Chapitre 11 - Apprendre de tes erreurs

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Auracio

On se retourne tous en même temps en entendant des pas précipités. À l’entrée de la cuisine, Marco et Marianne nous fixent, figés comme s’ils venaient de surprendre un meurtre.

— Auracio… tu ne devrais pas être ailleurs, plutôt qu’ici ? demande Marco d’un ton incertain.

— Cette... écervelée nous a interrompus, je rétorque froidement.

Je sens mon agacement monter. Ils me dérangent alors que je règle un problème bien plus urgent que leur fichu planning. Mais Marco éclate de rire, ce qui m’arrache un regard noir.

— Ce n’est pas drôle, bordel ! je crache.

— Où tu l’emmènes comme ça ? demande-t-il, plus curieux qu’inquiet.

Je serre la mâchoire, enserrant un peu plus fermement le poignet d’Ariane.

— Au sous-sol. Elle va apprendre à me respecter.

Elle tente de se dégager, mais je la traîne comme un sac de linge sale. Derrière, Marianne tente une intervention :

— Arrête, on a du travail qui nous attend. S’il te plaît, ne rentre pas dans son jeu…

Je la fusille du regard.

— C’est parce qu’elle s’est réveillée dans un lit qu’elle se prend pour une princesse. Qu’elle redescende. Attends-moi au bureau, j’arrive.

Et sans lui accorder un regard de plus, je soulève Ariane comme un vulgaire sac de farine. Elle se débat comme un chat enragé, gigote, donne des coups, mais ça ne change rien. Je la tiens fermement. En passant dans les escaliers, je donne une claque sonore sur ses fesses.

— Il faut admettre que tu as un beau petit cul. Je me ferai un plaisir de le rougir plus tard. Il est bien moelleux.

— Espèce de pervers ! crache-t-elle. Tu n’obtiendras jamais rien de moi. Je préfère encore me donner à n’importe qui d’autre que toi.

Je m’arrête net. Mes doigts se crispent. Lentement, je la dépose à terre, et la plaque brutalement contre le mur.

Ariane

Ses doigts m’empoignent à la gorge, pas assez pour m’étrangler, mais assez pour m’effrayer. Ses lèvres sont si proches que je peux sentir son souffle brûlant sur ma peau. Ses yeux… ses yeux ne sont plus humains. Ils sont aussi sombres que la nuit, remplis d’une fureur froide et incontrôlée.

— Tu ne te donneras à personne d’autre que moi. J’espère être clair, murmure-t-il, d’une voix grave, rugueuse, presque bestiale. Tu m’appartiens corps et âme, Ariane. Si je te vois à moins d’un mètre d’un de mes hommes, je le tue. Et toi… toi, je te jure que tu ne verras plus jamais la lumière du jour.

Puis il m’embrasse. Brutalement. Sauvagement. Ce n’est pas un baiser, c’est une déclaration de guerre. Je reste figée. Trop choquée. Trop sidérée pour réagir. Ce n’est pas la rage seule que je ressens dans ses gestes, mais une forme de possessivité viscérale. Une jalousie maladive.

Quand il se détache, ses yeux brillent encore de colère. Il m’agrippe à nouveau et me traîne jusqu’au sous-sol. Nous arrivons devant une grille rouillée, qu’il ouvre sans peine. Il me jette à même le sol, sans douceur. L’air est humide, fétide. L’odeur de moisissure me donne la nausée. Les murs suintent l’humidité. Le sol est crasseux.

— Tu ne peux pas me laisser ici ! je supplie, en m’accrochant à sa jambe. C’est répugnant ! Je promets de bien me tenir !

— Trop tard. Reste ici. Réfléchis à ton comportement. Si tu es sage, je viendrai te chercher dans deux jours.

— Deux jours ? Tu plaisantes ? Je refuse de rester ici deux jours !

— Sans mon autorisation, personne ne te touchera. Personne n’osera même s’approcher. Tu n’as pas encore compris ? Je suis la loi ici. Je décide de tout. Tu veux de la liberté ? Gagne-la. Montre-moi du respect. Sinon tu pourriras ici.

Je serre les dents, les poings tremblants.

— T'es malade ! Tu crois qu’en m’humiliant, tu vas gagner quoi que ce soit ? Tu rêves ! Tu peux m’enfermer, mais tu ne m’auras jamais.

— N’en fais pas, j’ai tout mon temps. Pendant ces deux jours, pain sec et eau. Réfléchis bien, princesse.

Il referme la grille derrière lui. Le claquement métallique résonne comme un coup de feu dans la pièce. Le noir m’enveloppe. Le silence est oppressant. Je sens des mouvements. Des petites pattes qui courent. Des rats. Des cafards.

Je déglutis, me pelotonne contre un mur. Mon cœur bat vite, mais je me force à ne pas céder à la panique.

Ariane (pensées)

Quel merdier. Pourquoi j’ai encore ouvert ma grande bouche ? Ariane, idiote, tu peux pas juste te taire une fois ? Juste une ?

Il croit qu’il va me briser ? Me soumettre ? C’est mal me connaître. Le respect ne se force pas. Il se mérite. Et ce... roi autoproclamé d’Italie n’a encore rien prouvé. Il me menace, il m’humilie, et il ose parler de respect ?

Respecte-toi déjà, abruti.

Mais j’ai froid. Faim. Et peur. Je dois sortir d’ici.

Peut-être… peut-être si je simule un malaise. Oui. Tant qu’il ne m’a pas encore prise, j’ai une valeur à ses yeux. S’il pense que je suis en danger… il viendra. Il viendra forcément. Et là, je saurai comment retourner la situation. Il ne perd rien pour attendre.

Auracio

Je remonte les escaliers, le cœur plus léger que je ne voudrais l’admettre. Un sourire mauvais étire mes lèvres. Auracio : 1. Ariane : 0.

Pourquoi je suis si content ? Je ne l’ai même pas eue. Elle m’a insulté, défié, humilié. Et pourtant… je jubile.

Je m’installe dans mon fauteuil, rejoignant mes hommes dans le grand salon.

— C’est quoi cette histoire de femme que tu as kidnappée ? lance Fernando en allumant un cigare. C’est pas ton genre, Auracio.

Philippe me scrute du regard, attendant lui aussi une explication.

— Ce ne sont pas vos affaires, je rétorque. C’est une petite insolente. Je vais la dresser. Elle va apprendre ce que c’est que de me manquer de respect.

Philippe ricane.

— Je croyais que tu voulais juste la baiser. Quel rapport avec le respect ?

— Elle ne veut pas. Et elle m’a giflé. Moi. Auracio. La Mort. Vous imaginez ? Cette gosse vient me défier comme si j’étais un vulgaire inconnu.

Fernando éclate de rire.

— T’es juste vexé, mon frère. Elle ne tombe pas à tes pieds comme les autres. C’est pour ça que tu fais tout ça.

— C’est plus que ça, je murmure. Elle a quelque chose… elle est différente. Et c’est justement pour ça que je ne la laisserai pas s’échapper.

— Alors quoi, tu vas la garder jusqu’à ce qu’elle cède ?

Je souris. Froidement.

— Elle cédera. Tôt ou tard. Et quand ce jour viendra, elle saura exactement qui est Auracio.

L'ATTRACTION FATALE DU MAFIEUX Des histoires addictives. Découvrez maintenant