Chapitre 4 - La Rencontre

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John

Je m’appelle John Smith. Quarante-cinq ans, deux enfants de mères différentes, dix et six ans. Aucun regret, aucune illusion. Leur mère ? Des histoires sans lendemain devenues des responsabilités permanentes. Je ne suis pas fait pour la normalité. Depuis que je suis gamin, les armes, les bagarres, les trafics, tout ce qui est interdit me fascinait. J’étais attiré par l’interdit comme un papillon vers la flamme.

J’ai grandi avec une mère aimante. Trop aimante. Elle a tout donné, tout sacrifié. Mais son amour ne suffisait pas. Il y avait ce vide, ce feu intérieur que rien ne calmait. Alors j’ai fui. J’ai quitté la maison à treize ans. J’ai traîné dans les rues, dormi dehors, volé pour manger. Puis j’ai croisé le regard d’un chef de gang. Il a vu mon potentiel. Ou mon mal.

Mon rite d’entrée ? Tuer. À quinze ans, j’ai serré la détente pour la première fois. La sensation… étrange. Pas de remords. Juste une montée d’adrénaline pure. À vingt-cinq ans, j’étais le numéro deux. Et à trente, après deux tentatives d’assassinat orchestrées par mon chef, j’ai pris sa place. Je l’ai égorgé devant toute l’organisation. J’ai bu son sang, un acte de domination absolue. Depuis ce jour, on m’appelle Le Sanguinaire.

Je n’ai jamais été un homme sentimental. Mais parfois, je repense à ma mère. À sa douleur, à son regard brisé. Elle ne m’a jamais pardonné. Elle dit que le mal coulait déjà dans mes veines à la naissance. Peut-être qu’elle a raison. Mais ce soir… quelque chose va changer.

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Ariane

— Marianne ! Tu es encore en retard ! Bouge-toi un peu ! Ce soir, on fait la fête !

— Pourquoi tu te presses comme ça ? Il est même pas encore vingt-trois heures.

— Justement, il est vingt-deux heures passées ! Allez, on sort, j’ai envie de danser !

Je ris en la regardant. J’ai enfilé une robe rouge fendue sur le côté. Mes jambes s’allongent sous des talons de quinze centimètres. Sexy, assumée, prête à conquérir.

— Waouh… Tu es à tomber, Ariane.

— Je sais. Mais merci quand même.

— Tu te la pètes toujours autant…

— Pourquoi changer ? Je suis belle, drôle, intelligente, irrésistible. La liste est longue.

— Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour avoir une amie pareille ?

— Tu m’adores, avoue.

Elle sourit malgré elle. Marianne est plus âgée que moi, mais elle manque de confiance. Surtout depuis cette rupture qui l’a laissée à terre. Moi ? J’ai des objectifs. J’ai validé mon diplôme. Prochaine étape ? Trouver un homme riche. En attendant un job digne de moi.

— Ce soir, c’est pour toi et moi. Objectif : hommes beaux et potentiellement fortunés !

— Tu sais que j’aime encore mon ex…

— Non, sérieusement ? Oublie-le ce soir, juste ce soir. Tu es trop bien pour lui.

— D’accord… Juste ce soir.

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Nous arrivons devant le club le plus huppé de la ville. La file est interminable, mais grâce à un ami videur, on entre directement. VIP, s’il vous plaît. On monte à l’étage, à l’espace lounge. C’est chic, ambiance tamisée, odeur de luxe et de désirs en suspension.

— À notre avenir radieux, Ariane.

— À ces hommes merveilleux qu’on mérite.

— Tchin-tchin !

Nos verres tintent et, au moment où je porte le mien à mes lèvres, mon regard croise une paire d’yeux d’un bleu profond. Glacial. Intense. Mon cœur rate un battement. Je me fige.

— Putain… Je viens de voir un Dieu vivant.

— Quoi ? Où ?

— Doucement… à 12h. Derrière toi.

Marianne se retourne discrètement. Elle les voit. Deux hommes. Élégants. Mystérieux. Accompagnés de femmes trop parfaites pour être sincères.

— Et alors ?

— Et alors ? Tu les as vus ?! L’un d’eux est à moi.

— T’es sérieuse là ? Ils sont accompagnés…

— Pas grave. Si l’un d’eux tombe sous mon charme, c’est leur problème. Pas le mien.

— Mais comment ils sauraient que tu es drôle, intelligente, etc. ?

— Ça se voit sur moi. Mon aura parle pour moi.

— T’es folle. Complètement tarée.

— C’est pour ça que tu m’adores.

On rit toutes les deux, un peu éméchées, un peu excitées. La soirée commence bien.

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Un homme en costard s’approche de notre table.

— Mesdemoiselles, mon boss vous invite à monter à l’étage supérieur. VIP+. Consommation offerte.

Marianne ouvre de grands yeux. Moi, je souris, ravie.

— Vraiment ? Dans ce cas, on ne va pas refuser. Montrez-nous le chemin.

Nous suivons l’homme à travers un couloir discret jusqu’à un espace privé, plus luxueux encore. Canapés en cuir, lumières dorées, bouteilles alignées comme des trophées.

On s’installe.

— Tu crois que c’est les deux mecs de tout à l’heure ?

— Aucune idée, mais je l’espère.

Le serveur revient avec une bouteille hors de prix. Les filles en bas nous regardent avec dégoût. Jalousie. Tension. Qu’elles aillent se faire voir. Si leurs mecs s’intéressent à nous, c’est que nous avons quelque chose qu’elles n’ont plus.

Après une heure, les deux hommes apparaissent enfin. Ils avancent d’un pas assuré. Ils ignorent complètement les femmes qui les accompagnaient. Elles, plantées en bas, comme si elles n’avaient jamais existé.

Ils s’installent en face de nous.

L’un d’eux tend la main. Une main large, chaude, solide.

— Bonsoir, mes déesses. Moi c’est John. Voici mon ami Auracio. Et vous êtes ?

Sa voix… rauque, grave, sensuelle. Une voix d’homme qui commande. Je serre sa main. Ses doigts effleurent les miens. Un frisson. Son regard me déshabille. Et je sais, à cet instant, que je suis foutue.

L'ATTRACTION FATALE DU MAFIEUX Des histoires addictives. Découvrez maintenant