Chapitre 32 : Je m'aime et je l'assume

7.4K 194 1
                                        


Ariane

- Salut à tous, comme il l'a si bien dit, je suis la maîtresse de maison, mais tout ce qui touche à l'organisation ou à la déco, voyez ça avec ma sœur ici présente. Moi, je suis occupée à... faire autre chose, disons.

Je jette un clin d'œil à Auracio, qui, bien sûr, esquisse ce sourire en coin que je connais trop bien. Le genre de sourire qui dit "je vais te faire payer cette provocation ce soir". Parfait. J'adore ce petit jeu.

- Viens ici, Irina, dit-il. Ariane, je te présente ma gouvernante. Elle travaille avec moi depuis des années, j'espère que vous allez bien vous entendre.

Je tends la main avec un sourire.

- Bonjour Irina, enchantée de faire votre connaissance.

- Merci beaucoup, Ariane, ce sera un plaisir de travailler avec toi.

- Moi de même, mais s'il te plaît, pas de "madame" entre nous. J'ai l'âge de ta fille, tu peux m'appeler Ariane. Mais pour les autres... c'est madame, bien sûr.

Elle rit doucement. C'est une femme élégante, discrète, avec un regard intelligent. J'aime les gens efficaces, ceux qui n'ont pas besoin de trop parler pour montrer ce qu'ils valent. Elle me plaît déjà.

- Maintenant, ma chérie, dit Auracio en me prenant par la taille, nous pouvons repartir à nos occupations.

- Et quelles étaient ces fameuses "occupations" ? je murmure, un sourire provocateur aux lèvres.

Il se colle à moi sans vergogne, ses mains effleurant mon ventre, ses lèvres venant se loger dans le creux de mon cou. Un frisson me parcourt quand je sens sa bouche laisser un suçon brûlant sur ma peau.

Oui, j'aime quand il me marque. J'aime cette sensation de possession assumée, sans pudeur, sans hypocrisie. Nous sommes deux êtres intenses, passionnés, faits pour se consumer ensemble.

Après cette douce distraction, nous allons nous laver, en prenant tout notre temps, puis nous nous habillons pour sortir. Ce soir, c'est dîner au restaurant. Jour de sortie. Jour de regard. Jour de gloire.

J'enfile l'une des nouvelles robes qu'Auracio m'a offertes. Elle est à couper le souffle. Noire, moulante, avec un décolleté plongeant qui met en valeur ma poitrine généreuse et souligne mes hanches. Une traînée rouge cerise parcourt les bordures comme une flamme, et je porte des escarpins rouges parfaitement assortis.

Je me regarde dans le miroir. Sublime. Féline. Intouchable.

Auracio, lui, a opté pour une chemise sobre mais terriblement élégante. Ce n'est pas ce qu'il porte qui le rend irrésistible, c'est la manière dont il le porte. Il a cette aura de pouvoir brut, ce charisme silencieux qui force l'admiration.

Nos regards se croisent dans le miroir. On se dévore déjà du regard.

- Tu es magnifique, souffle-t-il.

- Merci, toi non plus, tu n'es pas à plaindre...

On descend. L'ascenseur s'ouvre sur le hall, où les autres nous attendent. Et là, je la vois.

- Marianne ! Ce que tu es magnifique ! Cet ensemble te va à ravir, je suis fan !

- Merci beaucoup, ma chérie. Et toi... tu es belle comme d'habitude.

Je lève un sourcil.

- Merde, tu veux dire que je n'ai même pas fait d'effort, je suis juste... comme d'habitude ?

- Non ! s'exclame-t-elle en riant. Je me suis mal exprimée. Tu es plus belle que d'habitude. Malgré ta beauté naturelle, ce soir tu es juste... époustouflante !

- Je préfère ça.

Elle est debout à côté de Marco. Elle a l'air nerveuse, les mains jointes devant elle, et elle évite de le regarder trop longtemps. Intéressant...

Je m'approche d'eux, et me penche à l'oreille de Marco pour que personne d'autre n'entende.

- Je t'ai à l'œil. Si jamais tu fais souffrir ma sœur, je vais te kouik...

Je mime un petit geste de la main, bien précis, bien clair : adieu les bijoux de famille. Il blêmit légèrement.

- Je n'oserais pas faire souffrir ta sœur. Je sais de quoi tu es capable.

- Mauvaise réponse. Tu ne dois pas t'abstenir parce que tu as peur de moi. Tu ne dois pas lui faire de mal parce que tu tiens à elle. Tu vois la différence ?

Il hoche la tête lentement, les yeux soudain très sérieux.

Nous montons tous dans la limousine. Elle est longue, luxueuse, silencieuse. Le cuir sent bon, les vitres teintées nous isolent du monde extérieur. Je me blottis contre Auracio, tandis que Marianne est assise juste à côté de moi. Marco est en face, près de mon homme.

Je les observe discrètement. Ces deux-là se lancent des regards... J'espère juste que Marco est sincère. Ma sœur est trop douce, trop entière. Elle ouvre son cœur comme on ouvre une porte grande ouverte, sans verrou, sans surveillance. Et les hommes comme lui... parfois, ils entrent avec des bottes pleines de boue.

Moi ? Mon cœur est dans un coffre-fort. Code secret. Triple serrure. Mur blindé. Je n'ai pas envie de pleurer comme notre mère. Je n'ai pas envie de suffoquer d'amour trahi, de me recroqueviller dans un coin à cause d'un mec qui n'en valait même pas la peine.

J'ai horreur des hommes infidèles, des arrogants qui pensent qu'on leur doit tout, des fiers de leurs trahisons. Ceux qui vont tremper leur queue dans tous les trous qu'ils trouvent comme des chiens en chaleur. Beurk. Pathétiques.

Le portail du domaine s'ouvre enfin. Haut, majestueux, de fer noir sculpté. Il y a des gardes partout.

- Je ne savais pas qu'il y avait autant de gardes, dis-je en regardant Auracio. Tu sais que tu dois me faire visiter tout ça un jour ? Je ne connais même pas la moitié de là où je vis.

- Tu as raison, mon amour. Dès qu'on revient de voyage, je t'emmène faire le tour complet du domaine. Même les endroits secrets.

Le restaurant où on arrive est digne d'un conte de fées moderne. Verrière immense, musique de fond douce, lumière dorée. Les gens se retournent à notre passage. Les femmes dévorent nos hommes des yeux comme s'ils étaient des desserts. Les hommes eux... ils sont à mes pieds. Littéralement.

Je sens leurs regards sur mes courbes, sur mes jambes, sur ma démarche. Je suis leur obsession d'un soir.

Et j'adore ça.

Je ne vais pas faire semblant. Je ne suis pas hypocrite. Oui, je m'aime. Et je l'assume. Qui d'autre va m'aimer plus que moi ? Personne. Qui va me défendre plus que moi ? Qui va se battre pour moi ? Personne. Si je ne me mets pas en valeur, personne ne le fera à ma place.

Alors oui, je suis égocentrique. Oui, je suis précieuse. Oui, je suis moi. Et les autres ? Ils viendront après.

J'ai horreur des hypocrites, de ceux qui jouent la modestie quand ils crèvent d'envie d'être admirés. J'ai horreur des faux culs, de ceux qui critiquent mais copient en cachette. Je suis entière, vraie, directe.

Je m'aime. Et si toi, tu ne t'aimes pas... eh bien, c'est ton problème.

La charité bien ordonnée commence par soi-même. Vous croyez que ce dicton est né d'un hasard ? Non, il est né d'une vérité : aime-toi, ou personne ne le fera à ta place.

Et moi, je m'aime. Et je l'assume.

L'ATTRACTION FATALE DU MAFIEUX Des histoires addictives. Découvrez maintenant