Chapitre 9 : Que vais-je devenir ?

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Ariane

Je prends une douche rapide. L’eau chaude ruisselle sur ma peau, emportant avec elle les dernières traces de la soirée, mais pas le chaos dans ma tête. La cabine est étonnamment grande pour une salle de bain d’avion. Luxueuse même. Comme si je m’étais glissée dans un monde parallèle, un monde doré, cruel, où les apparences cachent la cage.

Je m’essuie lentement, mécaniquement, sans m’attarder. Mon esprit est embrumé. Je n’arrive pas encore à réaliser ce qui s’est passé. Hier, j’étais libre. Insolente, peut-être. Audacieuse, sûrement. Aujourd’hui, je suis une prisonnière. Enlevée. Séquestrée comme une criminelle. Tout ça… pour un mot de trop. Une provocation. Une fierté que je refusais de plier.

Je me regarde dans le miroir. Mes yeux sont cernés, mon regard troublé, mais toujours flamboyant. J’ai peur. Je le sens dans mon ventre. Un nœud. Un vide. Et pourtant, je reste droite. C’est peut-être ça, ma malédiction : ne jamais savoir me taire, même face au danger.

Je m’assois sur le bord du lit, les épaules tombantes, quand la porte s’ouvre. Elle entre. Ma sœur. Elle a le visage fermé, les traits tirés, les yeux rouges. Comme si on venait d’enterrer nos espoirs.

— Je te demande pardon, ma chérie… Je souffle, la gorge serrée. Pour une fois, j’aurais dû me taire. Me faire petite. Disparaître dans la foule. Mais non… Il a suffi d’un mot, d’un regard, et j’ai explosé. Qu’est-ce qui va nous arriver maintenant ? Qui est cet homme pour pouvoir me kidnapper à Las Vegas, devant tout le monde, sans que personne n’ose broncher ? Je suis foutue… on est foutues.

— Je ne te le fais pas dire… murmure-t-elle.

Puis elle se penche vers moi et chuchote comme si le silence était devenu notre seul allié.

— C’est un mafieux… Le patron. Le grand chef. Le numéro un de toute la mafia italienne.

Je blêmis. Un frisson glacial me traverse l’échine.

— Tu plaisantes, hein ? C’est pour me faire peur ? Dis-moi que c’est pour me secouer…

— Tu crois que je pourrais plaisanter maintenant ? Tu l’as bien regardé, Ariane ? Cet homme ne joue pas. Il est le genre de type qu’on ne provoque pas… surtout pas devant témoins.

Je baisse les yeux. Elle a raison. Elle a toujours eu raison. Sauf que…

— Il m’a insultée ! Il m’a traitée de pute, de moins que rien ! Tu voulais que je me taise ? Que je le remercie ? Que je baisse les yeux comme une bonne petite soumise ? Je cherche un homme riche, oui. Mais pas pour me vendre. Je veux être respectée. Courtisée. Admirée. Aimée. Pas piétinée. Pas humiliée. Il croit quoi ? Que je vais me coucher parce qu’il a des costards sur mesure et une mâchoire carrée ? Ce rustre du Moyen Âge a trouvé plus têtue que lui. Personne ne me rabaisse, jamais.

Elle me regarde, les bras croisés, et lâche dans un souffle :

— Voilà où ça nous a menées… Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Non… Qu’est-ce que tu fais maintenant, pour nous sortir de ce merdier où tu nous as fourrées ?

Je lève les yeux vers elle. Je vois sa colère, sa peur, sa déception. Et ça me déchire.

— Tu n’étais pas obligée de me suivre… Tu aurais pu rester là-bas. Alerter les autorités. Peut-être qu’ils m’auraient retrouvée. Maintenant, on est deux à être piégées. Qui va sauver l’autre ?

Je fais les cent pas. Mon esprit tourne à mille à l’heure, mais aucune issue ne se dessine. Je finis par m’écrouler à ses côtés, la tête entre les mains.

— Je vais trouver une solution, d’accord ? Ça va aller. On va dormir un peu, reprendre des forces. Avec les idées claires, tout paraît plus simple. Tu verras, on trouvera un plan.

Elle pose une main sur mon genou, pleine de tendresse.

— Je suis désolée, Ariane. J’ai pas réussi à l’empêcher de t’emmener. Je suis ta grande sœur. Mon rôle, c’est de te protéger… même de toi-même. Pardon, petite sœur.

Je relève la tête, les larmes me piquent les yeux.

— Tu n’as rien à te faire pardonner. Tout est de ma faute. J’ai provoqué cet abruti. Et tu sais quoi ? Je ne regrette rien. Il l’a cherché. Il m’a trouvée.

Elle sourit tristement.

— Qu’est-ce que je vais faire de toi, hein ? Tu sais que je ne pouvais pas rester sans toi. Tu me connais… Je ne suis pas moi sans toi. Tu me complètes. Ta folie, ta lumière, ton sale caractère… je les aime tous. Je t’aime, petite sœur. Ne change jamais.

— Sauf pour trouver une solution pour qu’on s’échappe, hein ?

Elle rit.

— Exactement.

Elle me serre dans ses bras. Sa chaleur m’apaise. Un instant.

— Tu te souviens du jour où tu as frappé James dans ses bijoux de famille parce qu’il était venu à notre rendez-vous sans fleurs ?

Je souris malgré moi.

— Il l’avait bien mérité.

— Depuis ce jour, j’ai compris que peu importe l’endroit ou la personne, tu me défendras toujours. Et moi, je ferai de même. Même quand t’as tort.

— J’ai jamais tort !

— Tu vois ? Même là, tu me fais rire. Je t’aime pour ça. T’étais ma sœur dans une autre vie.

— Et toi la mienne. Allez, dors un peu. Demain, on reprend la guerre.

Elle s’endort. Moi, je reste éveillée.

Je regarde le plafond. Et je pense.

Ce type ne sait pas sur quel os il est tombé. Je vais lui rester en travers de la gorge. Je vais le rendre fou. Je vais le pousser à bout. Il veut m’enfermer ? Il verra ce que c’est que de garder une lionne en cage.

Un mafieux… putain. Le chef des mafieux. C’est comme si c’était gravé sur mon front : aimante des emmerdes certifiée. C’est officiel, je suis la reine de la poisse. Mais vous savez quoi ? Ce n’est pas la fin du monde.

Je m’en sortirai. Je m’en sors toujours. Et je m’en sortirai ici aussi.

Je suis une Warrior. Une battante. Une gagnante. Une putain de survivante.

Et j’ai déjà un plan.

Plan A : séduire son bras droit. Le rendre fou de moi, pour qu’il me libère. Je suis belle, je suis maligne, et je sais y faire.
Plan B… hmm… L’empoisonner ? Trouver du poison. Ou fabriquer quelque chose.
Plan C : déclencher une émeute. Provoquer une mutinerie. Créer le chaos.
Plan D : le rendre fou. Le dégoûter. Le provoquer jusqu’à ce qu’il implore lui-même pour que je parte.

Je vais hurler plus fort que lui. Cracher plus venimeux que son regard. Me relever à chaque chute, et rire. Toujours rire.

Il ne me mérite pas. Je suis trop belle, trop vive, trop moi pour lui.

Abruti va.

Tu crois m’avoir capturée ?
Tu viens juste d’allumer une tempête.

L'ATTRACTION FATALE DU MAFIEUX Des histoires addictives. Découvrez maintenant