Chapitre 18 - L'héritage du sang

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John

- Maman ?

- John.

Sa voix est tremblante. Fatiguée. Elle n'a jamais été très expressive, mais là, je sens qu'elle se retient à peine.

- Ton grand-père est à l'article de la mort. Il veut te voir. Il a demandé après toi toute la nuit.

Un frisson me traverse le dos. Je m'y attendais, je suppose. Cela fait des mois qu'on m'envoie des nouvelles inquiétantes, mais je repoussais l'échéance, par lâcheté, par fierté... ou simplement parce que j'étais en colère contre elle, contre le passé, contre moi-même.

- Je serai là demain.

- À demain.

- À demain maman... et merci.

- Je le fais pour ton père. Je veux exaucer son dernier souhait.

Elle raccroche. Le silence retombe, lourd, pesant. Je reste là, les yeux fixés dans le vide, incapable de bouger. Mes pensées me dévorent. Puis j'attrape mon téléphone :

- Apprêtez mon jet pour demain matin, six heures précises.

Je raccroche aussitôt. Je n'ai plus rien à dire.

La nuit tombe, et avec elle, mon envie de lutter. Je vais me coucher, les yeux fermés, le corps immobile, mais l'esprit... lui, ne dort pas. Je repense à cette phrase qu'un vieil ami m'a dite un jour, un vieil aigle à la voix rauque et à la sagesse brutale : « Tu vas attendre qu'un autre finisse de jouer avec elle pour la reprendre ? »

Cette phrase me hante.

Quel genre d'homme suis-je devenu pour regarder de loin pendant qu'un autre touche la femme que j'aime ? Pour rester silencieux, alors que mon cœur crie ?

Non.

Je ne peux plus attendre. Je dois agir. Quoi qu'il en coûte. Peu importe les moyens. Peu importe les conséquences. Elle m'appartient. Elle l'a toujours été.

Et c'est avec cette pensée brute, sauvage, que je finis par m'endormir.

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Le lendemain, le réveil sonne à 5h30. Je suis déjà debout. Ma nuit fut brève, mais je suis étrangement lucide. Je me prépare rapidement : douche froide, costume sobre, chaussures bien cirées. Une petite valise m'attend déjà, soigneusement préparée par mon majordome. Mon chauffeur m'attend devant la porte. Je monte sans un mot.

À 6h tapantes, mon jet privé décolle.

Direction : New York.

Le ciel est d'un bleu limpide, mais mon cœur est chargé. L'idée de revoir mon grand-père m'émeut plus que je ne le pensais. C'est étrange, j'ai toujours été dur, insensible aux adieux, mais cette fois... c'est différent. J'espère seulement qu'il ne souffre pas trop. Qu'il tiendra jusqu'à mon arrivée.

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Après plusieurs heures de vol, nous atterrissons.

L'air new-yorkais est humide, chargé de souvenirs. Je respire à fond, comme pour me reconnecter à mes racines. Mon escorte m'attend, mais je leur fais signe de rester à l'hôtel. Je ne veux pas de regards indiscrets, pas de tension, pas d'armes.

Juste moi et mes souvenirs.

Avec mon chauffeur personnel, je me rends dans mon ancien quartier. Rien n'a changé. Les mêmes trottoirs fissurés. Les mêmes enfants déscolarisés qui courent et jouent dans les rues, les mains pleines de poussière et les poches vides. Certains vendent de la drogue à la sauvette, d'autres rient comme si la misère n'existait pas.

L'ATTRACTION FATALE DU MAFIEUX Des histoires addictives. Découvrez maintenant