Lundi, Treize heures et trois minutes.
La grande récréation vient de prendre fin. Nous retournons tranquillement dans la salle de classe. Si j'en crois mon horaire, nous avons cours de Chimie à présent. Maintenant que j'ai le ventre bien rempli, j'ai envie de faire une petite somme. Je crois que je commence vraiment à regretter les vacances. Treize heures, c'est le moment où j'ai l'habitude de m'installer confortablement sous la galerie muni de la radio de mon père... Oui, c'est certain que je vais détester cette première semaine de classe !
Quelqu'un me bouscule vivement. Je trébuche et part me cogner le front vers la porte de la salle de Terminale A. Je me retourne vivement. Il s'agit de Victor.
« Apprends à ne pas me barrer le chemin vieille chose ! »
Les autres sont tous en train de rire la scène. Victor est le mec le plus brute que je connais. Il me martyrise depuis déjà quatre ans. Originaire de Saint-Marc, ce mec est un pro du football. Je crois aussi qu'il obtient de bonnes moyennes en classe. Mais je le déteste, tout comme lui me hait pour je ne sais quelles raisons.
Je me redresse tranquillement. J'ai envie de me jeter sur lui. Mais je sais que ça ne me conduirait à rien. Je me ferais surement tabasser par cette force de la nature puis me ferais coller un renvoi dès le premier jour de classe. Je reste calme et rentre dans la salle de classe devant le regard amusé des spectateurs.
J'ai honte de moi
Je réalise subitement que je suis plus que seul dans cette salle de classe. Je n'ai pas d'amis, je n'ai personne sur qui je puisse compter. Les dix mois que je vais passer ici ne vont pas être des plus funs. Peut-être vais-je devoir me mettre en retrait encore plus et éviter de m'afficher le plus que possible, sous peine de me faire violenter par des brutes comme Victor. Je ne participerai à aucunes de leurs activités, je rentrerais chez moi immédiatement après les cours. Je serai comme une fourmi, petit, invisible...
Le professeur rentre dans la salle de classe. Les élèves se mettent à rire au même instant. Je relève la tête rapidement pour voir de quoi il s'agit. Le professeur porte une chemise à fleur assez ringarde je l'avoue. Le professeur, un homme dans la quarantaine je suppose, s'arrête au fond de la salle, puis déclare à haute voix :
« Vous allez passer une très mauvaise année avec moi si vous continuez à afficher ces genres de comportement. Je vous préviens, je ne suis pas une blague !
Et je repense au Professeur Latouche, celui que Ducobu s'amusait à torturer psychologiquement. J'ai déjà de la peine pour lui...
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Sanon III
Teen FictionSa question m'invite à me questionner. Suis-je malade ? Je suis anxieuse, Je m'énerve pour un rien, rien ne m'intéresse, et je n'ai plus l'envie de sourire. Mon cœur palpite. Mes mains tremblent tout en répondant au message de mon ami : « Ça t'e...
