ce n'était pas qu'il me détestait ...
"Je penses que tu peux y aller maintenant, finit par répondre le vilain au bout de quelques secondes.
-Attends Dek-Izuku ! Je ... Je voudrai savoir où se trouve la tombe de tante Inko, la vieille voudra la voir, s'empressa le cendré.
-Le cimetière XXX, la troisième rangé sur la gauche, murmura-t-il."
Le vert qui regardait à nouveau le ciel et ses nuages entendit la porte du toit s'ouvrir et des pas s'éloigner, ainsi qu'un simple «merci» porté par la brise. Il ne pouvait pas dire qu'il avait pardonné ou oublié ce qu'avait fait son ancien ami d'enfance, cependant il comprenait mieux. Il ria jaune quelques secondes, les sourcils froncés et les larmes aux yeux, la frustration l'envahissant. Le problème n'avait jamais été lui, cela avait toujours été cette société foireuse. Sans cette dernière, peut-être aurait-il eu des amis plus tôt ? Peut-être aurait-il été entouré de personne chaleureuse quand elle était partie ? Peut-être même qu'il ne l'aurait pas perdu en premier lieu ? Les larmes dévalèrent ses joues en silence, son masque s'enlevant momentanément. Il redevenait cet adolescent qui n'avait rien demandé et qui ne voulait qu'être libre dans un lieu sans souffrance, qui n'aspirait qu'à la paix. Il arrêta net ses sanglots en sentant deux personnes s'appuyer contre lui, dos à dos. Il sourit en sachant pertinemment qui c'était, se disant qu'il avait tout de même eu de la chance dans son malheur puisqu'il les avait rencontré.
Toga et Dabi était monté pour voir comment allait leur ami en voyant le cendré sortir du bâtiment les yeux rouges, c'est comme ça qu'ils avaient vu leur ami tenté de vainement s'empêcher de sombrer. Ils s'étaient échangés un simple regard avant d'ensemble s'appuyer contre le dos de leur ami, lui signifiant qu'ils protégeraient toujours ses arrières. C'était leurs rôles, celui qu'ils s'étaient choisis en le rencontrant. Les sanglots et les pleurs du vert redoublèrent, se sentant en sécurité pour se laisser aller. Ils restèrent comme cela une bonne heure avant que le vert ne finisse par se calmer. Il se sentait définitivement mieux depuis cette discussion, Dabi et Toga avaient raison il en avait eu besoin.
"Merci, murmura le vert.
-Avec plaisir !
-T'as pas besoin de nous remercier Izu, sourit le brûlé en regardant le ciel, on ne fait que te rendre un centième de ce que tu nous as donné.
-Ah ah, rigola le buisson, alors je devrais vraiment remercier cette sale manie de me mêler de ce qui ne me regarde pas."
Les trois amis rigolèrent ensemble. A cet instant ils n'étaient plus les vilains, les réhabilités, les meurtriers, ils étaient simplement trois adolescents que la vie et la société n'avait pas épargnés. Ils étaient trois amis qui avaient décidés que ce seraient eux contre le monde, et pas autrement. Belle détermination quand on savait ce qui les attendait.
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Rehabs
FanfictionLa vie est un enfer pour 20 % de la population mondiale. Izuku en faisait partie subissant jour après jour brimades, insultes et violences. Alors qu'il avait trouvé une nouvelle manière de vivre et un nouvel objectif, une rencontre inopportune avec...
