Ariane
Je sais que je suis trop impulsive. À chaque fois, je m'emballe. Mon esprit galope plus vite que la réalité, et je me laisse emporter par mes émotions comme une enfant surexcitée dans une fête foraine.
Je suis plongée dans mes pensées, affalée sur mon lit, quand une notification vibre sur mon téléphone. C’est Angèle.
Tu fais quoi ? Tu m’accompagnes faire du shopping ?
Un sourire se dessine aussitôt sur mes lèvres. C’est une excellente idée. Depuis que mon compte en banque est miraculeusement bien garni, je n’ai encore rien dépensé. Il serait peut-être temps d’en profiter un peu.
Je réponds à Angèle par un cœur, puis envoie un message à Auracio pour savoir s’il veut se joindre à nous.
– Bien sûr, tu penses sortir sans moi ? me répond-il aussitôt.
Pour permettre à tous ces hommes de te mater dehors ? C’est hors de question. Préparez-vous, je vous attends dans dix minutes.
Je ris doucement et tape rapidement :
– D’accord, mon cœur. J’arrive vite.
Je transfère le message à Angèle :
Dépêche-toi, madame, Monsieur Grincheux sera de la partie…
Dix minutes plus tard, nous nous retrouvons tous au parking. Trois véhicules nous attendent : deux pour la sécurité, un pour nous. Rien n’est laissé au hasard. Auracio, fidèle à lui-même, tient à ce que chaque sortie soit encadrée comme une opération militaire. Il se place entre Angèle et moi, et nous accrochons chacune un bras au sien.
Il a ce petit air possessif, fier, qui rend chaque moment avec lui électrisant.
Nous arrivons devant un grand complexe commercial, un de ces temples du luxe aux vitrines scintillantes. Dès que nous descendons de voiture, les gardes se positionnent autour de nous. Devant. Derrière. Rien ne passe inaperçu.
Je me tourne vers Angèle :
– On commence par quoi ?
– Tout ce qui est sexy, évidemment.
Son regard s’illumine comme une gamine dans un magasin de bonbons.
Des robes, des jupes, des shorts, de la lingerie, des talons, tout. J’ai besoin d’un relooking sensuel complet.
Je souris.
– Mon bébé, tu vas nous aider, n’est-ce pas ? je demande à Auracio en glissant un regard malicieux vers lui.
– Évidemment. Je suis là pour ça.
– Parfait. Allons-y. On commence par la lingerie. Pendant ce temps, tu peux aller nous chercher des robes de l’autre côté, lui dit Angèle avec autorité.
On te rejoint dans trente minutes.
– Très bien, mais ne traînez pas trop, grogne-t-il en roulant des yeux.
– Promis, on ne va pas traîner… enfin, pas trop.
Nous nous séparons. Auracio s’éloigne vers la section vêtements de soirée pendant qu’avec Angèle, nous nous dirigeons vers la boutique de lingerie fine située à droite du complexe.
Nous sommes accueillies par une femme d’un certain âge, élégante, au sourire raffiné. Elle nous propose des places assises dans un coin lounge, puis nous offre à boire.
– Et si on se laissait aller un peu ? me souffle Angèle.
De toutes les façons, si on ne peut plus marcher, Auracio et ses gardes nous porteront.
– Tu as parfaitement raison, ma chérie.
Elle sort son téléphone avec un sourire carnassier.
– Je vais rendre mon amie Simone verte de jalousie. Elle croit que je ne peux pas m’amuser sans elle.
– Alors qu’est-ce que tu attends ? Appelle-la. Et surtout, montre-lui bien que tu m’as déjà remplacée par une pétasse encore plus fabuleuse ! je dis en éclatant de rire.
– Tu cherches les embrouilles, toi…
– C’est ce qui me stimule le plus. Que les réactions soient positives ou négatives, je prends tout.
Elle lance l’appel vidéo.
Pendant ce temps, une employée vient poser deux flûtes et une bouteille de champagne sur la table.
– Non, pas juste les verres. Apportez carrément la bouteille, merci.
– À vos ordres, madame.
Simone décroche. À l’écran, elle a l’air décoiffée et encore dans son lit.
– Pétasse ! s’exclame-t-elle.
Tu fais quoi ? Où es-tu ?
Angèle fait lentement un tour de caméra. Les rayons de lingerie, les verres de champagne, le décor luxueux…
– Tu fais du shopping ?! Et tu bois du champagne sans moi ?! Tu es un monstre ! Une traîtresse ! Et c’est qui cette pétasse assise à côté de toi ? Ne me dis pas que tu m’as déjà remplacée ?!
Angèle éclate de rire.
– Arrête ton cinéma. Cette pétasse à côté de moi, c’est notre troisième sœur. La petite dernière de la famille. Alors sois polie et souhaite-lui la bienvenue.
Elle tourne l’écran vers moi. Je lève ma coupe et lui adresse un clin d’œil.
– Salut à toi, pétasse. Si tu tardes trop à revenir, je prends toute la place. Tu es prévenue.
– Salut à toi aussi, pétasse. Personne ne peut prendre ma place. Elle est unique et irremplaçable. À bon entendeur…
– Angèle, je te jure que tu vas le regretter.
– Oh, j’allais oublier. En venant, achète-moi deux ans de pilules contraceptives. Je te rembourse par virement.
– Quoi ? Mais t’es sérieuse ? Tu ne peux pas en acheter sur place ?
– C’est long à expliquer. Je te raconterai quand tu arriveras. Cache-les bien, surtout.
– T’es folle. Je te déteste.
– Moi aussi je t’aime.
– Et moi aussi je te déteste, je rajoute en rigolant.
Simone raccroche, mi-rageuse, mi-ravie.
Angèle me tend mon verre et nous trinquons.
– J’en avais besoin, souffle-t-elle en avalant d’un trait.
– Tu vas encore faire des folies, je le sens.
– C’est le but. Voyons ce qu’ils ont à offrir.
– Est-ce qu’on peut avoir un espace privé pour les essayages ? je demande à la vendeuse.
– Bien sûr, mesdames. Suivez-moi.
Elle nous conduit dans une grande pièce privée, avec miroirs muraux, canapé en velours, éclairage doux. Le luxe à l’état pur.
– Apportez-nous tout ce que vous avez de sexy. Très sexy. La totale.
– Avec plaisir.
Quelques minutes plus tard, elle revient avec deux valises pleines de lingerie. Des ensembles de toutes les couleurs, de toutes les matières. Satin, dentelle, cuir. Un rêve.
Elle nous laisse seules avec la bouteille et les verres.
Nous commençons à trier, en riant, en commentant chaque pièce. On fait des piles par couleur. Des rouges pour les nuits de passion. Des noirs pour les soirs de mystère. Des blancs pour les jeux innocents qui ne le sont jamais vraiment.
Et puis vient le moment fatidique.
Nous nous déshabillons, un verre de champagne à la main, en gloussant comme des adolescentes.
Place aux essayages.
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L'ATTRACTION FATALE DU MAFIEUX
RomanceElle est à moi, désormais. Qu'elle le veuille ou non, elle m'appartient. « S'il vous plaît... laissez-la partir. Elle est orpheline, ayez pitié d'elle... » Ces mots résonnent dans la pièce, une supplique fragile face à l'implacable volonté d'un homm...
