Je laisse ma tête basculer vers l'arrière à mesure que les embruns viennent chatouiller mon visage. Cette odeur de sel, ce bruit de vagues qui s'échouent les unes contre les autres, cette sensation que provoque le sable autour de mes doigts lorsque je creuse de petits trous à l'intérieur et le soleil qui réchauffe ma peau fatiguée. Je me sens comme en vacances, loin des soucis.
«- Je me souviens quand tu m'écrivais et que tu parlais de ta maison, tu disais que tu n'étais pas loin de l'Océan, mais jamais je ne l'aurais imaginé aussi proche, presque en bas de chez toi.
-Oh c'est parce que j'ai déménagé depuis, avant j'habitais à Palmerston, c'était un peu plus reculé de l'Océan que Wellington –Il laisse échapper un petit rire-
-Quoi ?
-Tu te souviens des lettres que je t'envoyais quand on était petits ?
-Bien-sûr ! Etant originaire d'une ville bien loin de la mer ou de tout autre paysage naturel, tes descriptions me faisaient rêver ! Je crois d'ailleurs que c'est pour ça que je t'ai gardé comme correspondant.
-Parce que je te faisais rêver ? –Il sourit en coin-
-Non parce que tu semblais différent de moi et je me disais que peut-être tu avais des choses à m'apprendre.
-Et donc verdict, t'ai-je appris des choses ?
-Beaucoup –Je souris à mon tour avant de redresser la tête pour fixer les vagues- Comme par exemple être plus sensible aux choses qui m'entourent.
-Le conseil ridicule et naïf d'un gosse de neuf ans –Il soupire- Cependant, je pense qu'ici tu auras plus de choses auxquelles être sensible, sans vouloir dénigrer Paris.
-Je suis du même avis –J'hoche la tête- En tout cas il n'y a rien de mieux que de vivre juste à côté de l'Océan. Dès que tu as envie de sortir, tu vas te baigner ou juste marcher dans le sable.
-Mh sûrement –Il hausse les épaules-
-Attends, ne me dis pas que tu ne viens jamais ici ?
-Tout juste Sia –Il ricane tandis que je grogne- Je passe beaucoup de temps à étudier et me promener tout seul dans le sable n'est pas réellement ce qui m'enchante le plus tu sais.
-C'est ça que tu entendais quand tu m'as dit que tu avais besoin de compagnie ?
-En partie oui. Au moins maintenant j'aurais une raison d'aller plus loin que la supérette. »
J'acquiesce et pose à nouveau ma tête contre mon gilet, observant le ciel changer de couleur au-dessus de nous. Il fait chaud mais pourtant en une seconde un sentiment me tenaille. C'est rapide, comme un éclair. Je vois juste passer dans ma tête des iris bruns et froids, puis je frissonne, resserrant mes mains autour de mes bras. Je ne suis pas du genre à chercher les ennuis ni à répondre lorsque je sens un conflit monter, mais avec un peu de recul je me dis que j'aurais dû répondre à ce Ashton. Si il a cru m'intimider, il a tort. Il n'est que vendeur dans ce magasin je présume, alors son avis n'a que peu d'importance.
Cependant je n'ai rien dit et je crois que je ne dirais rien devant lui. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il a l'air drôlement étrange. Ses yeux étaient si glacials, rien de bon n'émanait de lui et je pense que j'aurais préféré qu'il soit aussi muet que Calum l'imaginait. Je déglutis et observe finalement le brun qui s'est redressé, un petit calepin à la main.
«- C'est quoi ? –Je demande- Tu dessines la vue ?
-Décidément nous sommes bien différents Sia –Il sourit en coin avant de me tendre son calepin- Ce n'est pas pour dessiner mais un bloc note sur lequel j'ai commencé non pas un poème mais une liste de course, j'aimerais simplement que tu ajoutes les choses que tu aimes.
VOUS LISEZ
A virus called Phantom
FanfictionÀ l'origine de la Création de la Terre, il y avait l'Eau, l'Air, la Terre, le Feu et le Phoenix.... Que voilà de belles histoires à raconter aux touristes de passage à Wellington, cependant ça ne m'intéresse pas. Je ne suis plus une enfant et ne cro...
