chapitre 36

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Lino

Je me réveillai avec un goût métallique dans la bouche, le corps engourdi et les muscles douloureux. Chaque respiration me rappelait la balle, le sang, la douleur... et elle. Oriana.

Elle était la raison pour laquelle je respirais encore. Et paradoxalement, celle pour laquelle j'aurais pu mourir. Je serrai les poings. La colère et la confusion se mêlaient à l'adrénaline qui ne m'avait jamais quitté, même dans les pires combats.

Mon esprit analysa immédiatement la situation. Je n'étais pas un homme brisé, pas même blessé gravement. Mes hommes avaient sécurisé l'hôpital. Chaque point de sortie, chaque angle mort, chaque risque avait été anticipé. Rien n'avait été laissé au hasard. J'étais Lino — chef de la mafia italienne, stratège implacable, homme que la peur n'avait jamais fait trembler.

Et pourtant... Oriana avait appuyé sur la détente. Elle m'avait tiré dessus. Et je l'avais laissée faire. Pas par faiblesse, mais par choix. Parce qu'au fond, je savais que ce geste venait de sa peur, de sa confusion, de ses sentiments pour moi.

Elle ne sait pas encore que je comprends.

Je me redressai sur le lit. Chaque mouvement était calculé. Je pouvais sentir les cicatrices sur mon corps, les vieux souvenirs de guerre, les marques de fusillades passées. Elles me rappelaient que j'étais encore vivant, que j'avais survécu à tout. Même à Oriana. Même à sa panique, même à son arme.

Je regardai mes mains, les poings serrés. Elles avaient tué, protégé, ordonné, détruit. Et pourtant, elles étaient restées intactes aujourd'hui, prêtes à se battre à nouveau... pour elle.

Je me levai lentement. Mon corps était encore faible, mais mon esprit était vif. La mafia ne dort jamais. Les ennemis ne ferment jamais les yeux. Et moi... je ne renonce jamais. Pas à Oriana. Pas maintenant. Pas jamais.

Je fis signe à mes hommes. Les fidèles, ceux qui connaissaient chaque plan, chaque mot, chaque menace.

— Elle est vivante. Mais elle se cache. Elle fuit. Je la retrouverai. Et quand je la retrouverai... personne et rien ne m'arrêtera.

Leurs regards étaient pleins de respect et de crainte. Parce que je n'étais pas seulement un homme amoureux. J'étais Lino. Chef, stratège, force incarnée. Celui qui ne cède jamais.

Je sortis de l'hôpital avec eux. La nuit était froide. Le vent me fouettait le visage, mais je ne ressentais pas le froid. Je ressentais la détermination. Le feu qui ne s'éteint jamais. Le besoin irrationnel de protéger celle qui m'avait blessé par peur et amour à la fois.

Chaque pas que je faisais sur le gravier, chaque bruit dans l'obscurité, chaque lumière lointaine, tout m'amenait vers elle. J'avais appris à lire le monde de la mafia comme un livre ouvert. Les rues, les voitures, les mouvements des hommes, les habitudes. Rien ne m'échappait. Et je savais que je pouvais l'atteindre avant qu'elle ne disparaisse complètement.

Elle croit m'avoir brisé.
Elle se trompe.

Je n'étais pas brisé. Pas même par elle. Parce que l'amour que j'avais pour elle n'était pas une faiblesse. C'était ma force. Plus que mes hommes. Plus que mes armes. Plus que mes ennemis.

Je serrai les poings. Une promesse silencieuse passa dans mon esprit :
Je la ramènerai. Peu importe ce qu'elle pense, peu importe la peur qu'elle a encore. Je la ramènerai. Et elle comprendra que ce lien... que ce que nous sommes... ne peut pas être brisé.

Je pris une profonde inspiration, sentant l'air froid remplir mes poumons. Chaque muscle de mon corps se tendit, prêt à l'action. Je n'étais pas seulement un survivant. J'étais Lino. Chef de la mafia italienne. Puissant. Implacable. Incapable d'abandonner ce qu'il aimait.

Cartello Où les histoires vivent. Découvrez maintenant